Volailles: LDC prend de nouveaux engagements sur l'European Chicken Commitment
L’association L214 s’est félicitée le 17 juillet de la décision du leader français de la volaille LDC de se conformer à des critères plus sévères de bien-être animal pour l’élevage de ses poulets Maître Coq et Le Gaulois. Pour l’association de défense des animaux, qui a mené campagne pendant trois ans contre le groupe, c’est «une avancée historique», «Le Gaulois et Maître Coq abandonnent les pires pratiques». Sur son site internet, à la rubrique «élever durablement», consultée jeudi par l’AFP, le groupe LDC indique que «dans le cadre de sa politique d’amélioration du bien-être et de la protection des animaux, (il) lancera en 2026 pour ses marques Le Gaulois et Maître Coq de nouvelles gammes European Chicken Commitment (ECC) dans l’objectif d’étendre ces pratiques de production afin d’atteindre 100% des gammes sous ECC d’ici 2028». Par ailleurs, "LDC permettra à tous ses clients qui se sont engagés (ou s’engageront) à respecter l’ensemble des critères de l’ECC, d’être en mesure de pouvoir honorer leurs engagements à l’échéance de 2028». Pour autant, le groupe assure aussi que «déjà 89% des élevages en France sont engagés dans ces démarches d’élevage durable en 2024. Notre objectif: 100% d’ici à 2025».
Œufs : l''arrêté sur les exemptions françaises au marquage des œufs en discussion
Le CNPO (interprofession) a reçu le 11 juillet un projet d’arrêté portant sur les exemptions aux obligations de marquage des œufs, la DGAL donnant à l’interprofession une quinzaine de jours pour répondre, apprend-on de sa directrice Alice Richard. La vente à la ferme est exemptée de fait, ainsi que les œufs destinés à l’industrie, explique-t-elle. Les producteurs d’œufs Label Rouge et IGP qui livrent des centres dédiés de conditionnement (en LR ou IGP), ou les sites de production reliés directement à un centre d’emballage le seront aussi, conformément à ce que souhaitait le CNPO, dit-elle, en attendant de voir remonter les avis des professionnels. Quelques ambiguïtés méritent d’être levées, selon Emmanuelle Souday, consultante en circuits courts à la chambre régionale d’Agriculture des Pays de la Loire. « J’ai l’impression que les poulaillers mobiles, qui ne sont pas attenants à un centre de conditionnement ne sont pas pris en compte », confie-t-elle à Agra Presse. Elle dit avoir à ce titre posé la question aux chambres d’Agriculture. L’arrêté en question vise à transcrire en droit français le règlement européen sur le marquage des œufs, ce qui devait être fait en novembre 2024, rappelle Alice Richard du CNPO.
Bovins/DNC: l'Etat démarre la vaccination de 285.000 bovins
La France a débuté dès le 18 juillet la vaccination de près de 285.000 bovins pour stopper la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans les Alpes, a annoncé le ministère de l’Agriculture. «Le maximum de doses disponibles» a été commandé auprès de la banque de vaccins de l’Union européenne afin de faire face à l’épizootie et ils sont «en cours de distribution», a indiqué le ministère dans un communiqué. Ces doses de vaccins, prises en charge par l’Etat, permettront de vacciner des bovins dans des rayons de 50 kilomètres autour des foyers déclarés, dans quatre départements: la Savoie, la Haute-Savoie, l’Ain et l’Isère. La campagne de vaccination doit débuter dans un périmètre situé à 20 kilomètres autour des foyers (zone de protection), en direction du centre de cette zone de protection pour limiter l’extension de la maladie, mais aussi en direction de l’extérieur de cette zone pour un «effet barrière» selon le ministère. Lors d’une réunion organisée par la préfète vendredi, les syndicats agricoles présents – FDSEA, Jeunes Agriculteurs et Coordination Rurale – «ont réaffirmé leur soutien plein et entier à cette campagne vaccinale».
