La cour d'appel d'Amiens (Somme) a infirmé le 7 mai un jugement en première instance de janvier 2018 des prud'hommes de Saint-Quentin (Aisne) et condamné Tereos à verser 881 000 euros de dommages-intérêts à Philippe Roux, selon l'arrêt révélée par l'agence Bloomberg et dont l'AFP a obtenu copie. Le groupe sucrier a annoncé le 15 mai à l'AFP qu'il allait se pourvoir en cassation.
Arrivé en août 2016 à la direction générale de Tereos Roumanie, Philippe Roux avait été licencié pour faute grave en janvier 2017. Il avait fait part à la direction du groupe de soupçons de corruption au sein de cette filiale, ainsi que des carences en matière de sécurité, révélées notamment lors d'un accident du travail sur le site. La direction du groupe reprochait à Philippe Roux une tentative de chantage, en ce qu'il aurait menacé de révéler à l'extérieur ces éléments si Tereos ne lui versait pas d'indemnités en cas de rupture de contrat. Ce cadre dirigeant, lui, affirmait qu'il n'a été licencié que "pour sanctionner et neutraliser son rôle de lanceur d'alerte".
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Dans son arrêt, la cour considère que la position de Philippe Roux "ne saurait caractériser un abus de la liberté d'expression du salarié (...) dès lors que les faits dénoncés reposent sur des éléments précis, objectifs, corroborés par les premières investigations et audits et non infirmés par les pièces versées aux débats par la société". La 5e chambre prud'homale d'Amiens estime ainsi que les hauts dirigeants de Tereos "manquent manifestement d'impartialité" dans leur motivation de licenciement.