Abonné
La rumeur circulait depuis quelques semaines. Lactalis et Sodiaal ont finalement choisi de la confirmer : les deux groupes sont désormais officiellement les deux seuls candidats à la reprise d’Entremont. Les modalités de cette éventuelle cession à l’un des deux intervenants restent encore à préciser.
Avec 19 millions de pertes accumulées au cours du premier trimestre 2009 (contre un résultat net positif de 32,6 millions d’euros en 2007) et 375 millions d’euros d’endettement, Entremont Alliance a de quoi faire peur aux éventuels repreneurs. Aucun groupe étranger n’a d’ailleurs voulu s’y risquer. Lactalis et Sodiaal sont tout de même intéressés par cette reprise, car le groupe a de nombreux atouts, notamment ses outils industriels. « Nous sommes intéressés par ce dossier », nous confirme Luc Morelon, directeur de la communication du groupe Lactalis. « Cette acquisition nous permettrait de réaliser de nombreuses synergies industrielles », ajoute-t-il. Une perspective qui crée l’inquiétude chez les syndicats d’Entremont, qui craignent que l’ensemble ainsi constitué soit en position de monopole pour la collecte de lait en Bretagne. A eux deux, Lactalis et Entremont ne collectent pourtant que 45 % de la production laitière. « Nous ne serions pas du tout en situation de monopole », assure Luc Morelon, qui rappelle que « Arla Foods collecte 95 % de la production laitière au Danemark et Friesland Campina 85 % de la production hollandaise ».
Pas de synergies commerciales
Difficile de prévoir pour le moment ce que les deux groupes comptent faire en cas d’acquisition. « Notre but n’est pas de réaliser des synergies commerciales », prévient déjà Luc Morelon. Sodiaal, qui est associé à Entremont Alliance dans les joint-ventures Beuralia (matières grasses) et Nutribio (laits infantiles et ingrédients), assure souhaiter garder la marque Entremont. « Cette acquisition nous permettrait de redimensionner significativement le groupe Sodiaal et d’accentuer notre approche multi activité », souligne Jacques Caillaud, directeur de la communication de Sodiaal. Le chiffre d’affaires du groupe ainsi formé dépasserait les 4 milliards d’euros et une collecte de 5 milliards de litres, soit environ 20 % de la collecte de lait française. « C’est Sodiaal qui reprendrait Entremont, et non pas Sodiaal-Bongrain », précise Jacques Caillaud. Quoi qu’il en soit, Lactalis et Sodiaal doivent attendre une position claire des actionnaires d’Entremont, Albert Frère (63,5 %) et la coopérative bretonne Unicopa (33,5 %), qui n’ont pour le moment pas mis en vente officiellement l’entreprise. Lors de la réunion du Ciri du 16 juillet, les banques ont accordé un sursis de deux mois à Entremont pour trouver une solution.