Une expérimentation menée par la MSA, la FNSEA et l’État, pour cartographier la pauvreté dans le monde agricole et y apporter des solutions, offre ses premiers résultats.
Lancée en 2025, l’expérimentation sur les exploitants et salariés agricoles en situation de pauvreté vient de faire l’objet d’un point d’étape en juin, montrant de premières concrétisations. Portée par la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté en partenariat avec la FNSEA et la MSA, elle s’est déployée dans trois régions pilotes : Bretagne, Provence-Alpes-Côte d’Azur (Pays d’Arles) et Grand Est. Son objectif était structuré autour de trois axes : repérage et détection, accès aux droits et lutte contre le non-recours, accompagnement. « Le pourcentage de ménages agricoles en situation de pauvreté (inférieur de 60 % au revenu médian) est d’environ 18 %, contre 15 % au niveau national. Et il grimpe à 25 % pour le maraichage », explique à Agra Presse, Rodolphe Dumoulin, directeur du Développement sanitaire et social de la MSA. Et la pauvreté dépasse la seule question du revenu : isolement, difficultés d’accès aux services, contraintes de mobilité, épuisement professionnel…
Premier pacte local de solidarité signé
Le principal travail a été, dans un premier temps, d’identifier la population : « Ce fut complexe car la pauvreté agricole est un angle mort des politiques publiques et fait l’objet aussi d’un non-dit de la part des salariés et des exploitants, c’est un peu caché », souligne Bernard Simon, président de la MSA d’Armorique et administrateur de la CCMSA. Cet important travail d’identification des situations potentiellement éligibles à un accompagnement renforcé a été assuré grâce aux données détenues par les caisses et le réseau Sentinelles. À partir de là, les prises de contacts ciblées ont permis de sensibiliser ces populations via l’intervention de conseillers MSA pour l’ouverture de droits et de révisions (RSA, prime d’activité, complémentaires Santé Solidaire…) et le déblocage d’aides financières ou sociales.
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L’expérimentation a aussi porté sur l’accompagnement dans le maintien de l’emploi, par l’usage du service de remplacement chez les exploitants, et la formation pour les salariés. Lors du Salon des agricultures de Provence début juin, le Pays d’Arles a été le premier territoire à concrétiser l’expérimentation au travers d’un pacte local des solidarités ; « 960 exploitants agricoles en situation de fragilité ont été identifiés et 36 contrats de professionnalisation ont été signés avec France Travail, Ocapiat et Delta Sud formation, principalement maraîcher, arboriculteur et tractoriste », se félicite Mireille Gouirand, présidente de la MSA Provence-Azur, qui y voit là une complémentarité du dispositif contre le mal être agricole.
PG