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Les députés qui ont voté la loi cherchent à la rendre applicable, en pressant les professionnels de collaborer au travail de la CEPC, a montré l’audition parlementaire organisée le 8 juillet par la commission économique de l’Assemblée. « La CEPC n’est pas une juridiction. Elle cherche à ce que les acteurs aient une lecture commune de la loi. Nous voulons travailler en totale transparence », a précisé Jean-Paul Charié.
Jérôme Bédier a indiqué que sa profession « souhaite une bonne application de la LME, mais à certaines conditions : nous voulons éviter à tout prix que les débats publics ne viennent parasiter les sujets juridiques ».
Cette requête du président de la FCD a suscité une vive réaction des parlementaires : de ceux qui ont voté la loi, mais plus encore de ceux qui ne l’ont pas votée. « Quand vous dites “laissez-nous travailler à l’abri des débats publics”, nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette demande. Nous avons à répondre, en tant qu’élus, à tous ceux qui nous interrogent sur les difficultés économiques des producteurs, des transformateurs et des consommateurs », a répliqué Serge Poignant, député UMP de Loire Atlantique et vice-président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée.
Voulant couper court aux critiques, le représentant des enseignes de distribution s’est exclamé : « Je constate que le procès de la grande distribution est de nouveau instruit ». Mais Patrick Ollier lui a lancé un ultime appel à la transparence : « S’il vous plaît, évitez les mots qui compliquent les choses. Les parlementaires veulent des réponses à leurs questions. Ce n’est pas le procès de la grande distribution. Ne nous obligez pas à revoir la loi ».