Agra Business | Südzucker, BASF, La Fournée dorée, Entoinnov, Colin/Rochias

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Betterave : Südzucker veut réduire la sole en Allemagne et Belgique, craintes en France

Selon un article publié le 14 novembre (article payant) par La France agricole, le sucrier Südzucker et l’association des producteurs de betteraves sucrières du sud de l’Allemagne proposent aux producteurs locaux, via une lettre du 11 novembre, de réduire considérablement leurs surfaces de betteraves pour 2026, déjà contractualisées. Pour se justifier, le sucrier allemand évoque l’urgence d’enrayer la chute des prix du sucre, conséquence d’un excédent d’offre sur le marché européen. En contrepartie, une prime de 10 €/t pour la quantité correspondante de betteraves contractuelles livrées en 2027 (pour une teneur en sucre de 16 %) leur sera attribuée. En Belgique, la CBB (producteurs) indique dans un communiqué que « la raffinerie de sucre de Tirlemont (appartenant à Südzucker, NDLR) propose une réduction de 25 % des surfaces cultivées » pour 2026. Le syndicat dénonce une annonce tardive, perturbant « considérablement la planification des cultures », et pénalisant le revenu des betteraviers. En France, Südzucker détient Saint Louis Sucre. Contactée par Agra Presse, l'entité française indique que des négociations sont en cours avec la commission de répartition de la valeur, sans en préciser la teneur.

Pesticides interdits/PFAS : des manifestants bloquent une usine de BASF

Plusieurs centaines de manifestants ont bloqué le 17 novembre au matin l'usine BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-et-Maritime), pour dénoncer la production de pesticides et des rejets de polluants éternels dans l'environnement, a constaté un journaliste de l'AFP. Les manifestants affirmaient être environ 500 agriculteurs et citoyens. Au moins une quinzaine de militants ont réussi à s'introduire dans l'enceinte de l'usine après avoir découpé le grillage, tandis que sept tracteurs et des amas de terre interdisaient le passage à six poids lourds bloqués devant l'entrée, selon l'AFP. « Des intrusions, des dégradations de matériels, des comportements pouvant porter atteinte à la sécurité du site et des attitudes d'intimidation à l'égard des personnels ont été constatés », a dénoncé la direction de BASF France. Si l’action a été rapidement contenue, le groupe a annoncé son intention de déposer plainte. L'usine « respecte les réglementations », ajoute-t-il, affirmant qu'un plan a permis « une réduction de 85 % des émissions de TFA » depuis janvier. Plusieurs organisations (Confédération paysanne, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest (CSVPO), Cancer Colère, Faucheurs volontaires et Soulèvements de la Terre) ont décrit cette opération comme une « inspection des stocks afin de récupérer des preuves supplémentaires de la fabrication et du stockage de pesticides interdits, notamment à base de fipronil », expliquent-ils dans un communiqué.

Ail : en reprenant Rochias, l’alsacien Colin devient leader de la transformation en Europe

Acteur majeur dans le domaine des épices et des condiments, le groupe alsacien Colin annonce le rachat de l’entreprise Rochias, spécialise de la transformation d’ail, d’oignons et d’échalotes et installée à Issoire (Puy-de-Dôme), rapporte Le Quotidien des entreprises le 12 novembre. La société auvergnate traite en moyenne 3 000 t d’alliacées par an (60 % d’ail, 20 % d’oignons et 20 % d’échalote) à l’intention d’une clientèle professionnelle (200 clients). Depuis 2021, la société travaillait à la relance d’une filière de production d’ail en Auvergne. La reprise de Rochias, entreprise centenaire, permet au groupe Colin de devenir leader européen de la transformation d’ail avec une capacité de plus de 2 300 tonnes, « un positionnement stratégique sur un marché en forte demande de produits naturels et tracés », souligne Le Quotidien des entreprises. Rochias devrait bénéficier de la force commerciale et logistique du groupe Colin (107 M€ de chiffre d’affaires en 2025), mais la société conservera son identité et son savoir-faire. De son côté, « Colin étend son maillage territorial, renforce sa proximité avec les producteurs français et consolide sa position sur le marché européen ».

