Agra Fil du 23 septembre 2026

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UE-Philippines : compromis entre Bruxelles et Manille en vue d’un accord de libre-échange

Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a annoncé, le 22 septembre, la conclusion d'un accord de principe entre l’UE et les Philippines. Peu de détails ont pour l'heure filtré sur le contenu mais Bruxelles se félicite d’avoir obtenu la libéralisation de lignes tarifaires pour des « exportations agroalimentaires clés » comme la viande porcine, la volaille, les produits laitiers et les spiritueux. Le vin et l’huile d’olive européens devraient également bénéficier de l’accord. A contrario, des secteurs sensibles pour l’UE, tels que le riz, la viande bovine, le sucre, l’éthanol, l’ail et les bananes, devraient être exclus des concessions. Le compromis inclut également la protection d’une liste de 200 indications géographiques de l'UE présentant « un intérêt commercial significatif ». Les négociateurs devront finaliser « dans les prochains mois » les discussions techniques concernant les modalités de mise en œuvre et les derniers détails. Une fois le texte bouclé, il suivra le processus classique de conclusion des accords commerciaux. Les pourparlers entre l’UE et les Philippines ont repris depuis fin 2024 après une longue pause de sept ans en raison des inquiétudes vis-à-vis de la politique menée par le président philippin d’alors, Rodrigo Duterte. Cet accord s'inscrit dans la stratégie de l'UE visant à étendre son influence dans la région indopacifique.

Prix des carburants: Macron demande à Bruxelles des assouplissements pour le biodiesel

Alors que le gouvernement présentait le 22 septembre une série de mesures pour aider les Français les plus touchés à faire face à la flambée des prix des carburants, le président Emmanuel Macron a demandé à la Commission européenne plusieurs assouplissements de la législation européenne, notamment concernant les biocarburants. Dans un courrier adressé le 18 septembre à Ursula von der Leyen, il suggère un « assouplissement des limites d’incorporation de biocarburants », en particulier dans le diesel afin de gagner quelques points de pourcentage de carburant non fossile par litre. Cela permettrait, selon lui, de dégager « des marges supplémentaires pour l’approvisionnement ». Alors que la directive sur les énergies renouvelable limite à 7% la part de biocarburants issus de culture alimentaires (1re génération) dans les carburants, son idée serait de faire passer ce plafond à 10 %. Emmanuel Macron plaide également pour un report d’un an de la loi sur les émissions de méthane afin, là encore, de « renforcer » les capacités d’importation et de production à court terme de carburants et de gaz. A Bruxelles, la Commission européenne a assuré « examiner très attentivement les propositions formulées par le président Macron », sans s’avancer sur les réponses qu’elle entend y donner.

Biocarburants: le sénat argentin adopte une hausse de l'incorporation et une dérégulation

Le Sénat argentin a voté, le 17 septembre, une hausse des taux d'incorporation des biocarburants dans les stations services et une dérégulation du secteur. Le texte, qui devrait être ensuite adopté sans grand suspense par l'Assemblée, fait passer le taux d’incorporation du bioéthanol de maïs dans l’essence de 12% à 15%, et biodiesel mélangé au gazole de 7,5% à 12%. Ces nouveaux taux seront instaurés dans l'année qui suivra la promulgation du texte. Au-delà de ces taux obligatoires, le texte dérégule le fonctionne du marché des biocarburants. D'ici 2036, le marché intérieur argentin du biodiesel ne serait plus réservé aux fabricants ayant une capacité inférieure à 50 000 t par an. Ensuite, les formules de prix des biocarburants jusqu'ici établies par le gouvernement seraient éliminées pour laisser agir l'offre et la demande. Les raffineries auraient également la liberté de porter les taux de mélange au-delà des seuils obligatoires, et le consommateur final celle de faire le choix entre l'essence et l'éthanol agricole à la pompe, comme au Brésil. Enfin, les fabricants de biocarburants seraient agréées à opérer sur les marchés Spot et à terme en concurrence directe avec les produits financiers liés aux hydrocarbures. (Marc-Henry André)

GNR : la CR réclame un prix plafond à 1 €/l, accise comprise, et manifeste à Rodez

