La filière française de cueillette des plantes sauvages est essentiellement le fait des collecteurs. Elle fait face à plusieurs défis : frilosité de l’aval à garantir des volumes, impact climatique, déprise…
En 2026, pour la première fois, FranceAgriMer a cherché à quantifier la cueillette commerciale française sur soixante plantes aromatiques ou à parfum (PPAM) et trois campagnes (2021-2023). Malgré un faible taux de réponse qui demande à prendre les chiffres avec précaution, on peut estimer qu’environ 930 tonnes fraîches par an sont cueillies soit près de 275 tonnes en équivalent sec. Les volumes se concentrent sur une poignée de plantes. Les feuilles sèches d’ortie arrivent en tête, mais la reine-des-prés les dépasse en cumulant fleurs et parties aériennes. Suivent l’aubépine, le frêne, le tilleul et le framboisier. Une vingtaine de produits seulement excèdent la tonne par an. L’enquête confirme la prédominance écrasante du bio : 94 % des volumes, auxquels s’ajoutent 3 % de label équitable ou RSE. Les collecteurs cueillent l’essentiel des volumes, soit 640 tonnes fraîches (70 %), devant les entreprises utilisatrices (290 tonnes, 30 %) qui plébiscitent exclusivité naturelle de la plante et cueillette moins coûteuse que la production.
Des volumes essentiellement importés
FranceAgriMer a, par ailleurs, mandaté le cabinet Stratys pour dresser un état des lieux de la cueillette professionnelle d’une sélection de soixante PPAM en France métropolitaine, en termes quantitatifs et qualitatifs. L’origine France ne représente que 20 % des volumes au plus. Les plantes transformées viennent très majoritairement de l’étranger (Europe de l’Est, Balkans, pourtour méditerranéen). Les collecteurs forment le premier canal d’approvisionnement (50 à 75 % des ventes de matières premières en volume). Le reste passe par des cueilleurs indépendants ou des équipes intégrées. « Cette structure crée une dépendance économique forte : un cueilleur ne vend souvent qu’à un seul client, et un industriel ne compte qu’un à trois fournisseurs par plante en moyenne », note le cabinet. Autre point d’achoppement : un hiatus difficile à surmonter entre amont « qui hésite à investir tant que l’aval ne s’engage pas sur des volumes et un aval qui ne s’engage pas sur des volumes tant que l’amont n’est pas en mesure de les garantir ».
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Pour Stratys, le diagnostic demeure cependant rassurant à court terme : « À part quelques plantes bien identifiées (arnica, génépi…), les cueilleurs trouvent de façon fiable la soixantaine de plantes étudiées. En revanche, l’accès n’est ni stable ni prévisible : la variabilité de l’abondance et de la qualité est forte d’une campagne à l’autre, sous l’effet des aléas climatiques, des contaminations agricoles et de la déprise (enfrichement, perte des haies) ».
PG