Génétique bovine: déploiement progressif du projet Eurogenomics, tensions entre OS
Dans un rapport paru le 18 juillet sur une mission d'appui à la filière française de sélection animale, le CGAAER (ministère de l'Agriculture) rapporte que le projet Eurogenomics, lancé en 2009 pour faire émerger une alliance économique européenne dans la sélection des ruminants, est «en phase de démarrage progressif à partir de 2025». Le projet représenterait actuellement un budget de fonctionnement d’environ 3 M € par an pendant trois ans. Et le coût de l’index européen serait plus élevé que celui payé actuellement en France. Les auteurs du rapport font état de «discussions rugueuses entre acteurs de la filière bovine pour identifier les races intégrant le projet, avec des menaces de création d’OS dissidentes si les OS historiques n’acceptaient pas d’intégrer le projet». Pour l'heure, les races concernées sont les Prim’Holstein, Normande et Brune. Ils estiment que la pomme de discorde est la «question du coût de l'évaluation génétique de routine», avec un doublement attendu des frais de primo indexation «à terme (2 € par animal)». Toutefois, le coût du calcul «reste actuellement minoritaire dans le coût d'évaluation global facturé à l'éleveur (1 € par bovin primo indexé pour une prestation d'évaluation génomique facturée de l'ordre de 30 €)». La mission recommande de clarifier les objectifs, les coûts, et d'aligner la gouvernance en fonction.
Horticulture/lutte biologique : Biobest acquiert le canadien Ecoation
La société Biobest (BioFirst Group) spécialisée dans la lutte biologique et la pollinisation naturelle pour l’horticulture, annonce, dans un communiqué le 17 juillet, avoir acquis les technologies et « le personnel clé » du canadien Ecoation Innovative Solutions Inc. L’accord comprend l’outil de dépistage et de surveillance Crop-Scanner et la solution de prédiction des rendements PBI OKO 2, ainsi que les propriétés intellectuelles associées. Il concerne également les experts du développement et de la maintenance de ces produits. « Cette acquisition signifie un accès ininterrompu à ces produits de dépistage et de surveillance pour tous les clients, mais aussi le renforcement de notre portefeuille » se félicite Jean-Marc Vandoorne, p-d-g de BioFirst Group. De son côté, Hanne Steel, directeur mondial de la gestion des produits et de la haute technologie, souligne que l’acquisition de technologie pourrait améliorer les capacités de BioBest « à fournir à l’avenir de meilleures solutions d’automatisation, encore plus intégrées, aux producteurs, en collaboration avec d’autres partenaires technologiques ».
Blé dur : Annie Genevard annonce des soutiens financiers à la filière
Lors d’un déplacement en région Paca le 18 juillet, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé divers soutiens financiers à destination de la filière blé dur. Le premier est une aide de 3 M€ pour la recherche variétale, dans le cadre du plan de souveraineté de la profession lancé en février 2024. Pour rappel, le plan en question dispose d’un budget de 43 M€ sur cinq ans, dont potentiellement 11 M€ de l’Etat. Cette annonce permet donc de garantir 3 M€ sur les 11 M€, qui serviront à financer le programme « Durasel » du plan. La deuxième mesure : le doublement de l’aide couplée au blé dur en zone traditionnelle « dès que nous aurons l’autorisation de la Commission européenne ». Dans le cadre de la redistribution des 257 M€ de reliquats d'aide à la conversion en bio non consommés en 2023 et 2024, 15 M€ d'euros avaient été fléchés vers le blé dur. L’aide sera ainsi portée à 133 €/ha, représentant 15 M€ sur deux ans, soit 7,5 M€ en 2026 et en 2027. Dans un communiqué commun publié le même jour, Intercéréales (interprofession de la filière céréalière), l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA), Négoa (négoces), le Sifpaf-Cfsi (fabricants de pâtes/semoulerie) et la Coopération agricole-métiers du grain, ont salué les annonces de la ministre, constituant « des signaux positifs à renforcer pour la filière blé dur ».
Pomme de terre : Mousline revoit à la baisse ses contrats (presse)
On sait désormais qui révise unilatéralement des contrats d’achats de pomme de terre signés avec des producteurs. Il s’agit de l’industriel français Mousline. Selon un article du 16 juillet de nos confrères Terre-Net (repris de La Pomme de terre française), les agriculteurs livrant l’usine de Rosières-en-Santerre (Somme), propriété de l’opérateur, ont reçu mi-juillet un courrier leur signifiant la modification de leur contrat à prix fixe signé pour un, deux, ou trois ans. Jean-Luc Guyon, président du groupement de producteurs local, précise au média que « 90 % des volumes engagés leur seront payés au prix de contrat. Les 10 % restants et les 5 % de flexibilité seront eux moins payés et collectés au bon vouloir de l’industriel. La baisse globale sera d’environ 25 €/t ». Mousline justifie ce revirement dans le courrier en question par « un contexte économique difficile marqué par une baisse de la consommation et une renégociation à la baisse des prix de vente auprès de nos partenaires commerciaux ». L’UNPT avait alerté sur le fait « qu'un contrat signé engage les deux parties et ne peut être modifié sans accord mutuel ». De plus, les volumes contractualisés bénéficient d’une protection juridique, inscrite dans les dispositions Egalim.
