Etats-Unis : Trump remporte l'élection présidentielle, inquiétude sur le commerce
A l’issue du scrutin américain qui s’est déroulé le 5 novembre, le Républicain Donald Trump l’a emporté face à la candidate Démocrate, actuelle vice-présidente, Kamala Harris, grâce à son avance dans les Etats clés (ou « swing state »). Après un premier mandat de 2017 à 2021, Trump devrait donc devenir en janvier 2025, le 47e président des Etats-Unis. Si son élection a d’ores et déjà été saluée par de nombreux dirigeants politiques, elle suscite toutefois de nombreuses interrogations. Dans sa déclaration, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui débute elle aussi un second mandat à la tête de l’exécutif européen, a appelé le prochain locataire de la Maison Blanche à «travailler ensemble à un partenariat transatlantique qui continue de répondre aux besoins de nos citoyens». Et d’ajouter que «des millions d'emplois et des milliards d'euros d'échanges et d'investissements de part et d'autre de l'Atlantique dépendent du dynamisme et de la stabilité de nos relations économiques». Il faut dire que de nombreux sujets de frictions vont revenir sur la table comme les différends commerciaux transatlantiques (Airbus/Boeing, Acier/aluminium) touchant l'agroalimentaire et dont les solutions conclues avec l’administration Biden n’étaient que provisoires. Autre question : celle du respect de la décision de l'OMC concernant l'affaire sur les olives espagnoles. Par ailleurs, la volonté affichée de Trump lors de la campagne électorale, de mettre en place des droits de douane de 10% ou 20% pour toutes les importations, peu importe leur origine (et même jusqu’à 60 % pour la Chine) devrait également être un enjeu pour les relations transatlantiques et le secteur agroalimentaire.
Pâtisseries/chocolat: Barry Callebaut voit son bénéfice annuel fondre malgré l'envolée du cacao
Le groupe suisse Barry Callebaut, en pleine réorganisation, a fait état le 6 novembre d'un bénéfice annuel en forte baisse malgré un bond de son chiffre d'affaires compte tenu de l'envolée des cours du cacao. Le groupe, qui fournit du cacao et préparations chocolatées aux grands groupes agroalimentaires mais aussi aux pâtissiers et confiseurs, a vu son bénéfice net fondre de 56,9% pour l'exercice 2023/2024 (clos fin août), à 190,9 millions de francs suisses (117,3 millions d'euros) en raison des frais liés à la réorganisation de ses activités, indique-t-il dans un communiqué. Son chiffre d'affaires s'est en revanche accru de 22,6% à près de 10,4 milliards de francs suisses, reflétant la forte appréciation des cours du cacao, le prix des fèves ayant augmenté en moyenne de 131% durant l'exercice. Une grande partie des contrats prévoient de répercuter les variations des matières premières aux prix facturés à ses clients. Les volume ont en revanche stagné à près de 2,3 millions de tonnes de tonnes. Compte tenu de sa réorganisation, le groupe avait dit s'attendre à ce que ses volumes restent identiques durant l'exercice. Les volumes ont toutefois été affectés par une demande plus faible de la part de ses grands clients, même si ce repli a en partie été compensé par la demande venant des marques distributeurs ainsi que par sa division Gourmet, a précisé le groupe. Pour l'exercice 2024/2025, Barry Callebaut s'attend à «un environnement de marché difficile, avec une incertitude significative» quant à savoir comment les hausses de prix liées au cacao vont affecter la demande à court terme, précise le communiqué.
FCO: Annie Genevard étend au sérotype 8 le fonds d’urgence de 75 M€
Initialement réservé au sérotype 3, le fonds d’urgence de 75 M€ pour compenser les pertes dues à la fièvre catarrhale ovine (FCO) va être élargi au sérotype 8, a annoncé la ministre de l’Agriculture le 6 novembre. «La FCO-8 flambe», a fait valoir Annie Genevard lors de son audition par les sénateurs de la Commission économique. Demandée par les représentants des éleveurs de tous bords, l’extension des bénéficiaires du fonds de 75 M€ devrait se faire à enveloppe égale: «Il semble que le calibrage soit le bon pour répondre aux besoins en bovins et en ovins, pour la FCO-3 et la FCO-8», a indiqué la ministre. Et Mme Genevard de préciser: «Il semblerait, contrairement à ce que j’aie pu craindre, d‘après les évaluations d’équarrissage et les évaluations des professionnels, que l’enveloppe soit suffisante». Ce fonds d’urgence avait été annoncé au Sommet de l’élevage par le Premier ministre, afin de soutenir les éleveurs touchés par la FCO-3, sérotype «exotique» nouvellement arrivé en France début août. Le sérotype 8, lui, est présent dans l’Hexagone depuis 2006, mais a évolué en une nouvelle souche plus virulente à l’été 2023. Son caractère endémique l’excluait jusque-là des dispositifs de soutien (indemnisations, vaccination).
