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Orge : bonne production mondiale, prix en berne

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La lourdeur du marché mondial de l'orge pèse sur les prix hexagonaux. Si aucune alerte majeure n’est rapportée sur la récolte 2026, rien n’est encore joué. À plus long terme, les experts se montrent optimistes pour la production d’orge française.

Lors du colloque orge de brasserie organisé par Arvalis à Arras le 9 avril, des professionnels de la filière ont justifié le bas niveau des prix des orges brassicoles par une demande mondiale émanant de la brasserie et de la malterie plutôt en recul, cumulée à une production d’orge élevée. « Des baisses de consommation de bière ont été constatées dans l’UE, aux USA en 2025… Seule l’Afrique a connu une progression », explique Quentin Dyon, analyste business de Malteurop (Vivescia). Il ajoute s’attendre pour 2026 à « une stagnation, voire une légère progression de la demande ». Quentin Dyon juge plausible une amélioration de la consommation chinoise cette année. « Après un premier semestre 2025 compliqué, on constate une reprise lors du second. Cela peut donner des espoirs pour 2026 », relate-t-il.

Mais pour l’instant, la morosité de la demande prédomine, surtout en Europe. L’effritement de la consommation de bière pèse sur la malterie. « On a connu des fermetures d’usine en Allemagne, dans les pays du Bénélux… », indique Alexandre Benoist, analyste marché de Malteurop.

La demande de la malterie européenne en souffrance

Pour illustrer son propos, l’expert a analysé l’écart des prix français entre l’orge de brasserie de printemps Fob Creil, et Fob Moselle. « En théorie, le Fob Moselle sert de référence pour alimenter les marchés de proximité, comme les malteurs allemands et du Bénélux », précise l’analyste. Les industriels paient d’habitude plus cher afin de s’assurer des volumes suffisants d’orge de qualité brassicole, précise-t-il. De son côté, le Fob Creil « est la référence pour l’export via Rouen, incluant de l’orge de brasserie mais aussi de l’orge fourragère », justifiant donc une décote habituelle d’environ 10 €/t par rapport au Fob Moselle. Mais si l’on observe les écarts de prix entre ces deux places pour les campagnes 2025-2026 et 2026-2027, « il est inversé ». La raison : la demande de la malterie reste terne, alors que celle de la nutrition animale est plus dynamique. Ainsi, à moins d’un incident climatique ou un autre bouleversement, les cours français de l’orge brassicole risquent de rester assez bas encore un certain temps.

Par ailleurs, les professionnels de Malteurop ont été surpris par le décalage entre les attentes de demande des malteurs européens et la réalité. « En avril 2025, on s’attendait à une consommation d’orge de brasserie de 10,2 Mt pour 2025-2026. Mais nous avons constaté, en mars 2026, qu’elle n’a réellement atteint que 8,9 Mt », relate Alexandre Benoist. De son côté, l’offre mondiale d’orge s’est avérée abondante : 154,3 Mt d’orge pour 2025-2026, contre 143,4 Mt en 2024-2025, selon l’USDA. « Il n’y a pas eu de gros incident climatique, il s’agit de la 4e plus forte production depuis 2000 », précise-t-il. Pour 2026-2027, les conditions de cultures sont pour le moment bonnes dans le monde et en France.

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Néanmoins, le scénario de prix bas pour 2026-2027 n’est pas infaillible. Par exemple, « le phénomène El Nino pourrait frapper durement l’Australie », prévient Alexandre Benoist. Bien que pour le moment, aucune alerte particulière ne soit rapportée, beaucoup de choses peuvent encore survenir d’ici à la récolte. Alexandre Benoist rappelle que la production d’orge reste très localisée dans le monde, et qu’un incident climatique peut totalement inverser la donne. Enfin, rappelons que la guerre au Moyen-Orient est susceptible d’engendrer des baisses de surfaces dans le monde, voire des récoltes plus faibles en 2027, en raison du maintien à un niveau élevé des prix des engrais.

Optimisme à long terme quant à la demande africaine et asiatique

À plus long terme, les deux experts de Malteurop se montrent optimistes quant à l’intérêt de produire de l’orge en France, et au rebond de la demande de la malterie et par ricochet de la brasserie. Quentin Dyon rappelle que la demande en bière a, certes, reculé ces derniers temps, mais elle résiste davantage que d’autres alcools, tel que le vin. Il signale ensuite que la population « en Asie et surtout en Afrique va fortement progresser dans les années à venir. Ces régions augmentent leur consommation de bière de manière importante ».

Si les capacités de malterie grimpent dans les zones de consommation de bière en croissance que sont donc l’Asie et surtout l’Afrique, cela donne de l’espoir à de futurs débouchés pour les orges françaises. Du côté de la Chine, les importations d’orges pourraient se maintenir dans la durée, offrant une potentielle destination durable pour la France, malgré la concurrence australienne. « La production d’orge n’est pas soutenue par les autorités, et ne figure pas dans le dernier plan gouvernemental, incitant les producteurs chinois à privilégier d’autres cultures comme le blé, le riz, etc. », relève Anne-Laure Paumier, directrice générale adjointe d’Intercéréales.

« La 4e plus grosse production d’orge depuis 2000 »

KC