Pomme : le numéro deux français Innatis se sépare de son pôle ligérien (presse)
En procédure de sauvegarde depuis octobre, le groupe familial angevin Innatis, numéro deux français de la pomme, a mis en vente ses entreprises et vergers ligériens ainsi que sa station fruitière de Verrières-en-Anjou (Maine-et-Loire), un outil industriel livré à l’automne 2023 pour un investissement de 30 millions d’euros, rapportent nos confrères des Échos. Il ne conservera que son pôle du sud de la France, constitué de Pominter à Montauban (Tarn-et-Garonne), du Domaine des Coteaux (Gard) et de l’entreprise Cardell (Vaucluse). La restructuration est plus lourde qu'attendu : interrogé en janvier par Agra presse, son président Marc Rauffet évoquait deux scénarios: la vente d'immeubles industriels dans le Maine-et-Loire ; ou la reprise d'activités agricoles (vergers). Selon Les Echos, le périmètre mis en vente représente un chiffre d’affaires d’environ 40 M €, avec près de 80 salariés, sur un total de 140 M €. Une bonne part des difficultés vient des « récoltes catastrophiques » de pommes HoneyCrunch en 2023, 2024 et 2025, a expliqué Marc Rauffet. Cette variété représente 60 % des surfaces des vergers du groupe dans le Val de Loire. Les quantités commercialisables en grande distribution ont péniblement atteint les 40 % au lieu des 70 % nécessaires pour garantir la rentabilité de cette production. Or, ces faibles rendements ont coïncidé avec la livraison du nouvel outil industriel de Verrières, dimensionné sur la base des récoltes de la période 2018-2021.
Légumes: la feuille de route de l’Union des coopératives Rougeline à cinq ans
L’Union des coopératives Rougeline (90 000 t de fruits et légumes, 124 M€ de chiffre d’affaires) a présenté à ses 197 familles de producteurs son cap pour 2025-2030. Si une large part des cultures maraîchères est aujourd’hui réalisée sous serres chauffées, le but est désormais de diversifier les systèmes. « Nous devons développer une mosaïque de modèles de production, tout en sécurisant les solutions agricoles de demain pour nos filières existantes et nouvelles », explique Gilles Bertrandias, directeur général. Leader en France sur la tomate et la fraise, l’entreprise ambitionne aussi de renforcer ses positions sur le concombre et les légumes méditerranéens. Pour ce faire, elle accroît ses investissements dans l’innovation : recherche génétique, décarbonation du modèle sous-serre, digitalisation des exploitations, intégration de l’intelligence artificielle et de la robotique dans les travaux agricoles. L’autre point clé est la commercialisation de ses produits, avec davantage de recherche et développement commercial, d’analyse des marchés, des données et des circuits de distribution. Les attentes des consommateurs et des partenaires sont également intégrées dans cette réflexion. Enfin, Rougeline met désormais plus l’accent sur la solidité économique des exploitations que sur les performances.
Oléagineux : Nestlé se lance dans le chocolat sans cacao, à base de tournesol et pépins de raisins
D’après un article des Échos du 10 mars (article payant), le groupe suisse de l’agroalimentaire Nestlé a annoncé se lancer dans la production de confiseries chocolatées sans cacao. Plus en détail, la branche allemande va utiliser le nouvel ingrédient créé par la start-up allemande A Foods, dénommé « ChoViva », via un partenariat. Pour rappel, l’ingrédient en question est issu de la torréfaction de pépins de raisins et de farine de graines de tournesol. Nestlé indique au média « se concentrer actuellement sur le marché allemand ». Il explique par ailleurs viser une clientèle jeune : la Gen Z. La stratégie du groupe est de réduire les coûts de production, au vu de l’importante volatilité du marché du cacao et des difficultés d’approvisionnement observées ces derniers temps. Le changement climatique risque de perturber sur le long terme les grands bassins de production (Côte d’Ivoire, Ghana etc.). Ajoutons à cela le contexte actuel inflationniste, qui permet au groupe, avec ce produit, de se démarquer. En effet, Les Échos expliquent que le ChoViva s’avère 25 à 30 % moins cher que le chocolat à base de cacao. Nestlé précise néanmoins au média que « le cacao reste un élément important de notre portefeuille ».
Agroalimentaire : Lindt & Sprüngli abaisse ses prévisions de vente pour 2026
Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli a abaissé son objectif de ventes pour 2026, invoquant «es incertitudes géopolitiques» qui pourraient affecter le tourisme et le climat de consommation, a-t-il déclaré le 10 mars. Son directeur général Adalbert Lechner table désormais sur une progression des ventes hors effets de change de 4% à 6%, et non plus de 6% à 8% comme annoncé en janvier. Lindt & Sprüngli avait déjà publié son chiffre d'affaires en janvier, faisant état d'une hausse de 8,2% en 2025, à 5,92 milliards de francs suisses (6,55 milliards d'euros). Les augmentations de prix, relevés de 19% en moyenne, ont dopé ses ventes, qui ont grimpé de 12,4% hors effets de change. Le groupe a donné davantage de détails sur les volumes, en baisse de 6,6%, ces augmentations de prix qui ont touché l'ensemble du secteur ayant coupé l'appétit des consommateurs. Il a également publié son bénéfice net, qui s'est accru de 8,1% par rapport à l'année précédente, à 727 millions de francs suisses. Les cours du cacao ont atteint des sommets historiques fin 2024 après une série de mauvaises récoltes, puis ont diminué par à-coups en 2025. Depuis janvier 2026, ils ont nettement reflué pour revenir actuellement aux environs de 3266 dollars la tonne.
