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Sur les marchés de plein vent, des places convoitées

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« Les marchés physiques sont le premier circuit de vente investi par les producteurs en vente directe, explique Françoise Morizot-Braud, directrice du Centre d’étude et de ressources sur la diversification (CERD). Mais ils ne sont pas toujours faciles d’accès. »

Les producteurs représenteraient quelque 16 % des emplacements des 10 000 marchés de plein vent français, a estimé le cabinet de conseil Obea en 2016. Le code rural demande de leur réserver au moins 10 % des emplacements. Dans les faits, de nombreuses communes seraient dans l’illégalité. « Il est souvent préféré aux producteurs des revendeurs, observe Yuna Chiffoleau, directrice de recherche en sociologie économique à Inrae. Leur offre est plus stable dans le temps et cela évite le mitage car, par exemple, un producteur touché par la grêle ne pourra venir vendre ses produits le lendemain. »

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La concurrence entre producteurs pour trouver une place sur un marché est également un frein à l’accès à un étal. « Je connais des producteurs qui ont mis quatre ans avant d’être fixés sur un emplacement », illustre Jonathan Chabert, maraîcher en vente directe dans les Côtes-d’Armor et membre du bureau de la Confédération paysanne départementale. « La vague d’installation massive en maraîchage en circuits courts a créé une forme de saturation », explique-t-il prenant en exemple les villes bretonnes de Rennes, Saint-Brieuc ou encore Dinan où il est de plus en plus compliqué d’obtenir un emplacement sur les marchés.

Pour prévenir ses difficultés et favoriser les producteurs aux revendeurs, parfois de produits d’importation, des mairies ont pris les devants. À Paris, les producteurs sont prioritaires. À Rennes, les producteurs saisonniers ont un emplacement fixe. Car là réside aussi une difficulté. Les nouveaux venus sur un marché n’ont pas d’emplacement fixe. Pas simple alors d’établir sa clientèle.

« La vague d’installation massive en circuits courts à créer une forme de saturation »