Abonné

Céréales Suspension de la jachère face à des risques « potentiellement graves »

- - 3 min

Bruxelles fait tout pour inciter les agriculteurs à remettre rapidement en culture les terres soumises au gel obligatoire. Elle propose de laisser les exploitations percevoir à la fois l’aide à la mise en jachère et engranger le bénéfice des récoltes réalisées en 2008 sur les mêmes terres. Par ailleurs, les Etats membres et la Commission de Bruxelles ont demandé aux députés européens d’examiner en urgence le projet de suspension d’une année de la mise en jachère obligatoire.

La Commission de Bruxelles, les Etats membres et les députés européens sont résolus à agir vite pour que les agriculteurs puissent prendre en compte, dès à présent, la décision de fixer à 0 %, pour les semis de l’automne 2007 et du printemps 2008, le taux de jachère obligatoire dans la Communauté. La commission agriculture de l’Assemblée de Strasbourg doit examiner la proposition le 24 septembre de telle sorte que l’avis du Parlement puisse être adopté dès le surlendemain. L’accord final des Etats membres pourra alors intervenir le 26 septembre, lors du Conseil agricole, à Bruxelles.

Double bénéfice pour les agriculteurs

Les pouvoirs publics espèrent que cette mesure permettra aux agriculteurs de remettre en culture une large partie des 3,8 millions d’hectares de terres soumises jusqu’à présent au gel obligatoire. Les estimations de la Commission tablent sur un gain de l’ordre de 1,6 à 2,9 millions d’hectares pour les surfaces céréalières de la Communauté l’an prochain. Cela équivaudrait à un surplus de production évalué entre 10 et 17 millions de tonnes.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La Commission ne parie donc pas sur la remise en jachère de l’ensemble des terres gelées actuellement. Mais elle compte bien faire tout ce qu’elle peut pour inciter les exploitations à utiliser cette possibilité. Les agriculteurs pourront ensemencer leurs terres et en tirer des bénéfices de production sans que la partie liée à la jachère soit retirée du paiement unique.

« Extension de la crise »

Bruxelles redoute maintenant une « extension de la crise à d’autres secteurs ». Le marché des céréales connaît, en ce début de campagne de commercialisation 2007/08, des prix exceptionnellement élevés, constate-t-elle. Selon ses analyses, « même si la récolte 2008 se situait dans la norme, les stocks n’augmenteraient pas de manière significative ». Plus grave : « Une mauvaise récolte exposerait le marché intérieur à des risques potentiellement graves », prévient-elle, car, ajoute-t-elle, « les prix et les stocks céréaliers ont une incidence importante sur la disponibilité et le prix d’autres cultures arables, comme les oléagineux ou les protéagineux, ainsi que sur le secteur de l’élevage ».