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DISTRIBUTION/RÉSULTAT Tesco reconnaît une erreur de 300 millions d'euros dans ses comptes

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> Le géant britannique Tesco a reconnu le 22 septembre une erreur équivalente à plus de 300 millions d'euros dans ses comptes et suspendu quatre hauts dirigeants, trois semaines après l'arrivée d'un nouveau directeur général chargé de relancer la chaîne de supermarchés en difficulté.

JUSTE avant la publication de ses résultats semestriels prévue le 1er octobre, « Tesco a découvert que ses profits attendus pour le semestre (mars à août) avaient été surestimés, à cause de revenus considérés comme plus élevés et du report de coûts », a expliqué le groupe dans un communiqué le 22 septembre. L'entreprise a estimé à 250 millions de livres (317 millions d'euros) la somme de profits indûment attendue, publiant ainsi son troisième avertissement sur résultat en à peine deux mois. Le numéro trois mondial de la distribution, derrière l'américain Walmart et le français Carrefour, prévoyait jusque-là que son bénéfice semestriel atteindrait quelque 1,1 milliard de livres (1,4 milliard d'euros). La découverte de cette erreur comptable l'a poussé lundi à reporter la publication de ses résultats semestriels au 23 octobre. Le conseil d'administration de Tesco a chargé le cabinet Deloitte de passer en revue ses comptes de façon à déterminer s'il y a eu des irrégularités. Quatre « hauts dirigeants » de l'entreprise ont d'ores et déjà été mis à pied, le temps que cette enquête soit bouclée, a précisé un porte-parole de Tesco à l'AFP.

SUCCESSION D'AVERTISSEMENTS SUR RÉSULTATS

Ancien responsable du géant anglo-néerlandais Unilever, David Lewis a pris ses fonctions le 1er septembre, pour remplacer à la tête du groupe Philip Clarke, un ancien de la maison Tesco poussé à la démission à cause des mauvais résultats de la chaîne. Alan Stewart, nouveau directeur financier venu de chez Marks & Spencer, a lui aussi pris ses fonctions plus tôt que prévu, le 25 septembre. Le géant britannique souffre particulièrement à domicile, où il subit la concurrence féroce des enseignes allemandes de maxidiscompte, Aldi et Lidl, vers lesquelles se tournent de plus en plus les consommateurs au Royaume-Uni.

Pour rebondir, Tesco avait misé ces derniers mois sur la croissance en Chine et en Inde, où il s'est allié respectivement à CRE et Tata, avant de reconnaître fin juillet que le marché était globalement encore « moins porteur » qu'estimé auparavant. Il avait alors prévenu que ses résultats semestriels seraient « inférieurs aux attentes », avant de sabrer fin août de 75% son dividende pour cette période. Tesco avait dans la foulée prévu que son bénéfice d'exploitation annuel fondrait à quelque 2,4-2,5 milliards de livres (3-3,15 milliards d'euros) pour l'ensemble de l'année, soit une baisse d'un quart sur un an.

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PERTE DE CONFIANCE DES INVESTISSEURS

« Les mauvaises nouvelles empirent. Non seulement les prévisions sont moins bonnes mais la direction est perçue comme incompétente dans sa manière de publier ses comptes », a réagi lundi David White, courtier chez Spreadex. « Le groupe a surestimé ses profits de l'équivalent de 10% de leur montant annuel, ce qui crée des inquiétudes considérables quant à la validité de l'ensemble de ses comptes », a relevé Rebecca O'Keeffe, d'Interactive Investor.

Le nouveau plongeon subi le 22 septembre par l'action Tesco (-11,59 %) a porté son effondrement à 37% depuis le début de l'année. L'action continuait de chuter le 23 septembre.