La diminution du nombre d’agriculteurs devrait entraîner une réorganisation des organisations professionnelles agricoles, selon le sociologue François Purseigle. Il plaide notamment pour que l'on reprécise le rôle de chacune.
« Il faut repenser le périmètre des organisations professionnelles agricoles. Bon nombre de ces organisations se marchent sur les pieds », estime François Purseigle, professeur des universités en sociologie à l’Institut national polytechnique de Toulouse, le 2 mars. Il s’exprimait à l’occasion d’une rencontre sur le stand de La Ruche qui dit oui au Salon de l’agriculture. « Ces organisations datent de la fin du XIXe siècle et ont été peu rénovées depuis. Or, on n’accompagne pas une minorité comme une majorité », explique-t-il en revenant sur la diminution du nombre d’agriculteurs en France. Jérémy Decerle, vice-président des Jeunes agriculteurs fait le même constat, le 1er mars : « Il y a autant d’organisations professionnelles agricoles et de moins en moins de paysans. Le fait de les réorganiser, c’est indispensable, mais pas une priorité aujourd’hui. La priorité, c’est le prix. La réorganisation se fera dans un climat plus serein ». Pour François Purseigle, ces organisations mises en place par la profession sont une force et détiennent « une partie des solutions » à la crise. Pour autant, il faut « repréciser le rôle de chacune » tout en « n’assommant pas l’agriculteur de responsabilités », continue-t-il.
Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain
« Même s’il y a beaucoup de baronnies […], il ne faut pas vouloir tout jeter », conclut-il avant de revenir sur l’ampleur de la crise actuelle : « Elle est d’une ampleur inégalée car elle vient s’ajouter à une succession de crises. Et puis, au-delà de la crise économique, les agriculteurs sont remis en cause dans leur métier » par la société et gardent « une incertitude quant à la transmission de leur patrimoine ». Il constate aussi que les agriculteurs « s’émancipent de la tutelle de leurs organisations », notamment syndicales. « Ils sont aussi très ambivalents car ils en appellent aux pouvoirs publics et quand les pouvoirs publics font des propositions, ils les remettent en question ». Il note également que le syndicat majoritaire a « acté la disparition des gens qui ont joué le jeu et qui n’y arriveront pas », à l’inverse des dernières crises. « Si on veut des agriculteurs, il faut le vouloir », conclut-il en parlant des politiques mais aussi des agriculteurs eux-mêmes « parce que l’agriculteur, cela l’intéresse de manger son voisin ! ».