Insectes : Entoinnov installe ses bioréacteurs dans une ferme pilote

Le producteur d’insectes Entoinnov va installer en janvier 2026 ses bioréacteurs dans une première ferme pilote en Meurthe-et-Moselle, a-t-il indiqué le 17 novembre. « Dix bioréacteurs que nous avons mis au point et brevetés vont être installés chez un agriculteur céréalier afin d’élever des larves de vers de farine », explique Fayçal Ounnas, p.-d.g. d’Entoinnov. La société fournit les œufs et les bioréacteurs, des appareils dérivés de mélangeuses pour l’aliment animal. À charge pour l’agriculteur d’alimenter les larves, qui sont ensuite récupérées par Entoinnov pour être transformées en farine. La société possède un site de production de 2 000 m2 à Épinal (Vosges) pour effectuer cette tâche. Le premier agriculteur partenaire obtiendra un revenu mensuel d’environ 4 000 € pour 7 h de travail par semaine, selon Entoinnov. Il assure à ses propres frais l’alimentation des larves en coproduits céréaliers de sa ferme et récupère les déjections qui lui servent d’engrais sous forme de frass. Entoinnov a levé 1,5 M€ en 2023 et compte recruter d'autres agriculteurs. Fayçal Ounnas estime que cette organisation de la production permet une montée en charge graduelle, proche du modèle développé par d’autres opérateurs tels qu’Invers ou La Compagnie des insectes.

Œufs/viennoiseries : la Fournée dorée finance cinq bâtiments d'élevage au sol

La Fournée dorée, troisième marque française de viennoiseries, a conclu un contrat qui « comprend, pour 2026 et 2027, le financement de la construction de cinq bâtiments d’élevage de poules au sol », selon un communiqué. Ce contrat tripartite implique cinq éleveurs installés en Vendée et une casserie, pour un montant d’investissement « entre 5 et 10 M€ », apprend-on dans Les Echos (article payant). « Les premiers œufs devraient arriver à l'été 2027 », précise le quotidien économique. Ils seront labellisés « Agri-Éthique », la marque de viennoiseries ayant récemment basculé l’ensemble de sa gamme dans ce label de commerce équitable (pour le blé et les œufs). L’objectif de l’industriel : assurer son approvisionnement sur un marché de l’œuf soumis à des tensions persistantes. « Tous les ans depuis 2021, nous rencontrons des difficultés d'approvisionnements », souligne le responsable des achats Guillaume Loste, auprès des Echos. « Depuis novembre, d'une semaine sur l'autre, nous ne sommes pas sûrs d'avoir des œufs. Ça donne lieu à un bras de fer avec les fournisseurs. » En raison de la transition vers les systèmes alternatifs à la cage (moins productifs), l’offre en œufs français peine à satisfaire la demande croissante, constate Les Marchés. Et côté importations, l’Allemagne et l’Espagne sont aux prises avec l‘influenza aviaire.

Agroalimentaire : Pablo Perversi (Danone) élu président de FoodDrinkEurope

L’association européenne de l’industrie agroalimentaire FoodDrinkEurope a annoncé, le 17 novembre, l’élection, par le conseil d’administration, de l’espagnol Pablo Perversi à la présidence de l'organisation. Président de la zone Europe chez Danone depuis 2023, Pablo Perversi, qui occupait déjà un poste au sein du conseil d’administration de l'organisation, succède ainsi à Henrik Samuelson, ancien vice-président des marques grand public de Paulig, qui avait été nommé en novembre 2024. « C’est un honneur pour moi d’assumer la présidence de FoodDrinkEurope à un moment aussi crucial pour notre secteur », a d’ores et déjà déclaré Pablo Perversi, qui souhaite « bâtir un système alimentaire d’avenir, au service des populations et de la planète ».

Négoce : un nouveau coordinateur Biostimulants chez Perret

Clément Raccurt est, depuis le 14 novembre, le nouveau coordinateur du marché Biostimulants pour le groupe Perret. Il remplace Romain Careghi, qui a quitté le négoce pour rejoindre un fournisseur d’engrais. Clément Raccurt, diplômé en tant qu’ingénieur d’Agrivia (union de l’Isara et de l’Isema), connaît bien l’entreprise, puisqu’il y a fait son alternance dans le pôle Services. Thème de son mémoire : « l’impact des biostimulants sur la résilience agroclimatique des vignobles gardois ». (Anne Gilet)