Distribution: Auchan convoque les élus du personnel pour faire «un point sur la situation»
Le distributeur nordiste Auchan, enseigne de la galaxie Mulliez, a convoqué les comités sociaux et économiques (CSE) de plusieurs de ses entités en région lilloise pour un «point sur la situation de l'entreprise et ses projets», a appris l'AFP le 30 octobre, confirmant une information de La Lettre. Le pionnier du format des hypermarchés, aujourd'hui plus contesté, enchaîne les exercices économiques difficiles, et sa holding Elo Groupe (64400 salariés en France) a annoncé en juillet une perte nette de près d'un milliard d'euros (Md€) sur les six premiers mois de 2024. En 2023, Elo avait annoncé une perte nette de 379 millions d'euros (M€) et des ventes en recul de 1,7% à 32,9 Md€, alors que l'inflation avait dopé les ventes de la plupart des concurrents de la grande distribution. Le distributeur (9% de parts de marché en France) s'est récemment allié aux achats avec ses concurrents Intermarché et Casino pour dix ans. Cette mutualisation, ainsi que l'objectif annoncé par la direction de réduire la surface commerciale d'environ un tiers de ses hypermarchés européens, soit à terme une «réduction moyenne de 25% des surfaces de vente», ont suscité l'inquiétude des organisations syndicales ces derniers mois.
Lait: Savencia signe un contrat avec 125 producteurs ex-Sunlait dans le Sud-Ouest
Savencia a signé un accord de collecte de lait sur cinq ans avec 125 producteurs du sud-ouest de la France, indique le groupe dans un communiqué le 30 octobre. L'accord prévoit la collecte de 60 millions de litres de lait par an auprès d'agriculteurs de Lot-et-Garonne, Gironde, Dordogne, Charente, Charente-Maritime, Haute-Vienne et Corrèze, réunis dans le groupement de producteurs de lait de la vallée du Dropt (GPLVD). Cette organisation de producteurs était adhérente de Sunlait «jusqu’à l’été», explique le président de l’association d’organisations de producteurs (AOP), Nicolas Bernatas. Contacté par l’AFP, Savencia n'a pas voulu préciser le prix du lait négocié avec le GPLVD ni comment il est fixé. Avec ce contrat, «nous assurons la pérennité de l'activité laitière de nos exploitations», estime quant à lui Lionel Frasson, président du GPLVD, cité dans le communiqué. Sunlait – qui réunit désormais quatre organisations de producteurs – a expliqué, par un communiqué du 28 octobre, que l'industriel avait refusé sa proposition d’accord-cadre. Une réunion entre l’AOP et Savencia est prévue le 31 octobre, date d’expiration de leur accord-cadre.
Bovins viande: dans le Sud-Ouest, Lur Berri va collecter les bovins d’Euralis
«La coopérative Euralis confiera à la coopérative Lur Berri la collecte et la mise en marché de ses bovins», annoncent les deux entreprises basées dans les Pyrénées-Atlantiques dans un communiqué commun le 25 octobre. Une décision qui vise à «renforcer durablement la totalité de la chaîne de valeur et [à] la maintenir localement», alors que la filière bovine du Sud-Ouest évolue dans un «écosystème en forte tension». Basée dans le Pays basque, Lur Berri collectera ainsi les animaux de 2300 exploitations: à ses 1800 élevages (70 000 animaux) s’ajouteront désormais les 500 éleveurs du béarnais Euralis (11 000 têtes). La filière bovine de Lur Berri emploie «une quarantaine de collaborateurs», tandis que celle d’Euralis en compte «une douzaine». Selon le communiqué, le projet de rapprochement comprend notamment «la structuration de la collecte des animaux en ferme, la rationalisation des moyens de transport et la sécurisation des volumes pour les outils industriels de l’aval». La démarche «accompagnera également les filières de qualité autour de la race blonde d’Aquitaine». En 2022-2023, Lur Berri (5100 adhérents) a engrangé un chiffre d’affaires de 1,4 Md€. Des chiffres comparables à Euralis: 5625 adhérents pour 1,58 Md€ de CA lors du même exercice.