Influenza: dans les Landes, des canards prêts à gaver détectés positifs, le Cifog confiant
Un foyer d’influenza aviaire a été confirmé dans les Landes, à Saint-Étienne-d’Orthe, sur des canards prêts à gaver, selon l’association ATM avicole. Interrogée sur ce fait, Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog (interprofession du foie gras), se félicite du fait que le virus ait été détecté lors d’une analyse avant le départ du troupeau vers son site de gavage «Notre professionnalisme paie», assure-t-elle. L’interprofession ne doute pas de l’efficacité de la vaccination, qui «n’empêche pas l’introduction du virus, mais sa diffusion», rappelle-t-elle. La commune de Saint-Étienne-d’Orthe est située à l’extrême sud-ouest des Landes, en ZRP (zone à risque particulier), une zone humide d’accueil des oiseaux migrateurs, ce qui laisse soupçonner une contamination par ces derniers, ou d’autre oiseaux marins. La vaccination des palmipèdes (canards et oies à foie gras, canards de chair) a débuté le 1er octobre en France. Une surveillance dite «active» est obligatoirement effectuée mensuellement après la vaccination. Il s’agit de prélèvements pour analyse virologique afin de détecter une éventuelle circulation du virus à bas bruit sur des animaux en bonne santé.
Fruits et légumes/étiquettes : le Conseil d’État saisit la Cour de justice de l’UE
Par une décision du 6 novembre, le Conseil d’État a sursis à statuer, c’est-à-dire reporté sa décision, jusqu’à ce que la Cour de justice de l’Union européenne se prononce sur la qualification d’emballage des étiquettes directement apposées sur les fruits et légumes. En effet, il n’est pas clair si de telles étiquettes, apposées directement sur les fruits et légumes, constituent nécessairement un emballage au regard de la directive européenne relative aux emballages et déchets. Pour rappel, l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) avait saisi le Premier ministre en avril 2022, demandant l’abrogation de la réglementation française interdisant l’apposition d’étiquettes non compostables sur les fruits et légumes (loi Agec de 2020). Le silence du Premier ministre à ce propos a été considéré comme un rejet implicite, contre lequel l’association a formé un recours quatre mois plus tard. L’interprofession soutenait en outre que les dispositions de l’article 80 de la loi Agec – relative à l’interdiction de l'apposition d'étiquettes directement sur les fruits ou les légumes – n’avaient pas été correctement notifiées à la Commission européenne, ce qui la rendrait inapplicable. De son côté, le Conseil d’État estime que cette notification a bien eu lieu, et que les dispositions réglementaires ne nécessitaient pas de notification supplémentaire, car elles ne créaient pas de règle technique nouvelle.
Fruits/pesticides: multiplication des «usages critiques» et dérogations (DGAL/CTIFL)
À l'occasion des Rencontres phytosanitaires le 6 novembre à Bergerac, la DGAL (ministère de l'Agriculture) et le CTIFL (institut technique) ont fait état d'une augmentation des «usages critiques» (une ou aucune solution de lutte efficace) dans les productions de fruits. Entre 2017 et 2024, le nombre d'usages critiques est passé de 15 à 26 contre les maladies (éclaircissage en prunier, anthracnose en cerise, oïdium en petits fruits devenus critiques en 2024), et d'une quinzaine à 62 contre les ravageurs (depuis 2022, carpocapse en fruits à pépins; scolytes en fruits à coque; punaises en fruits à noyaux). En parallèle, le nombre de dérogations (de 120 jours, au titre de l'article 53 du règlement européen sur les pesticides) a également augmenté. Le nombre de demandes est passé de 102 en 2022 à 117 en 2024, et le nombre de dérogations signées est passé de 66 à 92 sur la même période, dont la moitié en insecticides. «C'est énorme, depuis trois campagnes, on est passés devant les légumes», a indiqué la DGAL. La hausse est en grande partie due à la baisse du nombre de substances de synthèse, avec des usages majeurs et des molécules à large spectre qui disparaissent, précise l'administration à Agra Presse. Une partie de cette hausse pourrait aussi correspondre à une stratégie des entreprises. 68% des usages en dérogation correspondent à des produits utilisables en bio, donc a priori peu dangereux. Le gros des dérogations a été accordé pour les fruits à pépins, du fait des surfaces importantes de pommes et poires en France, mais aussi de l'essor des punaises et pucerons dans ces vergers.