Lors d’une conférence de presse à Paris le 22 septembre, Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale (CR), a indiqué que la mesure la plus urgente était « l’instauration d’un plafonnement du GNR (gazole non routier) à 1 € » par litre, accise comprise. « C’est la première demande que nous transmettrons au Premier ministre lors de notre rencontre cet après-midi », a-t-il ajouté. Conscient du coût d'une telle mesure, Bertrand Venteau estime que de l’argent est trouvé pour d’autres secteurs d’activité. Le syndicat a rappelé ses propositions d’économies dans les dépenses publiques, via notamment la suppression de l'Agence bio, ou encore l’OFB (Office français de la biodiversité). La veille au soir, environ 200 agriculteurs se sont rassemblés à Rodez pour protester contre la hausse des prix des carburants, à l’appel de la Coordination rurale, a constaté un correspondant de l’AFP. Les manifestants ont notamment déversé des pneus devant le centre des finances publiques, devant lequel ils ont en outre déposé deux radars routiers arrachés sur les routes aveyronnaises. Dans une lettre ouverte à la ministre de l’Agriculture publiée sur sa page Facebook, M. Nespoulous estime que l’aide sur le GNR utilisé par les agriculteurs dans leurs machines «n’est arrivée que chez environ 10% des demandeurs». «Il faut s’activer auprès de la DGFiP (Direction générale des finances publiques, NDLR)», écrit-il encore. 

Installation : un décret « sans garanties » sur le pluralisme, dénonce une coalition

La coalition Installons des paysans* dénonce « l’absence de garanties » sur le pluralisme dans le décret, publié le 10 septembre, relatif à la mission des chambres d’agriculture concernant l’installation et la transmission. Elle demande au ministère de l’Agriculture de « sécuriser rapidement la mise en oeuvre du dispositif par des instructions techniques offrant des garanties concrètes en matière de neutralité, de pluralisme et d’équité », à propos notamment des obligations du Point d’accueil départemental unique, selon un communiqué le 22 septembre. Objectif : « Garantir que chaque porteur de projet puisse être informé de l’ensemble des structures agréées et choisir librement l’accompagnement correspondant à ses besoins et à son projet ». Le décret est sujet à interprétation, estime la coalition. Un risque d’autant plus grand que « la coopération entre les chambres et les autres réseaux actifs sur le renouvellement des générations n’est pas homogène selon les territoires ». Selon elle, « l'absence de garanties précises dans le décret fait peser un risque réel d’application inégale du principe de pluralisme ». *Civam, Fadear, Fnab, MirAmap, Sol, Reneta, Terre de liens, InPact

Agroalimentaire : Omie va rester positionné sur l'agriculture régénératrice et bio

Les deux marques Omie et Ozé vont être développées par Bienmanger.com, le site de e-commerce qui vient de les reprendre. C’est la volonté de Laurent Caplat, à la tête de Bienmanger.com, qui souhaite « préserver le positionnement bio et végétal d’Omie, ainsi que son engagement en faveur de l’agriculture régénératrice, et l’engagement d’Ozé de soutenir la filière des tomates de plein champ cultivées en Provence ». Laurent Caplat souhaite lancer de nouveaux produits afin de compléter le catalogue d’Omie qui compte vingt produits aujourd’hui, en mettant en place de nouvelles filières d’agriculture régénératrice. Il veux privilégier le positionnement exigeant d’Omie, quitte à devoir supporter des ruptures d’approvisionnement en cas de variations de volumes de récoltes inhérentes à la pratique de l’agriculture régénératrice. Selon Laurent Caplat, Omie a réalisé 500 000 euros de chiffre d’affaires en 2025, un montant qu’il souhaite stabiliser dans un premier temps, puis doubler d’ici deux à trois ans. Bienmanger.com, site de produits d’épicerie fine, a réalisé de son côté un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros en 2025 et dispose d’un catalogue de 15 000 produits. L’acquisition d’Omie et d’Ozé est une première pour Bienmanger.com qui n'avait jusqu’à maintenant qu’une activité d’achat revente.

Foncier : l’« ouverture » des Safer au menu d’une rencontre en octobre avec la CR

La Coordination rurale a obtenu un rendez-vous « en octobre » avec la FNSafer, selon le syndicat qui réclame « une représentation équitable » au sein de l’organe de régulation du foncier. Son président Bertrand Venteau compte voir satisfaite une vieille revendication sur le pouvoir de vote au conseil d’administration. Il indiquait, mi-septembre à Agra Presse, n’avoir « pas de retour du ministère de l’Agriculture et de la FNSafer ». Reçue le 1er juillet 2015 par le cabinet d’Annie Genevard, la CR avait demandé que « tous les syndicats représentatifs (puissent) disposer d’un poste d’administrateur à la FNSafer, et non plus seulement la FNSEA et les JA », selon un communiqué. Le président de la FNSafer Thierry Bussy avait, dès son élection il y a un an, promis « des Safer transparentes, ouvertes ». Dans une interview à Agra Presse, il indiquait : « La CR est présente dans les comités techniques, avec un pouvoir de vote. S’agissant du conseil d’administration, elle y est entrée mais sans voix délibérative. Je me suis engagé auprès de la CR à voir comment faire évoluer la situation. Les Safer ont toujours défendu une politique d’ouverture. Davantage au niveau des comités techniques, là où les arbitrages ont lieu. Ça peut évoluer dans ce sens à l’échelon national, en réponse à la demande de la CR. » 

