Agra Business | Aerofarms, Agreenculture, Invivo, Vivescia, Mumm, Diageo

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Légumes/agriculture verticale : le leader américain AeroFarms cesse ses activités (presse)

La société américaine d’agriculture verticale AeroFarms va cesser ses activités et fermer son site en Virginie, ce qui entraînera le licenciement de l’ensemble de ses 173 salariés, selon des sources de presse, dont FoodBev. « L’entreprise a informé la semaine dernière le Virginia Department of Workforce Development and Advancement de sa décision, précisant que son principal investisseur avait retiré son soutien financier à la suite d’une restructuration non annoncée et d’un changement de priorités », écrit le média. AeroFarms a indiqué « ne pas avoir réussi à trouver d’autres sources de capitaux et se dit désormais dans l’incapacité de poursuivre ses opérations, à moins d’obtenir de nouveaux financements. » La société avait pourtant réussi à « refinancer sa dette afin de soutenir les opérations en cours sur sa ferme de Danville (Virginie) » et « à lever des fonds propres pour renforcer ses activités existantes et financer les opérations de pré-construction liées à l’ouverture d’une deuxième ferme », comme elle l’indiquant début août 2025. AeroFarms est l’un des plus importants acteurs de l’agriculture verticale outre-Atlantique, faisant pousser sous atmosphère contrôlée des micro-pousses de plantes et de légumes.

Machinisme : Agreenculture lève 6 M€ pour ses kits de conduite autonome

La start-up toulousaine Agreenculture a annoncé le 16 décembre avoir levé 6 M€ au cours d’un tour de table de série A, menée par Supernova Invest et Future Food Fund, avec la participation d’Unilis (Unigrains Group). Cela s’accompagne d’un crédit d’1 M€ auprès de Crédit Agricole Toulouse (lire l’article complet dans Agra Innovation). Fondée en 2016 par Christophe Aubé, Clément Baron et Emmanuel Goua de Baix, Agreenculture commercialise un kit de conduite autonome de tracteurs et machines agricoles, appelé AGC Box. Une fois installé sur une machine, il permet d’accomplir des tâches définies en toute autonomie. Sa technologie Safencing assure que la machine reste sur la parcelle désignée grâce à un ensemble de capteurs qui détectent la barrière virtuelle établie par l’agriculteur pour chaque mission. Après des débuts en viticulture, Agreenculture intervient désormais en arboriculture, maraîchage, sur les cultures spécialisées, les grandes cultures et les cultures en bandes, grâce à des partenariats avec plusieurs constructeurs comme Pellenc, Kuhn, Kubota, Zetrack, Trabotyx et FieldWorkers. Grâce à ces nouveaux fonds, la start-up entend industrialiser sa production à « plusieurs milliers d’unités par an », selon son Pdg Christophe Aubé, en vue d’un déploiement international, notamment en Amérique du Nord et au Japon. (Irina Lafitte, Agra Innovation)

Vin : Pernod Ricard cède ses vins effervescents américains Mumm au groupe Trinchero

Pernod Ricard a annoncé le 16 décembre la vente de ses marques de vins effervescents aux Etats-Unis - sous les marques Mumm Sparkling California, Mumm Napa et DVX - au groupe californien Trinchero, sans préciser le montant de la transaction. Celle-ci, qui doit être finalisée au printemps 2026, « ne concerne pas la marque de champagne G.H. Mumm, ni les autres activités internationales de Mumm dans le vin effervescent », précise le groupe de vins et spiritueux dans un communiqué. L'opération « permet au groupe de concentrer ses ressources sur son portefeuille premium de spiritueux et de champagnes internationaux », est-il ajouté. Trinchero, installé dans la Napa Valley (Californie) depuis 75 ans, est l'un des leaders de la production de vin aux Etats-Unis, où les importations de vins et spiritueux européens sont depuis août soumis à des droits de douane de 15 % par l'administration Trump. Aux Etats-Unis, son premier marché, Pernod Ricard a vu ses ventes reculer de 16 % au premier trimestre de son exercice décalé 2025/26, un mouvement amplifié par des ajustements de stocks.

