Le château Croque-Michotte, grand cru classé jusqu’en 1996, a annoncé le 7 juin son retrait du prestigieux classement décennal des vins de Saint-Emilion, rejoignant plusieurs grands noms de l’appellation bordelaise qui ont rejeté ce palmarès dont la nouvelle mouture est prévue pour septembre. L’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité), l’entité en charge du classement, « s’est enferré dans les erreurs d’il y a dix ans : c’est un classement des sociétés et pas un classement des vins, à destination des investisseurs et pas des consommateurs », a dénoncé à l’AFP Lucile Carle, gérante adjointe de Croque-Michotte, un château qui avait déjà demandé, sans succès à ce jour, l’annulation du palmarès 2012 devant la justice administrative. Ce prestigieux classement, révisable tous les dix ans, garantit d’importantes retombées commerciales, financières et médiatiques aux châteaux primés mais est de plus en plus contesté, notamment devant la justice, pour ses critères de sélection, accusés d’accorder trop de place à des « éléments secondaires » (notoriété, accueil du public…) au détriment des « fondamentaux » (terroir, dégustation…). Pour ces raisons, plusieurs poids lourds historiques de l’appellation Saint-Emilion : les châteaux Ausone, Cheval-Blanc, Château Angélus, puis La Gaffelière, ont déjà annoncé qu’ils ne postuleraient pas au prochain palmarès.
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