Céréales/engrais: Paris et Rabat lancent un projet d’ammoniac vert et un partenariat agronomique
À l’occasion de la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, le leader mondial des phosphates OCP et l’énergéticien français Engie ont signé, le 28 octobre à Rabat, un «partenariat stratégique» en matière de transition énergétique. Celui-ci comprend quatre «projets industriels d’envergure», selon un communiqué commun, dont deux concernent l’agriculture: le «développement d’une capacité de production d’ammoniac vert» (doublé d’une étude de faisabilité de production d’autres dérivés de l’hydrogène vert), et le «développement de capacités de dessalement de l’eau destinées à un usage agricole pour les régions où le groupe OCP opère». Par ailleurs, le spécialiste de la nutrition des sols OCP Nutricorps (filiale d’OCP) et l’université Mohamed VI s’allient aux organismes français Intercéréales (interprofession) et Arvalis (institut technique) en matière de recherche agronomique. Leur «mémorandum d’entente» signé le 28 octobre vise principalement des recherches sur la santé et la fertilité des sols, l'agriculture de précision, la gestion de l'eau et l'adaptation aux changements climatiques. Une collaboration qui profitera à la filière céréalière française, selon Benoît Piétrement, président d'Intercéréales, en termes d’adaptation aux aléas climatiques.
Céréales: le marché mondial incertain avant les élections américaines du 5 novembre
Après un rebond mardi 29 octobre, les cours mondiaux des céréales étaient de nouveau orientés à la baisse mercredi 30 dans un marché incertain avant les élections américaines. Le 28 octobre, le blé américain est tombé à son plus bas niveau depuis un mois et demi, en raison notamment dû de la publication par le ministère américain de l'Agriculture (USDA) de données sur l'état des cultures «inférieures aux attentes» du marché, selon Don Roose, de US Commodities. Mais dès le 30 octobre, les cotations repartaient à la baisse partout, avec sur le marché européen un blé en léger repli, autour de 218 €/t sur l'échéance de décembre, et un maïs refluant plus franchement à 205 €/t sur l'échéance de novembre. La dynamique à la hausse est tempérée par l'amélioration des conditions météorologiques en Amérique du Sud comme aux États-Unis. Les marchés restent hésitants à une semaine des élections américaines. «Beaucoup de questions restent en suspens en fonction de la personne élue», par exemple celle de «l'augmentation des droits de douane» souhaitée par Donald Trump, relève Don Roose auprès de l’AFP, ou encore celle d’une relance de la guerre commerciale avec la Chine, avec d’éventuels impacts sur l’export. Côté européen, après avoir beaucoup baissé son prix, le blé français «redevient compétitif par rapport au russe, maintenant il faut marquer l'essai et remporter un contrat», relève Arthur Portier d’Argus Media France.
Négoce: Charrière Distribution reprend Cévennes Matériel
Le négoce Charrière Distribution (CA de 23 M€, dont 11 M€ en appro), implanté dans le Gard, vient de faire l’acquisition de l'entreprise Cévennes Matériel (CA de 3 M€), située dans le même département, à Saint-Hilaire-de-Brethmas. «Cette étape stratégique vise à renforcer notre part de marché sur le secteur de la motoculture et plus largement, dans celui du matériel agricole», explique Stéphan Charrière, le gérant du négoce éponyme, interrogé par Agra Business. «Alors que Cévennes Matériel ne gérait que la marque Kubota, nous faisons le choix de l’arrêter pour nous diversifier et proposer une offre multi-marques sur nos quatre sites dédiés au matériel. Le secteur agricole et notamment viticole connait une crise sans précédent: nous souhaitons accompagner nos clients quelles que soient leurs demandes.» Une stratégie en parfaite cohésion avec le projet RSE du groupe, tourné vers plus de durabilité et de réparabilité. «Les agriculteurs n’ont plus les trésoreries suffisantes pour investir dans du matériel neuf. Nous devons trouver des alternatives: réparer le matériel en est une», concède-t-il. Huit des treize salariés de Cévennes Matériel sont repris. Stephan Charrière n’exclut pas d’étoffer l’équipe dans les années à venir pour atteindre ses objectifs: un CA de 28 à 30 M€ d’ici à cinq ans. (Anne Gilet)
