Les nouvelles valorisations des produits de l’agriculture ont fait leur rentrée, avec la première édition du Siñal, le Salon international du non-alimentaire, à Châlons-en-Champagne du 4 au 6 septembre. Les exemples de valorisations non alimentaires de l’agriculture commencent à foisonner.
Lors de la première édition du Siñal, on a ainsi appris, à l’occasion d’un débat, que le laboratoire mixte des agro-ressources de Toulouse (Inra, Insa et CNRS) a mis au point des bactéries, dites « cellulosomes », qui permettent de produire un combustible, le biobutanol, à partir de substrats végétaux riches en cellulose, comme la paille. Cette avancée dans la production d’éthanol de seconde génération, c’est-à-dire produit à partir de substrats végétaux sans prélever sur les denrées comestibles (blé, betteraves, colza, maïs, etc), a fait l’objet de brevets, a indiqué Patrice Roché, du pôle de compétitivité toulousain Agrimip. De nombreux autres projets ont par ailleurs été révélés par les exposants.
Ainsi, la société Bio-NRJ, qui finit de construire une usine de méthanisation à Noyon (Oise), en construira une autre dans le Finistère Nord. L’objectif est, dans les deux usines, une production d’engrais organiques pour l’agriculture. Avec, au passage, une production de biogaz qui contribuera à la rentabilité de la production d’engrais organiques.
Pots d’horticulture biodégradables
Les choses bougent aussi dans le Centre-Ouest. Une société poitevine, Futuramat, exportera dès fin 2008 vers les États-Unis un matériau composé d’amidon de céréales pour la fabrication de pots d’horticulture biodégradables. Dans la région, Valagro, la plate-forme de recherche et développement (R&D) qui conçoit des procédés innovants, a mis au point un liquide isolant électrique pour transformateurs, à base d’huile végétale. Le liquide isolant sera commercialisé dans les prochains mois, selon Frédéric Bataille, ingénieur chimiste chez Valagro. Enfin, toujours dans la région poitevine, Valagro signale la construction début 2009 d’une unité pilote de biocarburants de seconde génération, alimentée avec des sous-produits riches en cellulose, comme la paille, les tiges et les fanes de végétaux.
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Fibres végétales : nouveaux partenaires pour la recherche
En Champagne Ardenne, la R&D sur les fibres végétales vient de nouer des partenariats. Fibres Recherche et Développement (FRD), société constituée en février 2008, a signé le 1 er septembre une convention de financement avec le conseil régional de Champagne-Ardenne et avec l’État, via la Drire (direction de l’environnement) de la région, a indiqué Pierre Bono, directeur de la société. Par cette convention de financement, la société reçoit 1,2 million d’euros pour une période de trois ans.
Le 4 septembre, la société a procédé à une augmentation de capital. Elle a intégré comme actionnaires : Sofiprotéol (établissement financier des oléoprotéagineux), Lin Industriel Picard (qui transforme 12% du lin français) et le Groupe Coopération Forestière (qui exploite 15% de la forêt française). Ces trois nouveaux actionnaires ont apporté 102 000 euros. Les capitaux agricoles et agroalimentaires ont durablement saisi le vent du non alimentaire.