Boulangerie : le britannique AB Foods rachète son compatriote Hovis
Le groupe Associated British Foods (AB Foods) a annoncé le 15 août le rachat du boulanger industriel Hovis, ce qui pourrait le propulser à la deuxième place du secteur outre-Manche. Une transaction qui doit encore être validée par l’autorité britannique de la concurrence. Le montant de l’opération n’est pas précisé, mais Reuters avance le chiffre de 75 M£, soit 87 M€ (article payant). Ces dernières années, la rentabilité d’Allied Bakeries (filiale d’AB Foods) a souffert notamment du « déclin de la demande pour les pains prétranchés et emballés », selon un communiqué. Selon sa page LinkedIn, Hovis emploie plus de 2 800 salariés dans huit sites de production, un moulin et deux plateformes logistiques. Quant au groupe AB Foods – qui comprend la marque d’habillement Primark –, il a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de plus de 20 Md£ (23 Md€) et emploie 138 000 collaborateurs dans le monde. Selon Reuters, sa filiale Allied Bakeries (marque Kingsmill) détient 6 % du marché britannique du pain tranché et emballé (hors MDD), contre 18 % pour Hovis et 28 % pour Warburtons, n°1 du secteur. AB Foods est notamment présent dans l’agroalimentaire, la filière sucre-éthanol-biocarburants, les ingrédients et levures, l’alimentation animale ou encore le lait.
Bioéthanol : au Royaume-Uni, aucune aide pour l’industrie secouée par l’accord avec Trump
Le gouvernement britannique n'apportera aucune aide financière à l'industrie du bioéthanol, a-t-il déclaré le 15 août, refusant d’apporter des compensations à l'accord tarifaire conclu avec le président américain Donald Trump. En vertu de l'accord, les droits de douane de 19 % du Royaume-Uni sur l'éthanol américain ont été réduits à zéro, grâce à un quota de 1,4 milliard de litres, soit l'équivalent de la taille du marché britannique de l'éthanol, indique l’agence Reuters. Le pays compte deux grandes usines de bioéthanol au nord de l'Angleterre : l’unité Vivergo d'AB Foods et celle d’Ensus, propriété du groupe allemand Südzucker, qui représentent la quasi-totalité de ses capacités. AB Foods, qui avait annoncé en juin la fermeture de Vivergo à moins que le gouvernement n'intervienne avec un plan d'aide, a mis le 15 août sa menace à exécution, la production de bioéthanol et d'aliments pour animaux devant cesser d'ici à la fin du mois. L'usine d'Ensus se distingue par la fabrication de dioxyde de carbone, utilisé notamment pour les boissons gazeuses, le nucléaire et les hôpitaux. Grant Pearson, président de la filiale, a déclaré que le gouvernement étudiait différentes options pour garantir un approvisionnement continu en dioxyde de carbone provenant de son usine, selon Reuters.
Moissons : la coopérative sudiste Arterris satisfaite d’une collecte en hausse de 11 %
La coopérative Arterris, basée à Castelnaudary (Aude), a dressé le 19 août un bilan « globalement positif » de la moisson, affichant une collecte de 480 000 t de grains (+11 % par rapport à 2024). « Si les rendements et la qualité sont globalement au rendez-vous pour le blé tendre et l’orge, le blé dur accuse quant à lui un léger recul, tandis que les cultures de colza et de protéagineux se montrent plus décevantes », selon un communiqué. En blé dur, un recul des surfaces explique la baisse des volumes, malgré des rendements proches de la moyenne. Des taux de protéines un peu faibles sont relevés, même constat pour ce qui est des poids spécifiques (PS). En blé tendre, la collecte est bonne grâce à des surfaces plus importantes et des rendements satisfaisants. Les PS sont « historiquement élevés ». En orge, les volumes et la qualité sont au rendez-vous, après trois campagnes marquées par des PS faibles. Côté protéagineux, les fortes chaleurs et le manque d’eau se traduisent par des rendements inférieurs à la moyenne. Déception aussi avec le colza, pénalisé dès les semis. Arterris exprime par ailleurs son inquiétude pour les récoltes à venir de maïs, tournesol et sorgho, victimes de la sécheresse.
Grains : au Brésil, le négociant Agribrasil cédé à un fonds souverain omanais (presse)
Le négociant en grains Agribrasil est repris par un fonds souverain omanais, a-t-il indiqué le 29 juillet sur son site internet, confirmant une dépêche de Reuters. D’après le communiqué transmis à l’agence de presse, son fondateur Frederico Humberg a accepté de céder le contrôle de l’entreprise brésilienne au chiffre d’affaires de 576 millions de dollars. L'acquéreur est ME Solaris Commodities Holding, détenu par le fonds souverain omanais. C’est un des grands acteurs mondiaux du négoce céréalier, membre du top 10, soulignent nos confrères de La Dépêche - le petit meunier. ME Solaris traite chaque année environ 15 millions de tonnes de grains, notamment du blé. Il prend désormais pied au Brésil. Le rachat d’Agribrasil comprend sa participation de 51 % dans le terminal céréalier TESC. Situé au sud du Brésil, ce dernier est considéré comme le septième port de marchandises du pays, avec un canal d’accès à la mer de 9,3 miles (150 m de large et 13 m de tirant d’eau), selon La Dépêche. Solaris s’implante ainsi sur le marché brésilien du maïs et du soja, OGM et non-OGM, avec des sites dans plusieurs États : Mato Grosso, Paraná, Bahia, Pará, Goiás et Rio Grande do Sul. Agribrasil est également présent dans tous les grands points d’exportations du Brésil.
