Système U est redevenu membre de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) depuis le 1er septembre, a indiqué l'enseigne le 28 août. Cette adhésion marque sa volonté de veiller « particulièrement au maintien des équilibres » entre fournisseurs et distributeurs, dans un contexte « fragilisé par la déflation et la guerre des prix ».
SYSTÈME U, qui exploite un réseau de 1 559 magasins en France, revient à la FCD, estimant y être plus efficace que lorsqu'il était isolé. Il compte y veiller « particulièrement au maintien des équilibres qui lient le commerce et ses partenaires, notamment les PME et le secteur agricole, dans un contexte fragilisé par la déflation et la guerre des prix ». À la FCD, Système U retrouve Carrefour, Casino, Auchan. Il avait quitté la FCD en décembre 2012, et précédemment fin 2004 pour créer une « maison commune des indépendants » avec Leclerc et Intermarché.
SYSTÈME U MISE SUR L'EFFICACITÉ DU TRAVAIL COLLECTIF
L'enseigne coopérative entend ainsi « participer au développement d'un dialogue constructif » avec les pouvoirs publics et l'ensemble des parties prenantes de ce secteur : fournisseurs et distributeurs. « Il nous a semblé que nous serons plus efficaces dans ces temps plus complexes en se rapprochant des autres enseignes, parce que nous partageons la même problématique », a commenté le 2 septembre Thierry Desouches, chargé des relations extérieures de Système U. Cette problématique, c'est cette fuite en avant par laquelle les enseignes se livrent une guerre des prix sur quelques centimes, au risque de fragiliser des filières de production, et donc, à terme l'emploi et le pouvoir d'achat durablement. La recherche du pouvoir d'achat est notre préoccupation, mais pour l'améliorer il faut des emplois. Un consommateur est aussi un salarié ».
Le retour de Système U dans la FCD est motivé par le constat qu'une enseigne ne peut pas grand chose à elle seule. Elle ne peut décider d'augmenter, par exemple le prix du litre de lait de 3 centimes au producteur ou au transformateur sans se nuire à elle-même. « Dans certains pays, des leaders de la grande distribution concluent des accords établissant une trêve, une sorte de paix des braves pour limiter les effets délétères de la guerre des prix », a assuré Thierry Desouches.
LES PRIX BAS NE MOTIVENT PLUS LES CONSOMMATEURS
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La baisse des prix pour la baisse des prix « est mortifère. À la FCD, nous partageons le même constat ». Georges Plassat, p.-d.g. du groupe Carrefour, a déclaré dans une interview au Figaro du 1er août : « Depuis la mutation progressive de l'industrie dans les années 1970, on a préféré soutenir le pouvoir d'achat par les prix bas plutôt que donner la priorité à l'emploi. Nous sommes au terme de cette politique infernale de croissance des volumes accompagnée d'une baisse des prix. Cela dure depuis trente ans et on finit par être vraiment à côté de la plaque ».
Serge Papin, président de Système U, a eu l'occasion de s'exprimer sur les conséquences de cette guerre des prix sur l'amont. « Ce n'est pas qu'une posture, nous continuerons à nous exprimer sur ce sujet », a promis Thierry Desouches.
Depuis peu, on constate une baisse des prix, mais aussi en même temps des volumes commercialisés. « Les prix bas ne motivent plus les consommateurs », a ajouté Thierry Desouches. Un exemple, cité par l'adjoint de Serge Papin : les clients achètent moins les grands pots de Nutella, et se contentent de plus petits formats, parce qu'ils font attention à leur consommation.
ASSURER LA PÉRENNITÉ D'UNE INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE
Mais ce qui préoccupe le plus Système U à long terme, c'est la pérennité d'une industrie agroalimentaire sur des gammes larges en France. Le risque est de se retrouver face à des demandes agroalimentaires non couvertes, avec des manques de production agricole et d'industrie dans des secteurs entiers. Un scénario comparable s'est produit dans le secteur du textile, où seuls ne subsistent que les articles de luxe, le reste étant délocalisé en Europe de l'Est, Afrique du Nord ou Asie. Déjà, Système U ne parvient pas à trouver de PME française fabriquant de la mayonnaise. « Nous aurons un problème de sourcing en lait et en viande », a alerté Thierry Desouches. L'enseigne a conscience que si les éleveurs français disparaissent, ses magasins n'auront plus d'autre choix que de s'approvisionner sur le marché mondial, avec ses aléas de prix et de qualité.