Engrais azotés: les livraisons en hausse de près de 7% sur un an (Agreste)
Les livraisons d’engrais azotés aux exploitations sur les neuf premiers mois de la campagne, soit de juillet 2023 à mars 2024, sont en hausse de 6,8% sur un an, selon les données provisoires établies au 1er octobre, rapporte une note d’Agreste (ministère de l’Agriculture). Sur les onze premiers mois de la campagne de livraison, soit de mai 2023 à mars 2024, celles de phosphate sont en hausse de 13,1% et celles de potasse de 58,7%. De juillet à mars, les livraisons cumulées baisseraient de 30,6% pour l'urée. En revanche, elles augmenteraient de 37% pour la solution azotée et de 23,5% pour les ammonitrates. Le cumul des livraisons de phosphate de mai 2023 à mars 2024 augmente de 3,1% sur un an. Cette hausse est cependant à mettre en regard avec la forte baisse de ces livraisons sur deux ans (-28,1%). La campagne 2022-2023 de phosphate avait été «marquée par une forte baisse des livraisons», rappelle Agreste. Il en est de même pour la potasse, dont les livraisons augmenteraient «de façon exceptionnelle» sur un an (+58,7% entre mai 2023 et mars 2024), après avoir fortement baissé sur deux ans (-18,5%).
Spiritueux: Campari s'effondre en Bourse après des résultats financiers décevants
Le groupe italien de spiritueux Campari s'effondrait de plus de 15% le 30 octobre à la Bourse de Milan, au lendemain de la publication de résultats trimestriels décevants. Il a vu son bénéfice avant impôts chuter de 20,4%, à 107,9 millions d'euros (M€) au troisième trimestre, alors que son chiffre d'affaires n'a augmenté que de 1,4%, à 753,6 M€. Campari a attribué ces difficultés à des «conditions météorologiques adverses» en Europe qui ont perturbé les habitudes des consommateurs, ainsi qu'à «un environnement macroéconomique défavorable». Dans un contexte de baisse de la consommation, les ventes ont reculé de 7% en Italie, de 6% en Allemagne et de 8% en France au troisième trimestre, en termes organiques. L'ancien p.-d.g. de Campari, Matteo Fantacchiotti, avait démissionné à la mi-septembre «pour raisons personnelles», cinq mois à peine après avoir pris ses fonctions. M. Fantacchiotti avait évoqué peu auparavant lors d'une conférence avec des investisseurs la «faiblesse» de l'industrie des spiritueux, ce qui avait fait plonger le titre en Bourse. Le groupe s'était empressé de préciser qu'il avait commenté «les tendances générales du secteur» aux États-Unis, sans faire référence aux «performances spécifiques» de Campari.
Cognac: face aux sanctions chinoises, la «seule solution» est diplomatique
Auditionnées par la commission des Affaires économiques du Sénat, les interprofessions du cognac et de l’armagnac ont appelé le 30 octobre à un règlement diplomatique des sanctions chinoises sur les spiritueux. «La seule solution est d’engager une discussion directe entre la France et la Chine», a déclaré Florent Morillon, président du BNIC (cognac). Si en parallèle une action est à mener auprès de l’OMC, «ça ne règle pas notre problème dans l’immédiat». Pékin impose depuis le 11 octobre aux importateurs de spiritueux européens le dépôt d'une caution auprès des douanes chinoises. À l’occasion d’une visite en Chine les 4 et 5 novembre, la ministre déléguée au Commerce extérieur Sophie Primas tentera de s’entendre avec son homologue chinois Wang Wentao sur les produits français visés par les sanctions, d’après une source diplomatique. «On croit beaucoup au binôme» formé avec Jean-Pierre Raffarin, représentant spécial du gouvernement pour la Chine, a confié Florent Morillon. Signalant de multiples annulations de commandes depuis les nouvelles mesures douanières, les professionnels ont tiré la sonnette d’alarme. «Les conséquences pourraient être majeures pour nos régions. Perdre 25% de son marché, ça n’est pas acceptable», a souligné Florent Morillon.