Agroalimentaire: au Danemark, Ferm Food acquiert une usine d'ingrédients végétaux fermentés
Le producteur danois d'ingrédients Ferm Food a acquis l'ancien site de production d'Orkla à Skovlund, au Danemark, a-t-il annoncé le 11 mars. « Une fois pleinement opérationnel, le nouveau site de fermentation doit pouvoir atteindre 20 000 tonnes de capacité annuelle, selon la gamme de produits, qui viendront s'ajouter à la capacité existante de Ferm Food au Danemark », indique un communiqué. « Nos ingrédients sont utilisés dans des produits du quotidien comme le pain, les légumineuses prêtes à consommer, les produits carnés hybrides, les alternatives végétales, les liants et les salades », explique Jens Legarth, PDG de Ferm Food. La production repose sur la fermentation en milieu solide à l'aide de bactéries lactiques qui est « une étape de transformation douce permettant de décomposer les composés indésirables et de former des composés bioactifs naturels qui contribuent aux propriétés fonctionnelles des aliments », indique Ferm Food. La société produit des légumineuses fermentées, tourteaux de colza, grains, avoine, sarrasin, blé et liants destinés aux applications alimentaires. La société mère Fermentationexperts, détentrice du brevet de cette technologie, possède des usines aux États-Unis, en Malaisie, au Danemark et en Ukraine.
Boulangerie industrielle : accélération attendue des fusions/acquisitions en 2026
Dans une note de conjoncture parue le 11 mars, la société d’investissement Unigrains constate que le rythme des opérations de fusions/acquisitions dans le secteur de la BVP (boulangerie-viennoiserie-pâtisserie) dans le monde s’avère « timide » en ce début 2026. Mais une accélération pourrait survenir par la suite. « De grosses opérations sont d’ores et déjà annoncées : importante acquisition d’Europastry aux États-Unis en cours, rumeurs autour d’une cession de Cerelia par Ardian », peut-on lire dans la note. Unigrains s’attend à ce que les « secteurs du snacking et des produits naturels ou santé-bien-être, actuellement les plus résilients, seront des cibles privilégiées » par les entreprises du secteur. L’entité rappelle que dans un contexte géopolitique, économique incertain, et de changement de comportement des consommateurs, les opérateurs de la BVP ont tendance à privilégier une optimisation interne, via une meilleure gestion de leurs marges, plutôt que de se risquer à procéder à des rachats externes. De plus, Unigrains indique que les acteurs de la filière font preuve de davantage de « sélectivité. Les négociations autour du prix se tendent avec des écarts croissants d’appréciation entre acheteurs et vendeurs. Les opérations sont plus complexes et longues à structurer ».
Insectes: aux Etats-Unis, suspension du projet d'usine Protix/Tyson Foods (presse)
Le projet de construction d’une usine d’élevage et de transformation d’insectes dans le Nebraska, porté par le néerlandais Protix et Tyson Foods, est suspendu, selon le média américain Vox. « Tyson Foods a retiré sa demande de permis (…) pour construire l’usine » et « le projet lui‑même est mis en suspens pour une durée indéterminée », écrit Vox le 9 mars. Le média se base sur des « échanges d’e‑mails de décembre dernier entre Tyson Foods et le département de l’Eau, de l’Énergie et de l’Environnement du Nebraska, obtenus via des demandes d’accès aux documents publics par l’ONG Society for the Protection of Insects. » Protix et Tyson Foods prévoyaient de construire cette usine d’insectes près de l’abattoir de bovins de Tyson à Dakota City (Nebraska). Dans cette ferme, Protix devait élever et tuer environ 70 000 tonnes de larves par an. Ce projet faisait suite à une prise de participation de Tyson Foods au capital de Protix fin 2023. Cette mise en pause est à rapprocher de la suspension en septembre 2025, pour au moins 18 mois, d’un projet de site pilote porté par le français Innovafeed et l’américain ADM, prévu à Decatur (Illinois). Le secteur de l’élevage et transformation d’insectes traverse actuellement des difficultés, illustrées par la récente liquidation d’Ynsect.
Santé animale : Ceva annonce quatre nominations dans ses divisions Élevage
Dans un communiqué du 11 mars, le leader français de la santé animale Ceva annonce quatre nominations, effectives à partir du 1er avril, dans ses divisions « Filières d’élevage » en France. Alors qu’il était directeur de la division Ruminants depuis 2023, Stéphane Gobbi devient directeur de la division Volailles. Il succède à ce poste à Christophe Poac, qui devient directeur « Key Account Volailles Europe ». M. Poac aura pour mission de « développer et de structurer l’activité grands comptes en volaille à l’échelle européenne », un segment qualifié de « levier stratégique majeur ». De son côté, Thibaut Cauderlier est nommé directeur de la division Porc, en remplacement de Simon Mouchel ; ce dernier devient « Responsable Développement des marchés », avec « un focus stratégique sur les autovaccins porc et volaille ». N°5 mondial de la santé animale, Ceva emploie 6 700 collaborateurs et a dégagé en 2025 un chiffre d’affaires de 1,92 Md€.
Coopératives : Flavien Olette élu à la présidence de la coop de Juniville
Après 24 ans au sein du conseil d’administration, et 15 ans à la présidence de la coopérative de Juniville, Joël Lesure, 66 ans, n’a pas souhaité renouveler son mandat d’administrateur. Le conseil d’administration a élu Flavien Olette, agriculteur de 51 ans, à la tête de la coopérative. La Coop de Juniville collecte 220 000 t de céréales et oléoprotéagineux par an, auprès d’un millier d’adhérents. Elle annonce un chiffre d’affaires de 70 M€ environ. (Elena Blum)