Poulet : après l’influenza, le brésilien BRF espère reprendre rapidement l’export vers l’UE
Alors que le Brésil a retrouvé son statut « indemne » d’influenza aviaire en juin, le groupe BRF espère reprendre ses exportations de viande de poulet vers l’Europe et la Chine « dans les jours ou semaines qui viennent », a-t-il annoncé le 15 août. Ces deux marchés cruciaux pour le Brésil, premier exportateur mondial, sont fermés depuis l’épizootie d’influenza aviaire déclarée en mai. « Quand ces deux marchés rouvriront, nous reviendrons à des niveaux de stocks plus proches de zéro », a déclaré le p.-d.g. de BRF, Miguel Gularte, cité par Reuters. Selon lui, les exportations du groupe volailler ont chuté de 5 % au second trimestre 2025, contre 15 % pour l’ensemble des expéditions brésiliennes de volailles. En effet, BRF a pu rediriger vers d’autres marchés des découpes de poulet habituellement vendues en Chine. Malgré ces difficultés, les résultats de BRF – qui va bientôt fusionner avec le géant de la viande Marfrig – ont dépassé les attentes des investisseurs. Par ailleurs, toujours selon Reuters, l’Arabie saoudite (4e débouché) et le Chili ont annoncé la réouverture de leurs frontières à la volaille brésilienne. La Corée du Sud, le Qatar et l‘Angola en avaient fait de même durant l’été.
Lait : la Chine prolonge son enquête sur les importations en provenance de l’UE (presse)
Le ministère chinois du Commerce a annoncé le 18 août la prolongation, de six mois, de son enquête antidumping sur certains produits laitiers importés d’Europe, indique Reuters le même jour. Annoncée le 21 août 2024, dans un contexte de tensions entre Bruxelles et Pékin autour des voitures électriques chinoises, cette enquête était prévue pour un an, avec une éventuelle prolongation de six mois ; les autorités chinoises ont finalement choisi cette option, faisant durer le suspense jusqu’au 21 février. L'enquête porte notamment sur le fromage frais et le lait caillé, le fromage bleu, ainsi que certains laits et crèmes, pour lesquels Pékin étudie l’impact de subventions de la Pac. Alors que les relations entre la Chine et l’UE restent tendues, le ministère du Commerce évoque la « complexité de l'affaire » pour justifier la prolongation de l’enquête, d'après un communiqué laconique cité par Les Echos (article payant). L’empire du Milieu est un important débouché pour les produits laitiers européens (avec 1,76 Md€ d’exportations en 2023) et le premier marché pour les exportations françaises. En 2024, Pékin avait aussi annoncé des enquêtes sur les importations européennes de porc (prolongée jusqu’au 16 décembre) et de cognac (aboutissant à la mise en place de droits antidumping).
Chocolat : Lindt va produire davantage aux États-Unis (presse)
Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli pourrait transférer aux États-Unis sa « production de lapins et d'autres figurines en chocolat », aujourd’hui située en Allemagne, affirme Bloomberg le 15 août (article payant). Selon l’agence de presse, cette décision est liée aux droits de douane de 15 % sur les importations européennes instaurés par l’administration Trump, après l’accord conclu avec l’UE fin juillet. « Ce projet comprendrait des investissements de jusqu'à 10 millions de dollars, selon des sources anonymes proches du dossier », ajoute Bloomberg. Autre transfert à l’étude : les chocolats destinés au marché canadien, aujourd’hui fabriqués à Boston, pourraient être produits en Europe afin d'éviter les droits de douane canadiens sur les importations américaines. Réagissant le jour-même, le groupe helvétique a affirmé que les réflexions sur ses investissements outre-Atlantique ont commencé « depuis plusieurs années ». « Nous sommes actuellement en train d'augmenter notre capacité de production sur notre site de Stratham, dans le New Hampshire » a indiqué un porte-parole de l’entreprise au média économique américain MT Newswires. « Indépendamment des droits de douane, nous œuvrons en permanence à améliorer l'efficacité de notre production et de nos chaînes d'approvisionnement. »
Vin : la baisse de consommation s’étend aux acheteurs de plus de 50 ans
En berne depuis plusieurs années, les ventes de vin en magasins voient leur baisse s’étendre aux Français de plus de 50 ans, selon un baromètre publié le 18 août par NielsenIQ. Elles affichent sur un an -7 % en unités de consommation (au 7 juillet) entre 2023 et 2025, avec cette année 43 % de bouteilles de rouge, 29 % de rosé et 28 % de blanc, indique le cabinet. « Depuis plusieurs années, la perte d’acheteurs est marquée, surtout chez les moins de 50 ans. Et même les plus de 50 ans réduisent leur consommation : les 50-64 ans sont passés de 25 unités/an en 2021 à 21 en 2025, et les plus de 65 ans de 32 à 29 unités », d’après une synthèse transmise à la presse. Ce décrochage des ventes de vin est plus ténu chez les moins de 35 ans (entre 9 et 10 unités/an depuis 2021), et les 35-49 ans (entre 13 et 14). L’évolution par couleur montre un rattrapage en 2025 pour le rosé, après une année 2024 perturbée par un été pluvieux. Sur les sept premières périodes mesurées par NielsenIQ, les ventes de vin rosé affichent +2,3 % en volume (-7,3 % en 2024), celles de blanc +0,1 % (inchangé). Le rouge accentue sa baisse, à -7,5 % (après -4,6 % l’an dernier). NielsenIQ souligne, côté rosé, « le fort dynamisme des appellations Méditerranée et Terres du Midi, avec une croissance de 10 % en unités par rapport à 2023 ».
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agra Business pourra être diffusé à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.