Abonné

NGT : des États membres toujours divisés

- - 3 min

L’initiative de la présidence hongroise du Conseil de l’UE pour revenir sur les négociations menées ces derniers mois autour des nouvelles techniques de sélections génomiques (NGT) est critiquée par les États membres les plus favorables à ces innovations. Le secteur bio, au contraire, salue la démarche.

Depuis son arrivée à la présidence du Conseil du l’UE, la Hongrie s’est engagée à relancer les discussions entre les États membres sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NGT) mais en remettant en cause les discussions menées depuis un an. La Hongrie a, en effet, présenté, avant la pause estivale, un document pour encadrer les discussions qui ouvrait notamment la porte à l’étiquetage des NGT jusqu’au consommateur. Neuf points de discussions y sont proposés (étiquetage donc mais aussi évaluation des risques, méthode de détection…). Dans leurs commentaires écrits adressés à la présidence cet été, beaucoup d’États membres (Espagne, Pays-Bas, Suède, Danemark, Finlande, République tchèque, Lituanie) ont critiqué cette initiative. Ils estiment que les négociations doivent reprendre sur la base du travail mené par les présidences espagnole (fin 2023) et belge (début 2024) bien plus favorable au développement des NGT. La Commission européenne a proposé en juin 2023 que les NGT soient classées en deux catégories : la première pour les modifications génétiques mineures, qui serait exemptée de la plupart des obligations de la directive OGM, et la deuxième dans le cas de modifications plus importantes (supérieure à 20 nucléotides) pour lesquelles la réglementation OGM continuerait de s’appliquer.

Lire aussi : NGT : la méthode hongroise critiquée par l’Espagne

D’autres pays toutefois – les plus réticents aux NGT – soutiennent la voie empruntée par Budapest. La Slovaquie et la Roumanie, notamment, saluent les propositions concernant l’étiquetage tout au long de la chaîne. Une position également adoptée par le Parlement européen. L’Autriche partage aussi ce point de vue estimant qu’il faut « davantage de temps » pour examiner les divers éléments de la proposition.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
génomique
Suivi
Suivre

Le secteur bio met la pression

Les critiques exprimées ne semblent pas faire changer de ligne Istvan Nagy, le ministre hongrois de l’Agriculture. Il a annoncé qu’il prononcerait un discours d’ouverture lors du sommet international sur les secteurs non-OGM qui se tiendra les 7 et 8 octobre à Francfort (Allemagne).

Le 3 septembre, à l’initiative de l’entreprise d’alimentation biologique allemande Alnatura, quelque 376 sociétés de l’industrie alimentaire – principalement du secteur bio – lui ont remis une lettre ouverte soutenant la démarche hongroise en demandant « la liberté de choix » pour les consommateurs. « Nos clients sont sceptiques à l’égard des produits issus d’OGM et veulent avoir la capacité de choisir d’acheter ou de consommer ces produits, en pleine conscience. Une possibilité qui n’est envisageable que si ces derniers sont étiquetés de manière claire et précise », avec des « méthodes de détection pour tous les produits fabriqués à l’aide de NGT, y compris ceux de la catégorie 1 », préviennent ces entreprises.