Le ministère de l’Agriculture a convoqué les parties prenantes des négociations commerciales pour un « point d’étape » le 19 janvier. Stéphane Travert constate une « application inégale » de la charte d’engagement, mais surtout un manque de données fiables, face à des communications contradictoires de la part de la distribution et des transformateurs. Le 23 janvier, Emmanuel Macron a promis une nouvelle réunion et une dénonciation publique des mauvais élèves.
À l’issue de la réunion du Comité de suivi de relations commerciales au ministère de l’Agriculture le 19 janvier, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie, Delphine Geny-Stephann, a annoncé que les « premiers éléments issus des contrôles en cours et les échanges de la réunion ont mis en lumière une application inégale de la charte ».
Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a précisé que les données fournies par chacune des parties prenantes nécessitaient « des précisions ». Celles-ci sont d’ailleurs contradictoires. Les données fournies par les distributeurs font surtout état de demandes de hausses de la part de l’industrie agroalimentaire – dont l’ampleur ne serait pas justifiée par l’évolution des cours des matières premières – et celles de Coop de France et l’Ania de demandes de baisses « préoccupantes » de la part de la grande distribution, y compris sur des marchés où les cours ont progressé, rapporte Christiane Lambert, présidente de la FNSEA qui se demande : « Qui est le menteur ? »
Menace de "name and shame" envers les enseignes
Le délégué général de la FCD (distributeurs), Jacques Creyssel, regrette par ailleurs que dans le secteur laitier, une partie des industriels n’ait pas encore communiqué les prix prévisionnels aux producteurs, comme cela est demandé par la loi Sapin 2. Les négociations commerciales ont débuté il y a six semaines et doivent s’achever dans six semaines. « C’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses », commente Jacques Creyssel.
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Lors de son discours de vœux à l’agriculture, le président de la République a demandé aux ministres de convoquer prochainement une nouvelle réunion de suivi pour faire le point sur les négociations. Il a également promis de nommer publiquement les enseignes qui ne respecteraient pas la charte d’engagement. Enfin, il a promis des contrôles accrus de la DGCCRF.
La FNSEA et les JA dénoncent « une véritable braderie »
Dans un communiqué le 18 janvier, les deux syndicats FNSEA et JA dénoncent « une véritable braderie des produits agricoles » avec des côtes de porc à 1,77 €/kg, du lait bio à 67 centimes d’euros le litre, ou des pommes de terre à 11 centimes le kilo. « Comment dans ces conditions le consommateur peut-il s’y retrouver, et avoir une quelconque idée de la valeur de l’alimentation quand tout n’est que promotions et rabais ? », expliquent la FNSEA et JA qui disent être « prêts à appeler nos réseaux à aller faire la police des prix dans les magasins », comme c’est déjà le cas spontanément dans certains départements. Ils demandent « une loi contraignante et ferme, qui applique en cas d’infraction des sanctions dissuasives ».
« C’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses »