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Débat Pénibilité : Emmanuel Macron favorable à une mise en place par branche

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Lors de la présentation d'une enquête sur le travail par la CFDT, Emmanuel Macron et François Fillon se sont notamment exprimés sur le compte pénibilité. Le premier prône des négociations par branche tandis que le second veut le suprimer. 

Le 16 mars, à l'occasion de la présentation d'une enquête sur le travail menée par la CFDT autour du travail, Emmanuel Macron est revenu sur le compte pénibilité qui doit être selon lui "adapté" par branche.  "Oui, je suis favorable à la philosophie du compte pénibilité, je prends acte du fait qu'il y a plusieurs critères qui ne sont pas applicables en l'état (...) et donc je suis favorable pour qu'on puisse le suspendre", a dit le candidat d'En marche. "Je veux une vraie concertation et une vraie négociation par branche pour le mettre en œuvre de manière adaptée par branche", a-t-il ajouté. Il a également dit vouloir intégrer ce critère dans son système de retraite universel. "Si je pensais qu'il n'y a pas de pénibilité au travail, je proposerais de le supprimer", a-t-il ajouté. De son côté, François Fillon, également présent à cette présentation, a indiqué vouloir supprimer le compte pénibilité. Il a également réaffirmé son intention de mettre fin aux 35 heures. 

Une loi difficilement applicable en l'état

Rappelons que le compte personnel de prévention de la pénibilité permet aux salariés du privé exposés à au moins un facteur de pénibilité, parmi dix prévus par la loi, de cumuler des points afin de partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel. Quatre critères (travail de nuit, travail répétitif, travail en milieu hyper bar, travail en équipes alternantes) sont entrés en vigueur au 1er janvier 2016, suivi en juillet des six derniers regroupant les manutentions manuelles de charge, les postures pénibles, les vibrations mécaniques, les agents chimiques dangereux, les températures extrêmes et le bruit. Face à la complexité des textes, parfois contradictoires, plusieurs organisations professionnelles ont très tôt alerté sur l'impossible mise en œuvre de cette loi. Il est vrai que les conclusions du rapport de mission Bras/Bonnand/Pilliard (1) attendu pour septembre et remis très discrètement en novembre au Premier ministre, n'a pas vraiment apporté les réponses ou solutions escomptées. En janvier, la CGPME avait déposé un recours devant le Conseil d’Etat afin d’obtenir l’annulation de deux décrets. La perspective des élections semble avoir tout gelé.  

Les salariés favorables au compte pénibilité

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Sinon, l'enquête Parlons travail présentée par la CFDT a permis de casser certains clichés sur le rapport des salariés au travail, notamment sur la durée légale, la santé, la charge et le management. Ainsi, 77% des personnes interrogées disent aimer leur travail et être fiers de ce qu'elles font (57%). En revanche, les salariés se plaignent d'une charge de travail trop importante, qui affecterait négativement leur santé. Une personne sur trois considère que son travail nuit à sa santé, 44% disent ressentir souvent des douleurs physiques, 34% dorment mal et 36% ont fait un burn out à cause du travail. Dans ce contexte, 97% des personnes interrogées considèrent qu'il est juste de tenir compte de la pénibilité du travail dans le calcul de la retraite, une des idées phares de l'organisation syndicale, mise en place en 2015 par le gouvernement malgré une vive opposition du patronat.

1) Pierre-Louis Bras (président du Conseil d'orientation des retraites), Gaby Bonnand (CFDT, ancien président de l'Unedic) et Jean-François Pilliard (ancien vice-président du Medef).

2) Enquête menée auprès de 200 000 personnes entre septembre et décembre 2016