Agroalimentaire : La Mère Poulard cède sa biscuiterie Aux Trois Cigognes
Le Groupe La Mère Poulard a annoncé le 9 octobre la cession de sa biscuiterie à la société Aux Trois Cigognes. Le groupe industriel et hôtelier, qui a construit son image sur la Mère Poulard indissociable du Mont-Saint-Michel, se sépare donc de son activité agroalimentaire. La société explique dans son communiqué ce choix par la volonté de se recentrer sur « ses atouts historiques » que sont l'hôtellerie et la restauration. Le groupe La Mère Poulard comprend 25 établissements, dont 6 hôtels et 8 restaurants. La biscuiterie, dont les produits sont diffusés en grande distribution, a été créée en 1998, et réalise quelque 30 M€ de chiffre d'affaires annuels pour 95 salariés en CDI, indique le groupe, soit davantage que le pôle touristique (25 M€ de chiffre d'affaires). Les produits sont fabriqués dans une usine située à Saint-Etienne en Coglès (Ille-et-Vilaine) et certifiée International Food Safety (IFS). Aux Trois Cigognes est basé à Bondues (Nord) et fédère les biscuiteries Tourniayre, spécialiste des cornets et coupes en gaufrettes, avec une usine à Roye (Somme), et Dutoit, spécialiste des pâtes feuilletées et sablés fabriquées à Bohain-en-Vermandois (Aisne).
Presse agricole/numérique : Agryco (ex-Agriconomie) rachète le média Wikiagri
La société française de e-commerce agricole Agryco (ex-Agriconomie) a racheté fin 2024 la société Data pro solutions, spécialiste des données sur les exploitations agricoles, et éditeur des médias ETA Mag et Wikiagri, dont la parution imprimée va reprendre. Avec Hyltel – racheté en 2002 par Isagri (logiciels agricoles) – et PBS – racheté par le groupe Réussir (presse agricole) en 2022 –, Data pro solutions (créée en 2011) était une des principales sociétés françaises spécialisées dans la vente de données sur les exploitations. Elle avait lancé le média Wikiagri en 2012, d'abord destiné aux exploitations de grandes cultures de plus de 150 ha, dont la parution imprimée, sur un modèle gratuit, s'était arrêtée en 2022 ; la version en ligne n'avait, quant à elle, pas cessé de paraitre. L'impression de Wikiagri va reprendre avec une nouvelle ligne, plus large, celle d'un « média des transitions agricoles et alimentaires », et un modèle souhaité d'abonnement. Pour ses premiers numéros, il sera d'abord diffusé gracieusement auprès de 50 000 destinataires, indique le fondateur de Data pro solutions, Yannick Pagès. Leader français de l'e-commerce agricole, Agryco avait racheté début 2025 son concurrent Farmitoo.
Oléoprotéagineux : Avril annonce un refinancement de plus de 1 Md€
Dans un communiqué du 10 octobre, le groupe Avril a annoncé « avoir finalisé avec succès » son refinancement à hauteur de 1,05 milliard d'euros, ainsi « qu'une option de 300 millions d'euros supplémentaires auprès de ses partenaires bancaires ». L’opération en question a été conclue fin septembre 2025, permettant au groupe spécialisé dans divers secteurs (oléagineux, protéagineux, alimentaire etc.) d’assurer le financement de son plan Stratégique Ambition 2030. Pour rappel, ce dernier ambitionne une augmentation de l’Ebitda du groupe de 200 M€, pour atteindre 550 M€. Conseillé par la banque Rothschild & Co et le cabinet UGGC Avocats, Avril a vu ses financements octroyés et/ou arrangés par de multiples institutions, dont BNP Paribas, le CIC, la Banque Postale ou encore le Crédit Lyonnais. Certains prêts sont indexés sur des critères ESG (environnemental, social et gouvernance). Via ce financement, Avril espère « poursuivre sa dynamique de croissance à travers des investissements structurants sur ses quatre marchés prioritaires » : ingrédients de spécialité, grande consommation, énergies renouvelables, et « les produits et services pour le monde agricole ».