Fruits et légumes/pesticides: nouveaux reclassements en usage mineur «d'ici fin d'année»
À l'occasion des Rencontres phytosanitaires le 6 novembre à Bergerac, la DGAL (ministère de l'Agriculture) a annoncé qu'une nouvelle révision du catalogue des usages des produits phytosanitaires sera présentée «d'ici fin d'année». «Il y aura davantage d'usages mineurs», a indiqué l'expert de la DGAL Ludovic Dubois. Une précédente révision en 2023 avait déjà permis de faire passer de nombreux usages majeurs en mineurs. Ce classement ouvre l'accès aux extensions d'usage par l'article 51, plus simple que les autres procédures. Les prochains reclassements devraient surtout profiter aux usages en légumes, indique la DGAL. En parallèle, l'Anses a été saisie pour clarifier la procédure associée à l'article 51; des firmes font état de cas où le recours à cette procédure a entrainé une réévaluation toxicologique de tous les usages. La DGAL a également fait le point sur les résultats du Comité des solutions, qui visait à identifier les distorsions d'usage au sein de l'UE, et accélérer les extensions d'usage aux titres des articles 40 (reconnaissance mutuelle entre États membres) et 51. Au printemps, les filières fruits avaient identifié 140 molécules d'intérêt. Au 31 octobre, 52% des molécules n'avaient pas encore fait l'objet de réponse des entreprises (réflexions encore en cours; attente de réapprobation). Pour celles qui ont fait l'objet d'une réponse positive: 40% sont du domaine du court terme (0 à 3 ans) ou du moyen terme (jusqu'à 5 ans). La DGAL a rappelé les difficultés rencontrées avec la voie de la reconnaissance mutuelle. «Il ne fonctionne pas comme il devrait», a expliqué Bertrand Bourgouin, expert de l'administration. En cause notamment: des «différences d'appréciation» de l'évaluation entre agences réglementaires nationales, notamment sur la question de la pollution en eaux profondes. La DGAL évoque également des sujets à porter au niveau européen.
Fruits/vignes: le scarabée japonais est «à notre frontière» (DGAL)
À l'occasion des Rencontres phytosanitaires le 6 novembre à Bergerac, la DGAL (ministère de l'Agriculture) a fait un point sur les ravageurs émergents en arboriculture fruitière avec plusieurs «points d'alerte importants». La principale est l'arrivée attendue du scarabée japonais (Popillia japonica) sur le sol français; des cas ont été détectés encore récemment à la frontière franco-allemande. «Il est à notre frontière», a indiqué l'expert de la DGAL Bertrand Bourgouin. «La zone tampon est sur le territoire national. Nous nous attendons à ce que des cas se déclarent en France», a-t-il prévenu. Et de rappeler qu'«aucun insecticide autorisé ne fonctionne» sur ce ravageur. Ce scarabée s'attaque à 300 espèces de plantes alimentaires, forestières ou encore ornementales, parmi lesquelles la vigne, les arbres fruitiers et les gazons. D'autres menaces émergentes ont déjà été détectées sur le sol français, sans dégâts pour l'instant; c'est le cas de la mouche orientale (Bactrocera dorsalis), détectée régulièrement dans l'Hexagone, «un péril énorme», selon l'expert de la DGAL. Cette petite mouche de 5 mm peut se nourrir et se développer sur un très grand nombre d’espèces de fruits et de légumes: mangues, agrumes, pêches, prunes, abricots, raisins, avocats, tomates, poivrons, etc, rappelle le ministère de l'Agriculture. Ou encore de la maladie des mille chancres; véhiculée par les scolytes, elle n'a pour l'instant touché, en France, que les noyers d'ornement. «Les émergents, ce n'est pas un mythe, a souligné Bertrand Bourgouin. C'est inquiétant, car en face, nous n'avons plus forcément les armes.»