Réserves d’eau : la CR appellera à nouveau à «creuser», «que ce soit légal ou pas»

La Coordination rurale (CR) va appeler les agriculteurs à «creuser» pour «faire des lacs», après un nouvel été de sècheresse, et prévenu qu’il y aurait «certainement» un hiver de manifestations, a-t-elle indiqué le 22 septembre lors de sa conférence de rentrée. «Que ce soit légal ou pas, il est possible qu’on passe l’automne et l’hiver à creuser des réserves collinaires» (NDLR: appelées aussi «réserves de substitution», ou encore «bassines» par leurs opposants), a déclaré Bertrand Venteau, président du 2e syndicat agricole, qui revendique 20.000 adhérents sur toute la France. «On va appeler tous les paysans français à creuser». Cet été, la CR avait déjà demandé aux exploitants de ne pas respecter les interdictions et restrictions d’irrigation prises face à la sécheresse. La loi d’urgence agricole, adoptée au Parlement et validée cet été par le Conseil constitutionnel, comprend plusieurs mesures visant à faciliter la construction d’ouvrages de stockage d’eau pour l’agriculture, y compris en zones humides, et à doubler les volumes stockés d’ici 2035. Pour les mois à venir, Bertrand Venteau table «certainement» sur «une quatrième année de mobilisation».

Présidentielle 2027 : la CR ne rencontrera pas les candidats de la gauche

Lors d’une conférence de presse à Paris le 22 septembre, le président de la Coordination Rurale (CR) Bertrand Venteau a indiqué que le syndicat allait rencontrer tous les partis allant du RN au centre, en excluant la gauche. « On n’a pas envie de rencontrer la gauche et l’extrême gauche (…) Que voulez-vous qu’on espère d’une discussion avec Jean-Luc Mélenchon ou de celui qui sortira du PS ? », a-t-il déclaré. Il estime que les idéologies issues de ces partis ces dernières années ont grandement contribué aux difficultés de l’agriculture française. « Il y a deux camps : ceux qui sont pour la décroissance, et le nôtre : nous sommes pour produire et nous adapter ». Bertrand Venteau a ensuite précisé que, concernant les partis situés de l’autre côté de l’échiquier politique, l’organisation n’allait « pas leur courir derrière », que « Gabriel Attal nous fuit », ou encore, sur un ton ironique, qu'« Edouard Philippe, dès qu’il prendra des vacances, il viendra nous voir ». Les dirigeants du syndicat ont enfin rapporté que le syndicat travaillait sur six propositions aux candidats de la présidentielle 2027 pour relever l’agriculture française, qui devraient être finalisées vers le 15 octobre.

Santé/alimentation : Foodwatch alerte sur l’ultra-transformation de produits protéinés

L'association de défense des consommateurs Foodwatch alerte, dans un communiqué du 22 septembre, sur la présence de marqueurs d’ultra-transformation dans les produits protéinés, dont la présence progresse dans les rayons des supermarchés.  Les dix produits repérés par Foodwatch sont tous ultra-transformés selon la classification Nova. « Certains sont bourrés d’additifs controversés pour la santé, d’autres sont carrément des bombes de sucres », dénonce Léa Redon, chargée de campagnes chez Foodwatch. « De nombreuses marques ont flairé le bon filon pour gonfler les prix, parfois de manière indécente. C’est la double peine pour notre santé et notre porte-monnaie », ajoute-t-elle. L’association rappelle qu’une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de maladies. Une série d’études publiée dans The Lancet en novembre souligne notamment en évidence des associations avec de nombreuses pathologies, telles que l’obésité, le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, certains cancers et la dépression. Face à ces « allégations nutritionnelles », Foodwatch demande un étiquetage obligatoire de l’ultra-transformation sur la face avant des emballages, en complément du Nutri-score. Elle rappelle par ailleurs avoir lancé aux côtés de Yuka et France Assos santé une pétition pour demander des mesures « concrètes » afin de réguler les aliments ultra-transformés.

