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Trois questions à Thierry Blandinières (Maïsadour) « Nous souhaitons poursuivre notre stratégie de développement vers l’aval »

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Thierry Blandinières, nommé fin 2007 directeur général du groupe coopératif Maïsadour, est également depuis novembre 2003, président de la filiale de transformation Delpeyrat. Arrivé à un moment où cette société était au plus mal, proche du dépôt de bilan, il a réussi avec ses collaborateurs à redresser la barre en peu de temps. Cet ancien dirigeant de Madrange, a reçu le 6 mai le titre d’entrepreneur français de l’année 2008 des mains du ministre des PME, Hervé Novelli.

La situation de Delpeyrat était très critique en 2003. Comment êtes-vous parvenu à redémarrer l’activité et à la rendre bénéficiaire ?

En 2003, Delpeyrat accusait 24 millions d’euros de perte, dont 12 millions de dévalorisation de stocks, pour un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros. Le marché accusait alors une crise de surproduction et les performances de la société s’étaient beaucoup dégradées. Nous avons vécu une période difficile où nous avons dû restructurer l’entreprise. Puis, nous avons cherché à relancer la création de valeur en simplifiant nos références. Cela nous a permis de faire davantage de volumes et donc d’améliorer nos coûts de revient. Nous avons dû par ailleurs établir un nouveau climat de confiance avec nos clients pour obtenir de meilleurs référencements en magasins. En deux ans, nous avons connu une croissance de 25 % et avons rapidement regagné en compétitivité. Deux ans après la crise, nous étions à nouveau bénéficiaires.

Quelles sont les ambitions à moyen terme du groupe Maïsadour quant à son développement ?

Nous souhaitons poursuivre notre stratégie de développement vers l’aval. Cela nous permet d’assurer des débouchés à nos productions tout en les valorisant. En 1998, Maïsadour achetait Delpeyrat, mais le groupe avait alors une stratégie embryonnaire vers l’aval. Aujourd’hui, nous réalisons 43 % de notre activité en aval, notre objectif étant d’aller vers 50 % le plus rapidement possible. Nous souhaitons arriver d’ici 2010 à 500 millions d’euros de chiffre d’affaires sur notre pôle Delpeyrat-Gastronomie du Sud-ouest (NDLR : contre 255 millions sur l’exercice 2006/2007) et à un milliard d’euros pour tout le groupe Maïsadour (NDLR : 709 millions d’euros). Pour cela, nous réfléchissons à différentes options possibles de croissance interne et externe pour augmenter nos activités.

Beaucoup de coopératives agricoles ont pris en quelques années un virage stratégique vers des activités de transformation aval ? Est-ce selon vous une nécessité pour chaque coopérative ?

Aujourd’hui, deux types de coopératives se dessinent : celles qui restent sur l’amont et celles qui ont fait le choix de l’aval. Tout dépend bien sûr de la coopérative et de ses secteurs historiques de production, mais je pense que les coopératives d’amont auront à nouer de plus en plus d’alliances avec celles qui ont investi dans l’aval. Dans le secteur céréalier, la logique est cependant un peu différente. Il est important que ces coopératives gardent un amont fort. Aujourd’hui, une coopérative engagée dans l’aval est un atout important pour assurer les débouchés des agriculteurs, y compris pendant des périodes de crises de marché.