Restauration publique/simplification : vers un assouplissement de la commande publique
Dans une lettre ouverte à Annie Genevard datée du 15 juillet, les présidents de France urbaine, AMF (maires) et Agores (directeurs de la restauration collective) soutiennent la proposition d’expérimenter un assouplissement des règles de la commande publique, telle qu'incluse dans la proposition de loi Simplification, dont l'examen doit s'achever à la rentrée. Sous réserve d’une exigence de «produits durables et de qualité et d’une contribution effective à la résilience des systèmes alimentaires territoriaux », ils plaident pour une procédure librement déterminée pour un montant d’achats de denrées supérieur au seuil actuel d’achats sans obligation de formalisation. Ce seuil est aujourd’hui de 40 000 euros, et les trois présidents saluent, dans leur lettre à la ministre de l’Agriculture, le fait que la proposition de loi Simplification contienne le relèvement à 100 000 euros pour les produits alimentaires, en espérant « que cette demeurera dans la version finale du texte ». Ce relèvement est aussi attendu à Restau’Co (restauration collective autogérée). De l’avis des gestionnaires, un seuil plus élevé leur permettrait de choisir leurs fournisseurs librement dans le champ de la loi Egalim et ouvrirait la porte aux fournisseurs agricoles souhaitant travailler de gré à gré.
Etiquetage alimentaire : plus d'un ingrédient principal sur deux est d'origine inconnue (étude)
L’affichage de l’origine des produits agroalimentaires commercialisés en France est très incomplète, selon une enquête réalisée par la CLCV et publiée le 10 juillet. Selon l’association spécialiste des questions de consommation, qui a étudié 450 produits (plats préparés, produits de panification, produits laitiers frais dont fromages, compotes, confitures et pâtes) correspondant à 977 ingrédients principaux, l’origine de ces ingrédients est inconnue pour 52% d’entre eux. Avec des différences notables : l’origine de 64% des fruits des confitures est inconnue, tandis que l’origine du blé est absente sur plus de la moitié des emballages de pâtes. Pour l’origine France, la situation est complexe : 39% des produits étudiés ont une origine française mentionnée sur la face avant de l’emballage. Parmi eux, 92% contiennent au moins un ingrédient principal d’origine française, mais « la moitié des ingrédients sont en réalité d’origine inconnue ou non française ». Quant au logo Origin’Info, il n’a été trouvé que sur 1% des emballages de l’échantillon. La CLCV appelle les pouvoirs publics à rendre obligatoire l’affichage Origin’Info et renforcer les contrôles concernant la mention de l’origine sur les produits.
Budget 2026: Bayrou propose de retirer 200 M€ à l'Agriculture
Dans ses plafonds de dépenses du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, publiés sur le site du ministère de l'Economie en fin de semaine, le gouvernement prévoit de retirer 200 millions d'euros à la mission Aafar (agriculture, alimentation, forêt), dont les crédits et taxes affectées passeraient à 4,3 milliards d'euros. Parmi les autres missions en baisse de budget : l'aide publique au développement (-700M€), la Cohésion des territoires (-900M€). A l'inverse, la mission Ecologie voit son enveloppe renflouée de 600M€. Pour le ministère de l'Agriculture, il s'agirait d'une seconde baisse consécutive. En autorisations d'engagements, la mission Aafar était passée de 5,37 milliards votés en LFI 2024, à 4,62 milliards d'euros en 2025. Cette première baisse était intervenue après une hausse de plus de 1 Md€ pour le budget 2024 de la Rue de Varenne, dont 782 M€ étaient fléchés vers la planification écologique. Au titre du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, l’Etat français va geler ses dépenses au niveau de 2025, hors Défense et charge de la dette, a proposé le 15 juillet le Premier ministre. Ce faisant, François Bayrou a aussi annoncé une baisse de 3000 emplois publics dès 2026, et «une règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite» à partir de 2027.