Agriculture « régénératrice » : Bleu-Blanc-Coeur veut intégrer des pratiques avec Earthworm
La fondation Earthworm (régénération des sols) et le label Bleu-Blanc-Cœur (qualité nutritionnelle de l’alimentation et bas carbone) ont annoncé leur partenariat le 25 septembre, en vue d’intégrer la brique « régénération des sols » à la démarche BBC. Concrètement, le partenariat va s’appuyer sur la démarche sols vivants et légumineuses, qui s’inspire du projet Protéi’sols déjà testé en région Hauts-de-France par Earthworm, pour l’étendre à la Bretagne, où l'on retrouve de nombreux élevages inscrits dans la filière Bleu-Blanc-Cœur. Des indicateurs de qualité (santé des sols, santé humaine) seront suivi pour mesurer les effets. « Nous sommes très alignés en termes de vision, et nos retours d’expérience ont mis en lumière la force du collectif et l’importance de la coopération pour relier santé des sols et santé humaine. C’est aussi une collaboration qui va nous amener plus de connaissances, donc un bénéfice global », annonce Bastien Sachet, p.-d.g.de Earthworm. Tout l’enjeu sera de traduire ces nouveaux engagements en valeur additionnelle perçue par les consommateurs. (Florence Rabut)
Biocontrôle : Amoéba en bonne voie pour commercialiser son fongicide naturel
Dans une publication semestrielle, Amoéba fait un point sur ses prochaines échéances, en vue notamment de la commercialisation de son fongicide naturel, utilisé dans la lutte contre le mildiou de la vigne (lire l’article complet sur Agra Innovation). Pour rappel, la société développe des solutions microbiologiques naturelles basées sur l’exploitation brevetée d’amibes. Comme l’indique la société dans son communiqué le 10 octobre, l’obtention des autorisations de mise sur le marché (AMM) de sa solution Axpera est toujours « attendue pour le début de l’année 2026 au plus tard, dans les neuf pays européens ciblés » et « au premier trimestre 2026 » aux États-Unis. En attendant, la société poursuit ses discussions avec Koppert – avec qui un accord de distribution a déjà été signé en juin – et avec d’autres acteurs, pour valoriser le potentiel de sa solution, notamment sur d’autres cultures (céréales, pommes de terre, arboriculture, bananes, etc.). Amoéba indique aussi préparer « une solution innovante de biofertilisant », afin de viser « un segment de marché supplémentaire ». Du côté financier, la société, qui n’est pas encore rentable, précise qu’elle « bénéficie de l’engagement de soutien financier concernant les dépenses opérationnelles par l’actionnaire Nice & Green jusqu’au 30 juin 2026 ». (Perrine Delfortrie, Aga Innovation)
Lait/installation : Coopal accorde un bonus de 20€/1 000 l aux nouveaux installés
La coopérative laitière Coopal, basée en Auvergne et Limousin, a signé le 7 octobre au Sommet de l’élevage, des conventions avec les chambres d’agriculture pour l’accompagnement technique des nouveaux installés, dans le cadre d’un dispositif incluant une aide de 20€/1 000 litres de lait livré, selon un communiqué commun. Deux entreprises de transformation partenaires, SLVA (Terra Lacta) et la Fromagerie du Velay (Centurion), apportent ce coup de pouce financier, rétroactif au 1er janvier 2025, précise à Agra Presse le président de la coop Jacques Cornelissen. Les 20€/1 000 litres, plafonnés à 300 000 litres, seront versés pendant quatre ans. Pour en bénéficier, les nouveaux installés devront suivre deux formations par an, assurées par les chambres signataires (Puy-de-Dôme, Haute-Loire, Creuse, Corrèze). Une journée collective - la première est fixée au 21 janvier 2026 à Clermont-Ferrand - figure aussi dans le dispositif visant à « déceler les jeunes en difficulté ». « L’objectif est de structurer un accompagnement concret, mêlant appui technique, soutien humain et aide financière, à destination des nouveaux installés », selon le communiqué. Coopal réunit 250 producteurs de zones de montagne, pour une collecte annuelle de près de 82 millions de litres.
Insectes: en difficulté, le canadien Aspire a été cédé à Halali Group Holdings (presse)
La Cour supérieure de justice de l’Ontario a approuvé un accord de vente des actifs de l’entreprise d’insectes en difficulté Aspire Food Group à Halali Group Holdings, un acquéreur ayant des intérêts dans l’immobilier commercial et la fabrication agroalimentaire, écrit le média américain Agfunder News. Selon les documents judiciaires déposés par le mandataire, le repreneur « entend explorer des opportunités » afin que le site soit utilisé potentiellement pour l’élevage d’insectes. Le 1er mai, FTI Consulting Canada avait été nommé comme séquestre et gestionnaire d’Aspire à la demande d’un de ses créanciers, Financement Agricole Canada (FAC). Ce dernier indiquait qu’Aspire devait près de 41,5 M$ canadiens. Le site de production d’Aspire installé à London, dans l’Ontario, avait été présenté lors de son lancement comme la plus grande usine de transformation de grillons au monde, sur une superficie de 14 000 m². Il fournissait des grillons entiers surgelés pour les industriels. « Début 2023, le cofondateur et alors PDG Mohammed Ashour prévoyait d’atteindre 100 % de la capacité de production (12 000 tonnes de grillons) au premier semestre 2024 », rappelle Agfunder News.
Café : fin de grève à l’usine de capsules JDE Peet’s d’Andrézieux-Bouthéon
Un accord sur une augmentation des salaires a mis fin le 8 octobre à une grève de plus de 15 jours sur le site du fabricant de capsules de café aluminium JDE Peet’s à Andrézieux-Bouthéon (Loire), selon l’AFP citant des sources syndicales et de la direction. Ce site produit chaque année 8 milliards de capsules en aluminium compatibles Nespresso principalement pour la marque phare L’Or. Le protocole de fin de conflit signé entre la direction et les représentants des salariés prévoit une augmentation mensuelle de salaire de 160 € nets, ainsi qu’une prime de 1500 € pour les salariés incluant les intérimaires, selon un communiqué de la CFDT en date du 10 octobre. Dans un communiqué, la direction de JDE Peet’s salue « la signature de cet accord, marquant la fin du mouvement de grève et la reprise progressive de l’activité, maintenant ainsi la pérennité de ce fleuron industriel français ». La CFDT rappelle de son côté que début septembre, le groupe JDE Peet’s annonçait 422 M€ de bénéfices et plus de 300 M€ reversés aux actionnaires. « Face à ces chiffres indécents, la section CFDT du site forézien avait demandé une augmentation exceptionnelle de 250 € par mois, en dehors des négociations annuelles obligatoires (NAO). »