Châtaignier: le cynips «géré efficacement» par un parasitoïde, retour à des rendements normaux
Dix ans après l'introduction de son parasitoïde Torymus sinensis, le cynips du châtaignier est désormais «géré efficacement» et «les rendements sont revenus à leur niveau d'avant» l'introduction de ce ravageur, a indiqué Sébastien Belis (DGAL), à l'occasion des Rencontres phytosanitaires le 6 novembre à Bergerac. Après avoir été repéré en Asie, puis en Italie, le cynips s'est établi en France en 2010, où il avait commencé à causer des dégâts majeurs sur certaines variétés de châtaigniers. Se basant sur les expériences japonaise et italienne, la France avait introduit son parasitoïde venu d'Asie, après des essais entre 2011 et 2015. «L'expérience japonaise nous disait qu'il fallait 10 ans», explique Nathalie Le Barbier, spécialiste de la châtaigne chez Invenio (sites expérimentaux). C'est ce qu'il s'est passé: «Il reste tout de même des dégâts collatéraux persistants, comme l'affaiblissement des arbres». Ce cas est perçu comme une «success story» du biocontrôle, explique-t-elle. Sa réplication à d'autres ravageurs reste toutefois aléatoire, mais testée sur plusieurs usages critiques. D'ailleurs, parmi les projets de recherche retenus dans l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) issue du Parsada (anticipation des alternatives) figure le programme Mobaclim «de lutte biologique par l'acclimatation» d'auxiliaires exotiques, doté de 5,6 millions d'euros.
Légumes secs: les produits «Fermiers de Provence» (Duransia) labellisés Agri-éthique
Les produits «Fermiers de Provence» (haricots, lentilles et pois chiches) affichent désormais le label de commerce équitable Agri-éthique, annonce un communiqué du 5 novembre. Ces produits sont commercialisés par le groupe coopératif Duransia, dont le siège est situé à Peyruis (Alpes-de-Haute-Provence). Duransia «accompagne les agriculteurs depuis la graine à la vente», explique le communiqué. L’entreprise est en adéquation avec les «valeurs» et le cahier des charges porté par le label, indique Agri-éthique («garantir un prix rémunérateur aux agriculteurs, préserver l’emploi local et agir pour l’environnement et le bien-être animal»). Pour Duransia, adhérer au label «s’inscrit dans une optique d’ouverture à de nouveaux marchés afin de développer la filière légumes secs en Provence». «La coopérative souhaite ainsi développer des filières rémunératrices pour ses adhérents afin d’apporter encore plus de valeur ajoutée dans les exploitations agricoles», explique le communiqué. L’ensemble des producteurs de légumes secs de la coopérative «devront se réunir chaque année pour choisir l'utilisation de la prime de commerce équitable qui sera versée en supplément du prix payé, déjà rémunérateur». Premier label de commerce équitable français, Agri-éthique labellise 41 marques et représente 520 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Energies : la plateforme de financement participatif Lendosphere reprend Lendopolis
La plateforme de financement participatif Lendosphere a annoncé le 4 novembre le rachat à 100 % de son homologue Lendopolis, filiale de KissKissBankBank (La Banque Postale). Cette opération donne naissance au « nouveau leader sur le marché français et européen du financement citoyen au service de la transition énergétique et écologique », selon un communiqué commun. Il est prévu de « maintenir l’accord d’apport d’affaires mis en place avec La Banque Postale, qui continuera de proposer son offre auprès des clients patrimoniaux du réseau des bureaux de poste et de sa filiale Louvre Banque Privée ». Les deux plateformes revendiquent environ 600 millions d’euros de financements réalisés (295 M€ côté Lendosphere, 300 M€ côté Lendopolis) pour la transition énergétique et une base de plus 100 000 investisseurs inscrits, principalement privés. Au total, ce sont « plus de 1 000 projets d’énergies renouvelables qui ont été ainsi financés : principalement des centrales solaires, mais aussi des fermes éoliennes, des unités de méthanisation, des chantiers de performance énergétique dans le bâtiment, etc. », indiquent-elles.