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Produits alimentaires intermédiaires/ Etude Les PAI confirment leur croissance

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Alors que les tendances conjoncturelles du pouvoir d’achat et du prix des matières premières ne cessent de provoquer des tensions sur le marché de l’alimentaire, les PAI poursuivent leur développement. Leur croissance atteindrait 8,1% en valeur et 10,3% en volume en 2007, d’après l’étude RIA-Icaal menée à l’occasion d’In-Food 2008. Malgré cette progression constante, les PAI ont encore du mal à séduire les industriels qui méconnaissent pour la plupart les offres disponibles et les intérêts stratégiques qu’ils représentent.

Selon les chiffres de l’étude réalisée par Icaal (Information et communication agroalimentaire) à l’occasion de la quatrième édition du salon In-Food qui se tient dans un des halls du SIAL, la croissance du marché des produits alimentaires intermédiaires (PAI) est de 11,8% en 2007 après plus de 9% en 2006. Cette progression est liée au fait que l’ensemble des marchés utilisateurs de PAI représente plus de la moitié du chiffre d’affaires du secteur alimentaire. Ces produits alimentaires consommables en l’état mais destinés à être associés à d’autres matières premières s’appliquent aux univers de consommation les plus dynamiques. Malgré cette progression, cette étude basée sur les réponses de 230 entreprises souligne le faible niveau d’information dont disposent les industriels. 42 % considèrent que les PAI ne rentrent pas dans leur activité. 37% seulement se disent assez informés, 21% estiment qu’il n’y a pas de demande et 12% seulement envisagent un développement des PAI dont un quart de façon certaine. En somme, un industriel sur dix prévoit de diversifier son offre.

Les segments utilisateurs de PAI

« Les principaux segments utilisateurs de PAI appartiennent au segment des produits salés », précise Benoît Jullien, journaliste chez RIA et consultant Icaal : plats cuisinés, pizzas et tartes, sandwichs, salades, sauces et soupes. Le salé constitue près de 55% de l’ensemble des débouchés et cette tendance s’amplifie. En conséquence, la part relative des produits sucrés tend à diminuer de 16 à 13% des débouchés. La vague nutritionnelle a des effets défavorables sur ce segment notamment dans le domaine de la chocolaterie-confiserie. La part des PAI reste forte dans les entreprises du secteur volaille et épicerie avec respectivement 43,7% et 40,1% du chiffre d’affaires.

Un marché largement dominé par les petites entreprises

Plus les IAA sont petites, plus elles ont tendance à développer leur offre en PAI. Ainsi, le taux d’activité PAI est de seulement 16,1% dans les entreprises de plus de 500 salariés, de 37,8% dans les entreprises de 100 à 499 salariés, de 37,7% dans les entreprises de 20 à 99 salariés et de 58,1% dans celles de moins de 20 salariés. Il en ressort que le taux moyen de PAI chute à 34% si l’on exclut les entreprises de moins de 20 salariés. Du point de vue de la répartition géographique, le secteur des PAI est à l’image de l’agroalimentaire : la Bretagne domine avec une représentation de 16,5 % du nombre d’établissements des entreprises interrogées, suivie du Nord-Pas-de-Calais et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur avec respectivement 7,8% et 7% alors que la Bourgogne et le Centre progressent fortement depuis l’enquête publiée en 2007. La Bourgogne est passée de 3 à 5,2% de l’échantillon par rapport à 2006 et le Centre de 3,6 à 5,2%.

Quels intérêts stratégiques pour les IAA ?

Pour les IAA, l’équation économique actuelle est difficile à résoudre puisqu’il faut diversifier son offre, innover pour s’adapter aux tendances de la consommation et proposer en même temps des prix plus attractifs. L’étude RIA-Icaal relève plusieurs raisons de se diversifier dans les PAI. Ceux-ci permettraient d’optimiser les matières premières, de sortir du tout-GMS, d’acheter en quantité plus importante et donc à meilleur prix, de spécialiser l’entreprise sur une niche de produits que les grands comptes n’aborderont pas, de limiter les investissements dans de nouveaux moyens techniques et de diversifier l’activité de l’entreprise dont le marché central est souvent saturé. Les IAA se rendent compte de l’opportunité que représentent les PAI puisque le développement des services intégralement dédiés à ce marché se poursuit : 43 % des entreprises de l’enquête 2008 disposent d’un service R&D et 52% ont une force de vente intégralement dédiée au marché des PAI. Un tiers des entreprises interrogées disposait déjà d’un service destiné à l’activité PAI avant la fin des années 80, un tiers en ont créé durant les années 1990 et le dernier tiers depuis l’an 2000. Cette bonne tenue des PAI devrait donc se prolonger à condition que les industriels veuillent se positionner sur une niche encore peu investie.