« Le biogaz et le biométhane peuvent jouer un rôle » pour réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des combustibles fossiles importés dont les cours s’envolent, indique la Commission européenne dans une feuille de route présentée aux chefs d’États et de gouvernement. Les organisations agricoles de l’UE saluent ces déclarations.
La Commission européenne a présenté, le 22 avril, une feuille de route pour accélérer la transition de l’UE vers des sources d’énergie propres et locales, et ainsi réduire sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles importés dont les cours s’envolent dans le contexte de guerre au Moyen-Orient. Si la communication se concentre sur l’électrification, Bruxelles souligne que « le biogaz et le biométhane peuvent également jouer un rôle plus stratégique ». La production de biométhane dans les installations existantes pourrait être augmentée d’environ 10 % à 30 %, estime la Commission. Elle s’engage à continuer de soutenir « les projets de biogaz et de biométhane à l’échelle des exploitations agricoles et des coopératives, en veillant particulièrement à l’extension des installations existantes, à la réduction des obstacles liés aux autorisations et à l’amélioration du transport des matières premières durables entre les régions ». La Commission recensera aussi les capacités de raffinage existantes en Europe en vue, notamment, « d’accroître la production nationale de biocarburants durables de l’UE ». De plus, Bruxelles devrait présenter d’ici l’été un état des lieux des capacités européennes permettant de compléter le pétrole et le gaz comme matières premières pour la production de produits chimiques mais aussi d’engrais par des matériaux biosourcés, et identifier les obstacles à leur déploiement.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un premier pas, pour les organisations agricoles
Des propositions qu’ont saluées plusieurs organisations agricoles de l’UE. Le Copa-Cogeca (agriculteurs et coopératives), le Coceral (commerce de grains), ePure (bioéthanol), EBB (biodiesel), le CEFS (sucre), le Fediol (oléagineux), et la CIBE (betterave) demandent désormais, dans une déclaration commune, aux dirigeants européens d’aller plus loin en « reconnaissant les biocarburants comme un atout stratégique européen et en revoyant les limitations actuelles imposées aux biocarburants issus de cultures ». « Nous devons dépasser les politiques restrictives héritées du passé et adopter une stratégie en matière de biocarburants qui s’appuie sur la complémentarité entre alimentation et énergie », font-elles valoir. Même son de cloche du côté de Farm Europe pour qui « ces bonnes intentions ne doivent pas rester lettre morte ». Trois éléments sont essentiels selon le think tank bruxellois : « un cadre réglementaire stable et favorable qui supprime les lourdeurs administratives et les restrictions excessives à l’utilisation des biocarburants issus de cultures ; un environnement d’investissement à long terme qui offre aux agriculteurs et à l’industrie la visibilité nécessaire pour s’engager ; et une demande stable et garantie à long terme en bioénergie ».