Dairy Crest a finalement conclu « un accord de principe » pour la vente de sa filiale française de margarine St Hubert au fonds Montagu Private Equity pour la somme de 344 millions de livres (430 millions d’euros), payables au comptant.
Cette vente fait suite à l’annonce faite le 9 mars 2012 par le groupe britannique de procéder « à une analyse stratégique » de la situation de St Hubert. De nombreux acheteurs potentiels s’étant manifestés, il a été décidé de s’en séparer. Le leader français de la margarine avait été achetée par Dairy Crest en janvier 2007 pour (environ, dixit le communiqué) 370 millions d’euros (248 millions de livres). Depuis cette date, Dairy Crest a fait progresser le chiffre d’affaires et l’Ebit (bénéfice avant les charges et les produits d’intérêt ainsi que les impôts), respectivement de 35% et 45%. Cette acquisition a été un succès pour le groupe britannique qui estime toutefois qu’il n’a pas pu réaliser d’autres acquisitions en Europe offrant une synergie avec St Hubert, comme espéré lors de son achat. Dès lors, la séparation est ce qui offre une meilleure opportunité pour les actionnaires, poursuit le communiqué. La transaction doit maintenant être soumise aux organisations représentatives du personnel en France et recevoir l’aval des autorités françaises de la concurrence puis des actionnaires de Dairy Crest.
Un fonds peu présent dans l’alimentaire
L’accord exclusif signé avec Montagu Private Equity expirera au 30 septembre 2012, mais Dairy Crest estime que ce délai pourra être tenu. Le capital de St Hubert sera alors cédé à Brassica Acquisition SAS, société spécialement créée à cet effet, par Montagu et ses dirigeants. Avec ce rachat, Montagu, qui gère plus de 4,7 milliards d’actifs, veut créer un groupe plus important. Son président se dit ainsi « prêt à soutenir les plans de développement de St Hubert, y compris par voie d’acquisitions en France et à l’étranger ». Le fonds est peu représenté dans l’agroalimentaire. Son portefeuille n’en possède aucune à l’heure actuelle, étant présent dans les télécommunications, le traitement des déchets, la santé ou la logistique. En France, il a été présent autrefois chez Legrand (composants électriques), Picard (surgelés), ou Kalle (alimentation et boissons). Il l’est encore chez Turf Editions (media), BSN Medical (santé) et Host Europe (hébergement informatique d’entreprises).
Saint Hubert, qui fut autrefois présidé par François Guillaume, ancien président de la FNSEA et ex-ministre de l’Agriculture, est le créateur du Saint-Hubert 41, un produit qui a ouvert la voie au « beurre » allégé. L’équipe de management, menée par Patrick Cahuzac continuera de mener les opérations. Pour l’exercice clos le 31 mars, St Hubert a dégagé un EBITDA de 48,1 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de plus de 130 millions d’euros et une production annuelle d’environ 35000 tonnes. Née il y a plus de 100 ans, St Hubert, basé à Rungis (Val-de-Marne), emploie plus de 200 personnes. St Hubert est numéro deux de la margarine en France avec une part de marché de 39% en valeurs (à mars 2012). La société exploite les marques St Hubert Oméga 3, St Hubert 41, St Hubert 5 Céréales, St Hubert BIO, St Hubert Oméga 3 Spécialité Culinaire et Le Fleurier en France. La société opère en Italie sous la marque Valle et détient 62% du marché en valeur.
Désendettement et acquisitions pour Dairy Crest
Le montant de la vente sera affecté au désendettement du groupe, sans que cela ne soit une urgence, Dairy Crest souhaitant se réserver une certaine « flexibilité ». Le communiqué précise que le groupe entend demeurer un groupe laitier et se concentrer « entièrement sur le marché du Royaume Uni » en s’appuyant sur ses marques phares Cathedral City, Country Life, Clover et Frijj. Son objectif est de restaurer la rentabilité de ses activités laitières pour atteindre un « niveau satisfaisant de profitabilité à moyen terme ». Dans quelques mois, Dairy Crest « étudiera plusieurs options, prenant en compte l’intérêt bien compris des actionnaires ». Parmi celles-ci, selon Mark Allen, directeur général, « des acquisitions offrant des synergies, mais respectant des critères financiers stricts et offrant une réelle valeur ajoutée pour nos actionnaires ». C’est la troisième opération d’envergure pour l’industrie laitière britannique cette année, après la reprise de Robert Wiseman Dairies par l’allemand Theo Muller et la fusion de Milk Link avec le scandinave Arla Food.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.