Abonné

VIANDES/EXPORT L'export vers les pays tiers : un chemin de croix, selon Bigard

- - 4 min

Selon Jean-Paul Bigard, président du Sniv SNCP et p.-d.g. du groupe Bigard, le développement des exportations de viande bovine vers les pays tiers est un « chemin de croix » pour les entreprises de transformation françaises. Celles-ci ne dégageraient pas, selon lui, assez de marges sur le marché intérieur pour se développer à l'international.

À l'occasion de l'assemblée générale du Sniv SNCP, le 7 octobre à Paris, Jean-Paul Bigard, p.-d.g. du groupe du même nom, et président du syndicat des industriels de la viande (Sniv SNCP), a répondu aux éleveurs de la Fédération nationale bovine (FNB) qui reprochent régulièrement aux industriels français de ne pas assez développer l'export vers les pays tiers, de les enfermer dans le « marigot » du marché intérieur selon les termes de leur président, Jean-Pierre Fleury. « L'exportation est un chemin de croix », répond Jean-Paul Bigard, patron de la plus grosse entreprise française de transformation de viande. « Pour vendre de la viande bovine à l'export, il faut être moins cher que tout le monde, et ce n'est pas avec les animaux les plus chers d'Europe que l'on deviendra les champions de l'export ».

LA CONSOMMATION PROGRESSERA D'UN BRÉSIL EN 10 ANS

Dommage pour la filière bovine française. La croissance annoncée de la consommation de viande bovine dans les pays tiers est impressionnante. Elle devrait progresser de l'équivalent « d'un Brésil d'ici dix ans », selon Philippe Choteau, chef du département économie de l'institut de l'élevage (Idele). Observant qu'à l'inverse la consommation de viande bovine baisse en Europe, les éleveurs de la FNB voudraient que leurs industriels prennent d'assaut ces nouveaux marchés. D'autant que les marchés traditionnels de la France, qui exporte surtout de la viande de jeunes bovins (242 000 tonnes), essentiellement vers l'Italie et la Grèce, régressent. En Grèce, les mesures d'austérité grèvent le pouvoir d'achat et en Italie, « le charolais se fait tailler des croupières par le taurillon laitier de Pologne », rappelle Philippe Chotteau. Entre 2012 et 2013, les exportations françaises de viande bovine (toutes destinations confondues) sont passées de 20,8% à 17,7% des abattages (en tonnes), eux mêmes en baisse.

« NOUS SUBISSONS EN PERMANENCE LA PRESSION DE NOTRE AVAL »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Mais, selon Jean-Paul Bigard, conquérir ces marchés en développement n'est pas une affaire aisée. « Notre force à l'export se mesure à nos possibilités de dégager des marges suffisantes sur notre marché intérieur. Or, nous subissons en permanence la pression de notre aval du fait d'une compétition entre enseignes au prix toujours le plus bas », a-t-il soutenu lors de son discours de clôture. Quant à espérer trouver des solutions au sein d'Interbev (qui regroupe le Sniv SNCP et la FNB), Jean-Paul Bigard n'y croit pas : ce n'est pas « la maison idéale où tout va se régler dans la bonne humeur et l'harmonie », mais un endroit où « tous les acteurs défendent des intérêts particuliers ».

VACHE FOLLE : LES INDUSTRIELS ESPÈRENT LA FIN DU RETRAIT SYSTÉMATIQUE DES MORCEAUX À RISQUE

Les industriels de la viande bovine espèrent mettre un terme l'an pro-chain à l'obligation de retrait systé-matique des matériels à risque spé-cifiés (MRS), ces morceaux qui peuvent être porteurs de l'agent infectieux de la maladie de la vache folle, a expliqué le Sniv SNCP (syndicat des industriels de la viande) lors de son assemblée générale, le 7 octobre à Paris. 320 000 tonnes de MRS sont retirées chaque année en France, selon les industriels qui espèrent économiser plus de 30 millions d'euros de frais d'enlèvement par les équarisseurs.

VIANDE PORCINE : 500 CONTENEURS FRANÇAIS BLOQUÉS EN CHINE CET ÉTÉ

Environ 500 conteneurs remplis de viande porcine française ont été bloqués dans les ports chinois jusqu'en août – certains depuis avril – pour des problèmes de conformité administrative, a-t-on appris lors de l'assemblée générale du syndicat des industriels de la viande (Sniv), le 7 octobre. À cette occasion, les responsables de la filière porc ont voulu « pousser un coup de gueule » envers l'administration française, qu'ils accuse d'être à l'origine de cette mésaventure qui aurait coûté, selon eux, environ 2 millions d'euros à la filière. « Nous avons besoin d'une seule autorité en charge des exportations, d'une tête, d'un patron », plaide Thierry Meyer, président de la section porcine du Sniv. « Nous nous sommes mobilisés fortement cet été pour débloquer la situation », répond Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la DGAL, qui annonce qu'une réunion va être organisée prochainement avec les professionnels sur le sujet.