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Négociations de l’OMC Les Etats-Unis de plus en plus « isolés », selon Bruxelles

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Les Etats-Unis, qui refusent de considérer comme acquis ce qui a été négocié jusqu’à maintenant dans le cycle de Doha, sont de plus en « isolés », selon Bruxelles. Les revendications de Washington restant floues, les pourparlers restent « dans une situation de grande incertitude », estime la commissaire européenne Mariann Fischer Boel.

«De nombreux pays en développement ont plaidé pour une conclusion rapide du cycle (de Doha), sans édulcorer ou modifier ce qui a été négocié jusqu’à maintenant », explique, dans une note adressée aux autres commissaires européens, Mariann Fischer Boel, qui représentait l’Union lors de la 7e conférence ministérielle de l’OMC, début décembre à Genève.
« Des divergences sont toutefois clairement apparues entre les Etats-Unis et la Chine, cette dernière ayant fait une déclaration précise sur le fait qu’il ne faut pas changer les paramètres du cycle (de Doha) au bénéfice d’un seul membre de l’OMC », poursuit la commissaire à l’agriculture. De son côté, « la Commission, au nom de l’UE, a maintenu sa position selon laquelle les membres de l’OMC devraient progresser sur la base de ce qui a été négocié à ce stade, tout en soulignant aussi l’importance de faire des avancées dans des domaines tels que le commerce des services et la protection des indications géographiques ».

Les revendications américaines encore floues
« De façon générale, cette conférence de trois jours a donné le sentiment d’un isolement croissant des Etats-Unis », constate dans sa note Mme Fischer Boel. Washington « ne partage pas, de toute évidence, le point de vue selon lequel on ne peut pas revenir sur les résultats de ce qui a été négocié jusqu’à présent ».
« Les déclarations des représentants du lobby et du Congrès américains présents à Genève ont démontré qu’il y a, aux Etats-Unis, un soutien bipartite pour cette position, précise la commissaire européenne. Mais, alors que les Etats-Unis restent un élément central pour progresser dans la négociation, il existe une grande incertitude sur les concessions précises que les Américains réclament encore aux économies émergentes pour se réengager dans les négociations multilatérales. De même, le calendrier précis envisagé par les Etats-Unis n’est pas clair. C’est cette combinaison de facteurs qui rend difficile à court terme tout progrès, ou même la présentation de nouvelles propositions qui pourraient relancer les négociations ».

« Grande incertitude »
« Le cycle de Doha reste donc dans une situation de grande incertitude, estime Mme Fischer Boel, et les engagements du G-20 pour une conclusion du cycle de Doha en 2010 constituent un défi majeur ». Lors de sa réunion à Pittsburgh, rappelle-t-elle, le G-20 s’est engagé à évaluer les progrès du cycle de Doha « début 2010 », et une question clef de la conférence ministérielle était donc d’établir si et comment l’engagement du G-20 pouvait être tenu.
Finalement, selon la commissaire européenne, « si les membres de l’OMC ont clairement réaffirmé cet engagement, la configuration, le calendrier et le contenu d’une telle évaluation restent flous. Le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, va attendre pour voir comment évoluent le programme de travail et les positions dans les prochains mois. La prochaine étape sera une réunion restreinte des hauts fonctionnaires à Genève dans la semaine du 14 décembre, dont le but est de tracer ce programme de travail ».

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