Porc: une taxation chinoise coûterait 500 M€ au porc français (interprofession)
Inaporc demande à l’UE et au gouvernement français de soutenir la filière porcine, menacée de surtaxation sur le marché chinois dans «le bras de fer entre la Chine et l’Union européenne au sujet des voitures électriques». Dans son communiqué du 29 octobre, l'interprofession porcine décrit l’effet en cascade d’une telle taxation des viandes et abats européens à l’entrée sur le marché chinois, qui coûterait 500 millions d’euros (M€) au porc français, estime-t-elle: à la restriction d’un marché représentant 16% des exportations totales de porc français (un débouché précieux pour les oreilles, pieds, etc.) s’ajouterait une possible «spirale à la baisse des prix à l’échelle européenne» du fait de l’engorgement du marché communautaire, la Chine étant le premier débouché de l’Europe à l'export (2,5 Md€ en 2023). Le communiqué compare ces 500 M€ aux 4,2 Md€ de chiffre d’affaires de l’élevage porcin français et aux 11 Md€ pour les producteurs de viandes et charcuteries. Le «bras de fer» se poursuit: alors que la Commission européenne a adopté les nouveaux droits de douane sur les voitures électriques chinoises le 29 octobre, Pékin a attaqué cette décision auprès de l’OMC le lendemain, comme le rapporte l’AFP.
Logistique: à Dunkerque, la plateforme de mûrissage d’Omer-Decugis verra le jour en 2027
Le groupe Omer-Decugis, spécialiste des fruits et légumes frais et exotiques, a remporté l’appel à manifestations d’intérêt (AMI) lancé par le Grand port maritime de Dunkerque pour la construction d’une plateforme logistique et de mûrissage d’ici 2027, rapporte un communiqué du 30 octobre. Plus précisément, le groupe prévoit la construction d’une plateforme logistique d’environ 20 000 m2 destinée à accompagner sa croissance au cours des dix prochaines années. Avec ce nouveau site, le groupe doublera ses capacités annuelles, en comprenant des chambres de mûrissage pour un volume de plus de 150 000 t/an et des unités de stockage, de conditionnement et de gestion logistique. Il viendra compléter les infrastructures actuelles du groupe, comprenant les plateformes du Marché de Rungis et de Sorgues, en France, ainsi que la plateforme logistique aux Pays-Bas, acquise avec la filiale danoise EMA’S en mars 2024. «La situation géographique [de Dunkerque-Port], au carrefour des grands flux maritimes et routiers et ses connexions privilégiées avec le territoire national et européen représentent un atout majeur pour l’approvisionnement et la distribution de nos produits, avec des gains substantiels en matière d’empreinte carbone», souligne Vincent Omer-Decugis, p.-d.g. du groupe.
Métropoles: Paris veut atteindre 100 jours d’autonomie alimentaire, contre 5 à 7 aujourd’hui
La ville de Paris planche sur les scénarios permettant d'atteindre «une autonomie de 100 jours» en identifiant des «greniers» potentiels comme certains parkings désaffectés, a expliqué à l'AFP Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris en charge de la résilience et de la prospective. La création d'un «Rungis bis» au nord de Paris est aussi à l'étude, au cas où une crue de la Seine viendrait couper en deux la métropole. En cas de catastrophe naturelle du type inondation ou de blocus, Paris disposerait de denrées pour nourrir ses habitants pendant cinq à sept jours seulement, faute de capacités de stockage suffisantes, selon une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) parue le 29 octobre. Cette étude a été initiée par la mairie de Paris dans le cadre de sa «stratégie de résilience» lancée en 2022 pour anticiper, avec la préfecture, divers scénarios de crise. Le besoin a été estimé à 3090 tonnes de denrées pour nourrir 2,1 millions de Parisiens et proposer 6,5 millions de repas chaque jour. La capitale a perdu progressivement ses capacités de stockage, observe Alexandre Labasse, le directeur de l'Apur, en citant la suppression de lieux comme les «Grands moulins de Paris» dans le 13e arrondissement. Cette ancienne minoterie a été réhabilitée en bâtiments universitaires au début des années 2000. En parallèle, Paris renforce ses approvisionnements dans le cadre de son plan alimentaire territorial (lire notre enquête).