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On n’en finira pas de rechercher les responsabilités de ce qui se passe au Japon. Ce qui est sûr c’est que l’ampleur des dégâts est très largement la conséquence d’une forme d’urbanisation excessivement concentrée, y compris autour des activités industrielles à risque. Dès le XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau stigmatisait cette concentration, à propos du grand tremblement de terre de Lisbonne de 1755 : « convenez, par exemple, écrit le philosophe des Lumières (Lettre sur la Providence), que la nature n’avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville eussent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eût été beaucoup moindre ». S’il ne s’agit pas de prôner un retour en arrière, trop souvent politiquement marqué, Rousseau nous met en garde et souligne par avance les vertus d’un aménagement du territoire mieux mené. N’oublions pas que la France elle-même a durement souffert, parfois, de cette concentration débridée. On s’en souvient sans doute encore, à Nîmes ou à Vaison-la-Romaine où la colère de l’Ouvèze avait ravagé bien des habitants de ses zones inondables. Et bien sûr en Vendée après la tempête Xynthia.
Le monde agricole a une partie des réponses à ces défis : développement rural et meilleure répartition des emplois, circuits commerciaux plus courts, exploitation de la biomasse, du solaire et de l’éolien pour venir en remplacement partiel du pétrole et du nucléaire, etc.
Ceux qui affirment que le drame japonais ne doit pas inciter à faire évoluer les politiques de l’énergie et de l’urbanisation, se font de grandes illusions. Et bercent d’illusions, aussi, leurs compatriotes. Ils pourraient utilement lire Jean-Jacques Rousseau et puiser des idées et des ressources dans les activités agricoles du pays.
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