La coopérative laitière s’inquiète d’une année 2026 déjà marquée par des volumes de lait abondants, des coûts de production en hausse et un contexte commercial peu favorable.
Près d’un mois après son assemblée générale du 10 juin, la coopérative Sodiaal a livré sa vision de 2025 et ses perspectives pour 2026. Son chiffre d’affaires 2025 a atteint 6,2 milliards d’euros, en progression de 8,7 % par rapport à 2024, selon les données de son dernier rapport intégré publié après son assemblée générale. En revanche, sa rentabilité mesurée par l’Ebitda a reculé de 7 % à 205,9 millions d’euros.
La coopérative a collecté 4,2 milliards de litres de lait en 2025, stable par rapport à 2024 (4,1 milliards de litres avaient été collectés), soit 20 % de la collecte nationale, auprès de 13 900 coopérateurs. Le prix du lait payé aux adhérents a été de 505 euros les 1 000 litres, toutes primes et résultat inclus, soit un niveau « historique », s’enthousiasme Jean-Michel Javelle, président de Sodiaal.
« Le démarrage réussi du partenariat avec Arla, illustré par les premières productions réalisées en 2025, une très bonne performance de la valorisation de la matière grasse, une croissance continue de la gamme Skyr, la dynamique des activités Ingrédients, particulièrement Bonilait, ainsi que le succès de l’intégration de Yoplait Liberté Canada ont contribué à ce résultat solide », estime Philippe Teisseire, directeur administratif et financier du groupe Sodiaal.
Situation instable
L’année 2025 s’est toutefois déroulée dans un environnement chahuté. « Le contexte économique et géopolitique ainsi que le retournement de la production laitière que nous enregistrons depuis fin août 2025, nous ramènent à une situation instable, challengeant notre trajectoire », relèvent Jean-Michel Javelle et le directeur général Antoine Collette.
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« L’exercice 2026 s’ouvre dans un contexte sensiblement plus difficile pour la coopérative, et en particulier pour ses éleveurs » à cause de la surproduction mondiale, amorcée au second semestre 2025, qui « continue de peser sur les marchés et les cotations. » La coopérative souligne « les pressions inflationnistes sur l’énergie, les intrants et la logistique » qui renchérissent des charges de production déjà élevées, auxquelles s’ajoutent les vagues de chaleur précoces.
À l’aval, la situation est aussi difficile. Sodiaal « a reçu une fin de non-recevoir de la part des enseignes opposées à une réouverture des épineuses négociations annuelles », selon le Figaro du 2 juillet, alors que la coopérative voulait revoir ses tarifs à cause de la hausse des emballages. « Les agriculteurs et notre coopérative ne peuvent pas encaisser l’ensemble de ces surcoûts. Il faut une responsabilité collective de toute la chaîne de valeur, y compris des consommateurs », plaide Antoine Collette.
CB