La prévision de récolte n’en finit plus de baisser, pour atterir à 7,04 Mt, selon Arvalis. Les pertes de chiffre d’affaires liées à la mauvaise récolte pour les maïsiculteurs sont estimées à 2,5 Md€ par l’AGPM, qui demande davantage de stockage d’eau.
Lors d’une conférence de presse à Paris organisée par l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) le 20 octobre, Arvalis a indiqué tabler sur une production française de maïs grains à 7,04 Mt en 2026, en recul de 49 % par rapport à l’an dernier, et un plus bas depuis 1976. Le ministère de l’Agriculture tablait sur 7,3 Mt dans sa note de conjoncture (Agreste) d’octobre. La production s’est établie sur une sole de 1,06 Mha, en déclin notable par rapport à l’an dernier. Cette chute de la production engendrerait « une perte de chiffre d’affaires de 2,5 Md€ » pour les maïsiculteurs, déclare le président de l’association spécialisée Franck Laborde.
Arvalis estime que 232 000 ha ont été transférés vers du maïs fourrage et de la méthanisation, contre 150 000 ha selon le ministère. Le rendement moyen est estimé à 6,67 t/ha, mais avec des résultats très hétérogènes : 9,67 t/ha en irrigué, et 4,59 t/ha en pluvial. « Au vu des transferts de surface, qui ont concerné essentiellement les surfaces non irriguées (86 % des cas), environ 41 % de la production française est irriguée, contre 31 % d’habitude », précise Aude Carrera, ingénieure d’Arvalis.
Déception quant à la production de semences
Plus étonnant, la production française 2026 de semences de maïs a, elle aussi, été durement touchée, alors qu’elle est majoritairement irriguée. Franck Laborde indique que les volumes produits n’allaient atteindre que « seulement 60 % de l’objectif du secteur, du jamais vu ». Le ministère de l’Agriculture l’estime, en volume, à 171 000 t, en repli de plus de 25 % par rapport à 2025. Toutefois, le président de l’association spécialisée se veut rassurant. « Les besoins du marché français seront approvisionnés », assure-t-il. Tout en prévenant qu’il pourrait « ponctuellement y avoir des ruptures sur certaines variétés. Nous disons aux agriculteurs : positionnez-vous le plus tôt possible vis-à-vis de vos fournisseurs pour réserver les variétés dont vous avez besoin ». Les exportations de semences devraient s’effriter, alors que les importations augmenteraient.
Concernant les perspectives d’assolements 2027 de maïs grains, Franck Laborde estime qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. En revanche, « nous tablons sur une hausse des surfaces de maïs fourrage ». Le président de l’association spécialisée rappelle que les éleveurs ont des stocks de fourrage réduits, en raison notamment de la faiblesse de la pousse d’herbe, engendrant une forte demande en maïs ensilage. Le cataclysme subi cette année en maïs s’explique notamment par l’impréparation de la France face au changement climatique, estime l’association spécialisée.
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Pour y répondre, l’AGPM a donc rappelé sa demande d’augmentation de la capacité nationale de stockage d’eau de 1 milliard de m3 à l’horizon 2035, pour un coût de 600 M€/an, soit un coût total sur dix ans de 6 €/m3. L’organisation demande à l’État de prendre en charge la majorité de l’effort, mettant en avant « des bénéfices pour l’ensemble de la population ». L’effort public serait de 480 M€/an, dont 420 M€/an dédiés au stockage à proprement dit, et 60 M€/an à l’irrigation. Le secteur agricole prendrait en charge les 120 M€/an restants.
À très court terme et afin de permettre un nouveau cycle de production pour 2027, l’AGPM a rappelé la demande de l’ensemble des associations spécialisées grandes cultures de la FNSEA (AGPB, FOB, CGB, UNPT), soit une aide de l’État à la trésorerie des exploitations de 450 €/ha, sachant que les besoins totaux s’élèveraient à 900 €/ha. Ces 450 €/ha inclus une dérogation aux producteurs de ne pas semer d’intercultures, qui permettrait une économie de près de 200 €/ha.
Rendements moyens à 9,67 t/ha en irrigué, et 4,59 t/ha en pluvial
KC