Spiritueux : le britannique Diageo vend sa filiale kényane au japonais Asahi

Diageo, propriétaire de la bière brune Guinness et de la vodka Smirnoff, a annoncé le 17 décembre avoir conclu un accord avec le géant japonais de la bière Asahi pour céder sa filiale kényane de spiritueux. Le groupe va vendre à Asahi l'intégralité de sa filiale basée au Kenya qui détient 65 % des actions d'East African Breweries Limited (EABL), producteur notamment de bière et de spiritueux qui opère en Afrique de l'Est, a annoncé Diageo dans un communiqué. L'opération, estimée à 2,3 milliards de dollars, intervient alors que l'entreprise britannique de boissons cherche à réduire son endettement via des cessions. « Nous restons déterminés à ramener le groupe nettement au sein de notre fourchette cible de ratio d'endettement (...) grâce à des cessions d'actifs non stratégiques et non essentiels » a précisé Nik Jhangiani, directeur général par intérim de Diageo. L'entreprise japonaise a quant à elle justifié son acquisition par l'attente d'une « croissance durable grâce à l'augmentation de la population et à l'expansion économique » au Kenya et sur le marché est-africain.

Coopératives : maintien de la rentabilité d’InVivo, porté par sa branche malt

Le groupe coopératif InVivo a présenté le 17 décembre un exercice 2024-2025 sous le signe de la « résilience ». Son chiffre d’affaires est en baisse, à 11,4 Md€ (contre 11,7 Md€ l’an passé), sévèrement affecté par une moisson historiquement faible. La branche négoce international tombe à 3,1 Md€ (contre 3,3 Md€). Malgré une faible collecte de 4,3 Mt de grains, l’activité en Agriculture se maintient, à 3,6 Md€ (inchangé). La division Agroalimentaire (malt, boulangerie industrielle, meunerie, vin) reste également au même niveau de chiffre d’affaires, à 3,4 Md€. Enfin, le Retail (jardineries, boulangerie artisanale) pèse 1,3 Md€ (stable). « Notre Ebitda, de 3,85 M€, est globalement stable », a souligné la d.g. en charge des Finances Maha Al-Bukhari Fournier. Cet indicateur, témoin de la rentabilité de l’entreprise, est soutenu par la « très bonne performance de Soufflet Malt », qui maintient ses volumes en dépit d’« un marché de la bière qui marque le pas ». Même satisfaction pour Cordier, la branche vin, qui se redresse « dans un contexte très difficile » : « Nos plans d’économies ont permis d’atténuer l’impact de la baisse des ventes ». InVivo récolte par ailleurs les fruits de ses plans de réduction de coûts dans le Retail, qui subit les effets de l’inflation.

Coopératives : Vivescia maintient un résultat positif et lance son plan stratégique 3.0

Sur l’exercice clos au 30 juin 2025, le groupe Vivescia affiche un chiffre d’affaires de 3,8 Md€, en retrait par rapport aux 4,1 Md€ réalisés en 2023-2024. Malgré ce recul, le groupe enregistre un Ebitda de 184 M€, contre 224 M€ en 2023-2024, et 195 M€ lors de l’exercice précédent. La dette nette a légèrement augmenté, passant de 542 M€ lors de la dernière campagne à 550 M€. La coopérative, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 1 Md€, a dégagé un résultat net de 4,9 M€. L’assemblée générale, qui s’est tenue le 16 décembre, a par ailleurs été l’occasion de lancer « Vivescia 3.0 », un plan stratégique à horizon 2030. Celui-ci repose sur trois leviers : compétitivité, durabilité et innovation. Vivescia prévoit la cession de l’activité Délifrance (boulangerie viennoiseries pâtisseries surgelées) au groupe familial belge Vandemoortele, dans les semaines qui viennent. Autre annonce : 600 M€ d’investissements à venir, dont 150 M€ pour les métiers de l’agriculture et 200 M€ pour de nouveaux projets de développement. Le groupe a également pris la décision de repositionner des activités industrielles sous la bannière Vivescia Ingrédients, d’accélérer son programme d’agriculture régénérative Transitions. Pour l’heure, 600 agriculteurs sont engagés, pour 500 000 t de céréales et oléoprotéagineux, soit 17 % de la collecte Vivescia. (Elena Blum)

Coopératives : Arterris poursuit son plan de redressement

À l’occasion de l’assemblée générale du 15 décembre, Éric Foucault, directeur général d’Arterris depuis le mois de mai, a détaillé le bilan de l’exercice 2024/25. Avec un chiffre d’affaires consolidé à 1,16 Md€ (contre 1,14 Md€ un an plus tôt) et 183 M€ de fonds propres, le groupe (15000 adhérents, 2782 salariés) confirme la pertinence de son plan de redressement pour « optimiser ses outils industriels, recentrer ses activités sur les métiers stratégiques et relancer sa dynamique commerciale » et ainsi, « redonner à la coopérative les moyens de se développer ». Comment ? En coopérant notamment avec des structures voisines, citant la fusion actée en juillet 2025 avec Val de Gascogne en Meunerie et le partenariat initié en juin avec Natera autour du canard gras. Dans le détail, le pôle agricole (753 000 t de collecte dont 11 800 t en bio) pèse 669 M€ de chiffre d’affaires. À noter la bonne dynamique de trois filières : les semences, les légumineuses et le riz. Pour le pôle agroalimentaire et ses 378 M€ de chiffre d’affaires, l’enjeu est de « diversifier les circuits de distribution pour renforcer sa présence sur des marchés en pleine mutation ». De son côté, le pôle distribution (111 M€ de CA) a « traversé une année en demi-teinte », notamment en boulangerie. Les points de vente ont, depuis, été confiés à la filiale Occipain du groupe. (Anne Gilet)

