METabolic Explorer (appelée aussi Metex), société d'industrialisation de procédés de chimie organique, basés sur les technologies de fermentation, espère « pour la fin du semestre » un accord « avec un acteur européen important de la transformation de matières premières végétales », a-t-elle indiqué le 23 mars.
La société clermontoise Metabolic Explorer a donné des indications, dans un communiqué faisant le point sur ses activités, sur ses avancées dans la production d'une molécule utilisée dans la fabrication de produits de masse (1 960 000 tonnes dans le monde), le MPG (mono propylène glycole), à partir de substrats cellulosiques. Elle estime pouvoir annoncer avant fin juin un accord « avec un acteur européen important de la transformation de matières premières végétales » dans ce domaine.
Matières premières : paille, rafles, branches, sciure
Le MPG est une molécule est généralement produite à partir de substrats pétroliers. Mais elle peut l'être aussi à partir de saccharose ou bien de lipides issus des huiles et des graisses d'abattoirs. Mais elle pourrait l'être désormais par la transformation de la cellulose contenue dans les résidus agricoles ou sylvicoles (paille, rafles, branches, sciure…), a souligné l'entreprise. Cela afin de ne pas prélever de ressources comestibles réservées à l'alimentation. Le MPG est un composé chimique essentiel à la fabrication de résines de polyester insaturées, utilisées dans des applications telles qu'articles d'ameublement ou coques de bateaux. Il est également utilisé en cosmétique et en pharmacie ou encore pour la fabrication d'antigels et de fluides caloporteurs, précise le communiqué de Metabolic Explorer.
Metex estime disposer « aujourd'hui du recul nécessaire pour confirmer sa capacité à employer, pour chacune de ses technologies, des matières premières cellulosiques ». La société a poursuivi, ces derniers mois, des campagnes de tests de « différents sucres obtenus par différents procédés de transformation de différentes celluloses ». Cette flexibilité de matières premières est un paramètre essentiel des stratégies d'approvisionnement, souligne l'entreprise. Ces différents tests ont « confirmé la faisabilité de l'emploi de sucres de deuxième génération pour la production de MPG par fermentation », conclut-elle sur ce chapitre.
Ces résultats ont permis à Metabolic Explorer de progresser dans la discussion d'un accord de partenariat « avec un acteur européen majeur de la transformation de matières premières végétales » visant à optimiser ce procédé et l'industrialiser pour la production de MPG à partir de sucres cellulosiques.
Filière PDO : valorisation de matières premières non comestibles
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Soucieuse d'industrialiser des procédés utilisateurs de matières premières non comestibles, Metex a par ailleurs validé l'utilisation comme matière première d'une large gamme de glycérines, « y compris celles issues de la transformation d'huiles issues du recyclage ou de l'équarrissage », dans la production de PDO (initiales d'une molécule chimique appelée « 1,3-propanediol »). En bref, la glycérine est un coproduit de la production du biodiesel, et le biodiesel peut être produit lui-même à partir d'huiles de fritures ou d'équarrissage.
Le PDO est une molécule chimique qui a de nombreuses utilisations : pour des revêtements, comme solvant, antigel, peinture. De même, Metex indique avoir obtenu la validation de la valorisation d'un coproduit clé, l'acide butyrique. Cette molécule est un co-produit de la fabrication du PDO. C'est une fragrance alimentaire, substance à valeur ajoutée, aromatique, qui peut entrer dans l'industrie agroalimentaire.
Pour l'industrialisation du PDO, Metex attend de son partenaire coréen, l'industriel SK Chemicals, qu'il confirme « dans les prochaines semaines » son approbation du schéma d'ingéniérie transmis fin décembre 2014. Cette étape est un préalable à la phase de construction de la première usine de PDO de SK Chemicals sur son site d'Ulsan, dans le sud-est de la péninsule coréenne. L'approbation du schéma « déclencherait un paiement d'étape immédiat au bénéfice de Metabolic Explorer ». L'estimation par Metabolic Explorer de la durée de construction est voisine de dix-huit mois.
L-Méthionine : production à petite échelle depuis fin 2014
Enfin, Metabolic Explorer lancera en 2015, « avec des partenaires de référence dans le domaine de la nutrition animale », une série de tests d'efficacité nutritionnelle sur le produit qu'il met au point, la L-Méthionine, acide aminé qui devrait être produit à partir de substrats organiques. Cet acide aminé « est produit en une seule étape de fermentation, ce qui garantit sa compétitivité par rapport à d'autres procédés de production combinant d'autres étapes de synthèse », affirme le communiqué. L'entreprise produit des échantillons de L-Méthionine dans son unité pré-pilote/pilote d'industrialisation près de Clermont-Ferrand. « Les premières productions à petite échelle » ont été réalisées dès fin 2014.
Metex a repris en 2014 l'ensemble des dossiers gérés jusqu'alors par l'amidonnier Roquette Frères, qui était notamment chargé de la gestion du portefeuille de brevets, de la mise au point du procédé de production industriel, des pré-études pour la construction d'une unité de taille commerciale, de la prospection commerciale du produit, ainsi que des affaires réglementaires nécessaires pour homologuer le produit. Elle est maintenant en discussions avec des producteurs d'acides aminés, hors méthionine, ayant des capacités de fermentation inutilisées et à la recherche de nouvelles productions.