Au lieu de choisir entre animal et végétal, pourquoi ne pas allier les deux ? C’est la réflexion que s’est faite Luc Dongé, à la tête de la fromagerie familiale Dongé, à Triconville (Meuse), qui vient de lancer un produit hybride, nommé le Végé du fromager, à partir de lait de vache pasteurisé, de farine de féverole et de ferments lactiques. Ce dessert ultra-frais sera commercialisé auprès des fromagers et des commerces traditionnels où sont déjà diffusés les produits de Dongé. Pour ce lancement, la fromagerie s’est équipée d’un atelier d’une capacité actuelle de 5 000 pots par semaine, pouvant être augmentée par la suite, en fonction des commandes. Ce développement inclut les vingt-sept éleveurs qui livrent la fromagerie en lait et qui pourront cultiver de la féverole utilisée comme ingrédient dans les produits.
En lançant ce nouveau produit hybride, alliant les protéines animales (60 %) et végétales (40 %), Dongé entend répondre à plusieurs attentes : la demande des consommateurs « flexitariens » pour des produits incluant une part de protéines végétales et riches en protéines, la réduction de l’empreinte environnementale de la laiterie en agissant sur les émissions de gaz à effet de serre de l’amont (la féverole, comme légumineuse, fixe l’azote) et une rémunération supplémentaire pour les éleveurs qui cultiveront la féverole.
Le Végé du fromager est aussi un relais de croissance pour la PME familiale qui transforme chaque année 10 millions de litres de lait et a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Son produit phare est le brie de Meaux AOP, qui représente 1 000 tonnes sur les 1 200 tonnes de fromage produites chaque année par la société. Mais les ventes de brie de Meaux AOP stagnent, à l’image du marché de cette spécialité.
CB