Plats préparés : feu vert à la fusion des britanniques Greencore et Bakkavor

L'autorité britannique de régulation de la concurrence (CMA) a approuvé le 17 décembre le projet de fusion des fabricants de plats préparés Greencore et Bakkavor, d’un montant de 1,2 milliard de livres sterling. Ce projet de rapprochement entre deux entreprises aussi importantes de leur secteur avait inquiété la CMA pour ce qui concerne le marché des sauces réfrigérées. Elle avait indiqué fin octobre qu'elle allait poursuivre ses travaux sur le projet de rachat. Greencore a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 Md£ en 2024 et indique préparer chaque année 748 millions de sandwichs et plats à emporter. La société emploie 13 300 salariés dans 35 sites industriels au Royaume-Uni. Bakkavor, de son côté, a réalisé un chiffre d’affaires de 2,3 Md£ en 2024, à 85 % sur le marché britannique, et emploie 18 000 salariés. L'activité française de Bakkavor avait été rachetée par Agrial en 2012.

Kéfir : le Labo Dumoulin multiplie par dix sa capacité de production

L’entreprise alsacienne Labo Dumoulin a lancé la production de kéfir de fruits, une boisson fermentée, dans sa nouvelle usine située à Bischwiller (Bas-Rhin), rapporte le Journal des entreprises le 15 décembre. Cet investissement de 2,6 millions d’euros (M€) porte la capacité de production annuelle du site à dix millions de bouteilles, contre un million auparavant. « Même dans les objectifs les plus ambitieux, nous n’avions pas prévu d’atteindre une telle croissance », reconnaît Aurélien Fabas, cofondateur de l’entreprise, au Journal des entreprises. Dès 2026, Labo Dumoulin prévoit de multiplier par cinq ses volumes, pour atteindre environ 7,5 millions de bouteilles de kéfir produites, avant de porter l’usine à pleine capacité de production aux alentours de 2030. Parallèlement, l’entreprise enregistre une forte progression de son activité. Son chiffre d’affaires s’est élevé à environ 2,9 M€ en 2025, soit une hausse de 52 % par rapport à 2024. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de forte croissance du marché des boissons fermentées. Selon les données du panel Nielsen, ce secteur a enregistré une croissance de 160 % dans le secteur des grandes et moyennes surfaces (GMS) en 2025, pour atteindre environ 20 M€ de chiffre d’affaires. Le kombucha, une boisson fermentée à base de thé, concentre à lui seul 92 % des parts du marché des boissons fermentées dans les GMS. 

Grande distribution : Nous anti-gaspi recapitalisé par Créadev, les fondateurs quittent l'entreprise

L’enseigne Nous anti-gaspi annoncé le 10 décembre une augmentation de capital à hauteur de 7 millions d’euros porté principalement par deux actionnaires historiques, les fonds Creadev (famille Mulliez) et Eutopia. La direction connaît aussi un profond changement avec le départ des deux fondateurs Vincent Justin et Charles Lottmann. Damien Defforey deviendra président le 1er janvier 2026. « Il a construit toute sa carrière dans le BtoC : Carrefour, DG de Primark Italy (2014-2018), PDG de C&A France (2018-2022), PDG de Stokomani (2022-2024). Il poursuivra le travail effectué par les fondateurs et mettra en oeuvre un plan de développement ambitieux, inscrit dans un futur proche », indique l’enseigne. Créé en 2018, Nous anti-gaspi exploite 26 magasins en centre-ville et en zone d’activité commerciale ainsi qu’une marque de produits distribuée dans son réseau mais également chez d’autres enseignes partenaires. 234 salariés travaillent pour l’enseigne en Nouvelle Aquitaine, Bretagne, Île-de-France et dans le Nord. 8 ouvertures de magasins sont prévues en 2026, à Bordeaux, Paris et Lyon. Le chiffre d’affaires prévu pour 2025 est de 50 millions d’euros.