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Charcuterie/Stratégie Triskel digère son développement

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Après avoir investi fortement, la PME lorientaise Triskel s’adapte aux marchés de premiers prix.

La charcuterie industrielle Triskel (Lorient, Morbihan) va faire une pause dans son développement pour « digérer » la forte progression de son activité depuis deux ans, et mettre la dernière main à son organisation, selon son directeur, Mickaël le Gay.

De 2 000 tonnes et 8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2002, Triskel a tout simplement doublé son activité en 2004 après avoir injecté pas moins de 2 millions d’euros pour étendre ses process.

La vieille charcuterie industrielle créée en 1898, actuellement propriété de Jean-François le Coustumer a désormais sur le métier l’informatisation pour mettre en réseau les chaînes de fabrication et la préparation de commande.

Trois pôles au LS comme à la coupe

Depuis la fin des années 1990, Triskel a littéralement changé de dimension. Un événement majeur l’a incité, malgré elle, à s’engager dans cette voie. Alors qu’elle réalisait 30 % de ses ventes dans les tripes, leur consommation s’était littéralement effondrée au moment de la première crise de la vache folle (1999). « Nous avons failli passer l’arme à gauche », dit sans rire Mickaël le Gay. En l’espace de quelques mois, Triskel abandonne ce produit sinistré et développe les boudins blanc et noir. Surtout, l’actionnaire familial fait le choix de l’investissement. Il agrandit considérablement ses deux outils de production, situés à Lorient et Baud (Morbihan) pour tous les produits d’andouille. Développe le conditionnement pour se positionner en libre-service, et prospecte avec succès pour travailler sous marques de distributeurs (20 % du CA aujourd’hui). Triskel, avec 135 personnes contre 70 il y a deux ans, répartit aujourd’hui ses volumes en trois pôles : andouilles et andouillettes, boudins noir et blanc, produits crus de cochonnaille (jarrets, poitrine, carrés de côtes, etc.) qu’il commercialise à 60 % en LS et 40 % au rayon à la coupe.

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« C’était exactement l’inverse, il y a deux ans », souligne Mickaël le Gay. L’opérateur s’est adapté en répondant aussi aux marchés en premier prix, débouché qui représente désormais entre 15 et 20 % de ses ventes. Il propose 110 références à ses clients, dont encore plus de la moitié des ventes à la marque maison, « Triskel ».

Si sa taille et sa souplesse font aujourd’hui sa force, la progression des marques de distributeurs et surtout des premiers prix rogne ses marges. La solution pour se distinguer sur un marché fortement concurrentiel réside donc dans son potentiel d’innovation. Triskel réfléchit à de nouveaux produits actuellement, indique M. Le Gay.

Elle dispose d’une marge de développement de 1 000 tonnes avant de saturer totalement son outil entièrement reformaté depuis deux ans. Dans un secteur fragile, ce gisement de croissance semble bien être une marge de manœuvre.