Les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique ont voulu montrer le 10 juillet leur concordance de vues sur l’agriculture à quelques jours du lancement des États généraux de l'alimentation, dans un lieu éloigné des polémiques politiques, l’Inra. Ils se sont attachés à déclarer que leur objectif d’une agriculture plus résiliente correspond à la fois aux intérêts des agriculteurs pour sortir de la crise et aux attentes de la société.
Stéphane Travert et Nicolas Hulot ont été invités par le directeur de l’Inra Philippe Mauguin, le 10 juillet, à visiter le centre de Versailles qui travaille sur des recherches visant à affranchir l’agriculture du poids des intrants. Il ne pouvait y avoir de lieu mieux choisi qu'un centre de l'Inra pour souligner les complémentarités entre les deux ministres, deux semaines après leur divergence de vue sur les néonicotinoïdes, et à quelques jours de l’ouverture des États généraux de l'alimentation. Ce qui est important, « c'est de montrer que, sur les États généraux de l'alimentation, on va travailler de concert », a déclaré Nicolas Hulot, lors d'un point presse commun donné après leur visite au centre Inra de Versailles.
Stéphane Travert : « Nous poursuivons le même objectif »
« Nous sommes heureux de travailler ensemble et nous poursuivons le même objectif : que demain nos modèles agricoles, quels qu'ils soient, puissent trouver des débouchés commerciaux, que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur métier et que nous puissions les aider à travers la recherche, l'innovation, à regagner de la compétitivité et à porter des modèles les plus vertueux possibles », a renchéri Stéphane Travert, en rendant hommage aux travaux des chercheurs de l'Inra. «Vous n'arriverez pas, ni avec moi, ni avec Nicolas Hulot, à opposer agriculture et environnement », a-t-il ajouté. Stéphane Travert a appelé à une recherche au service des agriculteurs pour « que notre souveraineté alimentaire soit atteinte ». Elle est en effet loin d’être réalisée, selon Nicolas Hulot : « Nous devons nous attaquer à un dossier majeur : la réduction des importations de protéines végétales ». Entre autres priorités il a aussi mentionné la sanctuarisation des terres agricoles face à l'artificialisation des sols.
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Les deux ministres ont rencontré des chercheurs qui leur ont présenté leurs travaux : la réponse des plantes au stress hydrique et au manque d'azote ; la culture de biomasse pour l’énergie, la chimie ou les matériaux à haut rendement sur des terres marginales ou polluées ; les moyens d'attirer ou de repousser les insectes par des signaux odorants ou des couleurs. trois thèmes pour illustrer les moyens de réduire les intrants, donc des coûts de production, et de créer de la valeur via le remplacement des produits d’origine fossile.
Christophe Hillairet, président de la chambre interdépartementale d'Ile-de-France, s'est plaint, via son compte Twitter, que la profession agricole n'avait pas été invitée. « l'Inra accueille mais ne fait pas les invitations », a répondu Philippe Mauguin. « En Ile-de-France, cela fait sept ans que la profession n'est invitée que 12 heures avant une visite ministérielle. Il n'y a qu'en Ile-de-France que cela se passe comme cela ! » a répondu Christophe Hillairet.
Nicolas Hulot : « Nous devons nous attaquer à un dossier majeur, la réduction des importations de protéines végétales »