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Viande bovine : forte progression des importations de l’UE

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Pour compenser son déficit de viande bovine, l’Europe augmente ses importations en provenance des pays tiers. Des progressions à deux chiffres en 2025 et début 2026, alors que l’accord UE-Mercosur n’était pas encore en vigueur.

Dans un contexte de décapitalisation en Europe, les importations de viande bovine en provenance des pays tiers ont fortement progressé en 2025, et cette hausse s’est poursuivie début 2026, indique l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du 28 mai. Selon l’institut français, qui cite les chiffres d’Eurostat, ces volumes ont augmenté de 18 % en 2025, à 459 000 téc. Sur les deux premiers mois de 2026, alors que l’accord UE-Mercosur n’était pas encore en vigueur, « cette percée se poursuivait » : l’Europe a importé 71 000 téc de viande bovine réfrigérée et congelée sur la période (+ 25 % sur un an). Un fait marquant résume cette dynamique : au premier trimestre, le Brésil est devenu le premier fournisseur de l’Italie, détrônant la Pologne et la France, comme le soulignent Les Marchés (groupe Réussir). Et la part de viandes importées dans la consommation européenne progresse (7,4 % en 2025, contre 6,1 % l’année précédente).

De son côté, au premier trimestre 2026, la France a aussi vu augmenter ses importations en provenance des pays tiers : + 7 % pour le Royaume-Uni et + 37 % pour les autres origines (« principalement de l’Uruguay […], les provenances Brésil et Argentine étant en recul », précise l’Idele). Toutefois, l’écrasante majorité des imports français proviennent de ses voisins européens. Dans leur globalité, les volumes importés par l’Hexagone reculent de 2 % en 2025 et de 1 % au premier trimestre 2026, reflétant surtout le manque d’offre en Europe.

Exportations françaises en berne

Dans l’autre sens, les exportations françaises de viande bovine « ont subi un revers de 11 % » au premier trimestre 2026, toujours selon l’Idele. Principale explication, d’après l’institut technique : la viande de jeunes bovins (JB) – environ la moitié des exportations françaises – est « moins bien positionnée à l’export [en termes de prix] depuis mi-octobre comparée à certaines origines européennes ».

Le marché européen du JB est « sous pression », explique l’Idele, car « les prix élevés et la réduction du pouvoir d’achat liée à la flambée des prix de l’énergie freinent la demande ». De quoi accroître l’actuelle baisse saisonnière des cours, surtout dans le contexte d’une concurrence accrue avec les importations des pays tiers. Enfin, l’export en vif, spécialité française, recule aussi lourdement début 2026. En baisse depuis plusieurs années, les envois de broutards ont enregistré une chute de 15 % au premier trimestre 2026, « avec seulement 261 000 têtes envoyées », selon l’Idele.

YG

Le Brésil devient le premier fournisseur de l’Italie, devant la Pologne et la France