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Sécheresse : « Pas de situation bancaire tendue »

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Les effets de la sécheresse ne se font pas encore sentir dans les comptabilités des agriculteurs, rapporte Sébastien Prin, directeur de la Fédération du Crédit mutuel agricole et rural. Attention toutefois aux prochains mois, avec des achats de fourrages potentiellement importants et onéreux, et des taux d’intérêt à la hausse.

La sécheresse se voit-elle sur les comptes bancaires des agriculteurs ?

Nous n’observons pas pour l’instant de situation bancaire tendue. Les cours des produits agricoles sont hauts dans leur ensemble. Il y aura des avances Pac en octobre. Mais il convient d’anticiper, car les éleveurs pourraient tout de même avoir des difficultés à s’approvisionner en fourrages durant l’hiver. D’autant que les prix sont inhabituellement hauts sur ce marché. Cela dépendra aussi d’éventuelles repousses à l’automne. Avec les événements que nous connaissons, les repères économiques sont un peu bouleversés, il faut que chacun réajuste ses indicateurs. La consigne donnée au sein de notre réseau est d’être proactifs, d’étudier avec nos clients leur situation et de rechercher l’accompagnement qui sera adapté. Cela se fera au cas par cas.

L’élevage de bovins connaît une décapitalisation, qui a démarré avant la sécheresse. Observez-vous davantage d’abandons qu’habituellement ?

Nous avons les mêmes informations. Le secteur bovin allaitant est plus touché qu’en lait. Cela rejoint un problème majeur en agriculture : la pyramide des âges. Nous devons réussir à accompagner les filières sans déséquilibrer les potentiels de production. Cela passe par l’installation, l’attractivité des métiers.

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Quelles vont être les conséquences de la hausse des taux d’intérêt bancaires sur les prochains mois ?

Les indicateurs économiques sont bouleversés, y compris pour les taux d’intérêt. Cela ne dépend pas de nous, mais du coût de l’argent proposé par les marchés interbancaires et la Banque centrale européenne, qui dépend lui-même d’une économie chamboulée par les récents évènements (covid, guerre en Ukraine). On parle aujourd’hui d’une inflation à 6 %, donc les taux d’intérêt s’ajustent. Il faut que chaque agriculteur en tienne compte dans ses investissements. Par ailleurs, en cas de remontée brutale des taux, comme c’est le cas actuellement, les réseaux bancaires peuvent être mis en porte-à-faux sur les propositions commerciales émises ces derniers mois mais non signées.

Par rapport au reste de l’Europe qui subit les mêmes évolutions économiques, la Ferme France conserve un atout, c’est d’avoir un système bancaire efficace, qui propose des taux plutôt favorables, par rapport à l’Allemagne par exemple. Et qui repose sur un système mutualiste très proche des territoires.

Hausse des taux d’intérêt : « Il faut que chaque agriculteur en tienne compte »