Les militants syndicaux et associatifs rejugés en appel, le 27 mai à Poitiers, pour l’organisation de la manifestation de 2023 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) ont dénoncé un « procès politique ». « On nous met devant les tribunaux pour terrifier et faire taire les mouvements », a déclaré Benoît Feuillu, porte-parole des Soulèvements de la Terre, en conférence de presse avant l’ouverture du procès. Ce militant écologiste avait été condamné en première instance à trois mois de prison avec sursis, pour avoir organisé une manifestation, interdite par les autorités, le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, avec d’autres prévenus membres du collectif Bassines non merci (BNM) et de la Confédération paysanne. Parmi les prévenus figurait également Julien Le Guet, porte-parole de BNM, condamné à six mois de prison avec sursis.
Ce rassemblement de plusieurs milliers de personnes s’opposait à la construction d’une vaste réserve d’eau dédiée à l’irrigation agricole. Il avait donné lieu à de violents affrontements avec les forces de l’ordre, au cours desquels des dizaines de personnes avaient été blessées, dont deux opposants plongés plusieurs semaines dans le coma. L’enquête sur ces violences a été classée sans suite fin 2025 ; le parquet de Rennes estimant n’avoir pu identifier les auteurs de tirs de grenades illicites, malgré le visionnage de milliers de vidéos. Le collectif BNM dénonce une enquête « bâclée » et réclame que « toute la lumière soit faite sur les responsabilités de cette violence d’État », alors que Mediapart et Libération ont affirmé avoir retrouvé le gendarme responsable du « tir tendu », dangereux et interdit, qui avait grièvement blessé l’une des victimes placées dans le coma.