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Les orientations de l'ancien ministre de l'agriculture roumain

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Ministre de l'agriculture de la Roumanie d'octobre 2007 à décembre 2008, Dacian Ciolos a plaidé pour que « la grande agriculture » puisse coexister avec la « petite agriculture », et ce « tant dans les champs que sur les marchés ». Il s'est montré soucieux de concilier « recherches technologiques » de pointe, telles que les OGM, et « connaissances traditionnelles de la production agricole ».
– Gestion des fonds européens. Ingénieur agronome, Dacian Ciolos doit son ascension politique fulgurante aux suspicions de corruption qui ont poussé à la démission de Traian Decebal Remes, son prédécesseur au ministère de l'agriculture. M. Ciolos s'est, dès lors, fait l'artisan de mesures très strictes de contrôle de la gestion de la Pac. Un travail qui a permis à la Roumanie d'échapper de peu à un gel des fonds agricoles européens, contrairement à la Bulgarie sanctionnée par Bruxelles.
– Avenir des aides directes. Lors des premières discussions sur la réforme de la Pac, organisées en septembre 2008, par son ami Michel Barnier, alors ministre de l'agriculture français, le ministre roumain a défendu le principe d'un premier pilier fort. Les aides directes associées au principe de conditionnalité permettent de « récompenser les agriculteurs », estime-t-il à l'époque. Elles peuvent jouer un rôle selon lui « important » dans la préservation de la biodiversité et la protection de l'environnement. Il s'est, par ailleurs, prononcé à plusieurs reprises en faveur d'un rééquilibrage rapide des aides en faveur des agriculteurs des nouveaux  pays membres de l'UE.
– Développement durable. Loin de prôner la décroissance, M. Ciolos plaide pour des politiques qui permettent « d'accroître de manière durable la production agricole » mondiale. Et ce afin de lutter contre la faim dans le monde, tout en préservant l'environnement.
« Les technologies modernes nous permettront d'augmenter la production agricole dans les pays développés (…) la logique de la gestion rationnelle des ressources et leur utilisation équilibrée nous mènent de plus en plus à penser globalement et à agir localement », dit-il. Sur le plan commercial, il recherche un équilibre entre organisations agricoles régionales, protections et libre-échange.
– OGM. Dacian Ciolos s'est durement opposé, lors de son passage au ministère de l'agriculture, à son homologue à l'environnement d'alors, Attila Korodi, ennemi déclaré des OGM. M. Ciolos a milité en faveur de l'autorisation de mise en culture du soja OGM, effective dans son pays avant qu'il n'adhère à l'Union européenne en janvier 2007.
– Biocarburants. A propos de l'énergie verte, « un défi du point de vue de la lutte contre les changements climatiques et une chance pour achever la sécurité énergétique », M. Ciolos s'est toutefois montré soucieux de ne pas mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale. Il s'est prononcé pour des soutiens publics forts en faveur de la recherche sur les biocarburants de deuxième génération.
– Construction européenne. Dacian Ciolos se veut être un Européen convaincu. Il est nécessaire de donner « plus de sens » au projet communautaire et plaide pour que les hommes politiques de l'UE « descendent dans les territoires », écrivait-il, il y a quelques mois, sur le blog de Michel Barnier.

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