Salon de l'agriculture: deux frères du Puy-de-Dôme seront les éleveurs de la vache égérie

Deux frères éleveurs, originaires du Puy-de-Dôme, seront chargés d’élever et d’accompagner la vache égérie du Salon international de l’agriculture (SIA) 2027, une ferrandaise, ont annoncé le 22 septembre les organisateurs du salon. Nicolas et Samuel Verdier, installés depuis plus de 20 ans «à la tête d’une exploitation d’environ 140 hectares, dans le Puy-de-Dôme (...) élèvent un troupeau mixte de vaches limousines et ferrandaises», ont indiqué les organisateurs dans un communiqué. Présentés comme «des pionniers du circuit court», ils ont fait le choix, lors de leur installation, «d’une approche autonome, basée sur l’herbe, avec de la vente directe afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne, de l’élevage jusqu’au consommateur», ont-ils ajouté. La vache ferrandaise, auvergnate connue pour son lait, sa viande mais aussi ses capacités d’attelage, qui ne compte qu’environ 4.000 femelles sur un cheptel français de 15 millions de bovins, a frôlé l’extinction dans les années 1970. Le SIA 2027 se tiendra du 27 février au 7 mars à Paris Expo Porte de Versailles.

Fruits et légumes : Christelle Groussard, nouvelle directrice du collectif Demain la Terre

Dans un communiqué de presse le 21 septembre, l’association Demain la Terre annonce l’arrivée de Christelle Groussard au poste de directrice. Elle doit succéder à Arnaud Le Gualès, appelé à de nouvelles fonctions, le 1er novembre. Christelle Groussard a passé l’essentiel de sa carrière aux Jeunes Agriculteurs (responsable communication et partenariats) et à Interfel où elle a été en charge des relations publiques de l’interprofession fruits et légumes entre 2015 et 2023. Depuis 2024, elle était déléguée générale de l’Association des producteurs de lait « Pour le Bien Collectif ». Créée en 2004, Demain la Terre développe un label RSE axée sur la santé, la qualité et le respect des hommes et de l’environnement, que les membres s’attellent à mettre en application. L’association fédère aujourd’hui 26 entreprises de production et de mise en marché de la filière fruits et légumes, avec l’objectif d’atteindre 50 producteurs d’ici à 2035.

Biocontrôle : Cyrille Tardy, nommé directeur général d’Agriodor

Agriodor annonce, le 20 septembre, la nomination de Cyrille Tardy au poste de directeur général. Ingénieur agronome, diplômé de l’Ensat, Cyrille Tardy possède une expérience internationale de plus de vingt ans dans l’industrie de la protection des cultures. Il a notamment occupé différents postes de management chez BASF, Sumitomo Chemical et FMC Corporation. Sa mission : « Consolider et élargir le potentiel de la plateforme R&D de l'entreprise afin de construire un portefeuille de solutions d'envergure internationale, et accélérer leur commercialisation. » Pour Cyrille Tardy, l’objectif est aussi de « structurer les équipes » et de « créer des partenariats avec les acteurs du secteur ». Après une première application sur betterave sucrière, l’entreprise, spécialisée dans le développement de solutions de protections des cultures basées sur les odeurs naturelles émises par les plantes, développe actuellement de nouvelles solutions destinées aux grandes cultures, à l’arboriculture et aux cultures spécialisées. (Anne Gilet)

Légumes : Marie-Laure Pomerol à la direction générale de la branche légumes d’Agrial

Marie-Laure Pomerol est nommée Directrice générale de la branche légumes d’Agrial à compter du 21 septembre, annonce la coopérative dans un communiqué de presse le 22 septembre. Elle succède à Jean-Marc Faujour qui partira à la retraite à la fin de l’année. Diplômée de l’ESCP, Marie-Laure Pomerol a débuté sa carrière au sein du cabinet EY avant d’intégrer le groupe Axéréal et d’évoluer au sein dans ce groupe tant sur des fonctions support que sur des fonctions de direction générale, pendant une décennie. Membre du comité exécutif d’Agrial, elle aura la responsabilité de piloter les activités de la branche, de consolider ses résultats et de poursuivre son développement. La branche Légumes d’Agrial représente 5 700 collaborateurs et un chiffre d’affaires de 1,3 Md €, autour de marques comme Florette et Priméale, en France et à l’international. 

Biosolutions/intrants: nouveau directeur général chez Elephant vert

La société française Elephant vert, spécialiste des biostimulants et produits de biocontrôle, vient d'annoncer, dans un communiqué le 22 septembre, la nomination d'un nouveau directeur général en la personne de Charles Marchand, qui travaillait précédemment chez Olmix et Timac Agro (groupe Roullier). Il remplace Peter Braendle, qui occupait cette fonction depuis 2020. Elephant vert emploie environ 800 personnes et est présent dans plus de 40 pays

Erratum sur l'offre de prêts engraissement du Crédit agricole

Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur dans l’Agrafil du 16 septembre, la nouvelle offre de prêt du Crédit agricole concernant l’engraissement est « basée sur l’Euribor 3 mois avec une marge de 1,70% », et non « basée sur l’Euribor à 3 mois (+1,7% actuellement) ».