Si, au même titre que les subventions, les produits phytosanitaires ont fait les beaux jours de l’agriculture européenne pendant des décennies, ils vont, eux aussi, devoir passer leur bilan de santé. Depuis près de vingt ans, la plupart des substances les plus toxiques ont été retirées du marché. Des 952 substances actives commercialisées en 1991, il n’en restera plus que 400 à la fin de l’année. Et, dans les prochains jours, les Vingt-sept vont s’entendre pour qu’un nouvel effort soit réalisé. A présent, promet la Commission de Bruxelles, il ne s’agit plus de retirer de la circulation des centaines de produits comme le prétend le lobby des pesticides, mais plutôt de cibler les 6 à 8 % des substances qui posent encore problème (cancers, troubles endocriniens, etc). L’industrie phytopharmaceutique fait planer la menace d’un effondrement des rendements agricoles faute de substances efficaces pour lutter contre les parasites et autres maladies qui affectent les cultures. Bruxelles rétorque que l’excès de pulvérisation de produits toxiques a parfois conduit à des destructions de bonnes terres agricoles désormais contaminées. De plus, elle parie sur la capacité de l’industrie à trouver des pesticides moins nocifs, mais tout aussi performants, et sur celle des agriculteurs à développer des techniques alternatives.
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