La sanction du syndicat des vignerons des côtes-du-Rhône pour avoir publié des prix de référence – une amende de 20 000 € par l’Autorité de la concurrence – soulève des interrogations (Agra Alimentation du 31 mai 2018). Ainsi, son président Philippe Pellaton, tout en acceptant la décision, tient à rappeler le fond de l’affaire. Élu en 2009 dans une viticulture en crise, le nouveau président a voulu proposer des solutions alternatives aux mesures quantitatives jusque-là adoptées (distillations, retraits de production, baisse de la production…) pour mettre en place une politique qualitative (ré-encépagement, affectation parcellaire, mise en application du contrôle quinquennal, restructuration du vignoble…). « Pour permettre d’accompagner cette mutation, nous avons publié dès 2010 un prix de revient de référence pour donner à la production un repaire indispensable pour adapter son modèle économique, explique Philippe Pellaton. La DGCCRF, présente dans nos instances, n’a jamais eu rien à redire. Quand l’Autorité de la Concurrence a commencé à instruire le dossier fin 2016, nous avons tout de suite arrêté de communiquer ce chiffre. » Philippe Pellaton estime la sanction justifiée sur l’aspect formel, mais s’interroge sur le fond : « Les États généraux de l’alimentation viennent de préconiser une construction des prix alimentaires basée sur le coût de la production agricole. Or, le travail législatif en cours devra bien déboucher sur un mode de calcul pour indiquer des prix de référence. Je me demande si nous n’avions pas eu dix ans d’avance. »
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