Porc : le chinois WH Group autorisé à acquérir le spécialiste allemand de la saucisse Wolf
La Commission européenne a annoncé le 30 décembre avoir autorisé l’acquisition par Morliny Foods (ancienne branche européenne de l’américain Smithfield Foods) du fabricant allemand de saucisses et traiteur Wolf Group. Avec ses trois sites de production et ses 1 800 salariés, l’industriel allemand vient renforcer la « présence stratégique » de Morliny en Europe, selon les mots de son p.-d.g., Luis Cerdan, dans le communiqué du 14 octobre qui annonçait l’achat. Le groupe chinois WH Group, maison mère de Smithfield, avait créé en août 2024 Morliny Foods, filiale indépendante de Smithfield, en vue de son expansion sur le marché européen, «plus fragmenté» que le marché américain. Ce groupe dont le siège est en Grande-Bretagne produit des viandes fraîches et préparations de porc et de volaille à partir de Pologne, Roumanie, Slovaquie, Hongrie, Espagne, de France et du Royaume-Uni, avec plus de 15 000 salariés selon son site internet. En France il détient les saucissons Michel Ogier des monts du Lyonnais, et en Espagne les salaisons sèches Argal, exportées en France.
Légumes : en Espagne, la coopérative Anecoop se renforce avec Eurofruits Levante
L'entreprise de fruits et légumes Eurofruits Levante, basée à Alicante et produisant aussi à Murcie et Albacete, a rejoint la coopérative espagnole Anecoop (présente en France), selon le site Actual FruVeg. Cette dernière renforce sa présence dans le sud-est de l'Espagne et augmente ainsi son potentiel commercial de 12 700 tonnes de légumes. Le produit phare d'Eurofruits Levante est le poivron, avec un volume annuel estimé à 6 000 tonnes, cultivé dans ses propres serres sur 400 000 m². Viennent ensuite le brocoli, cultivé sur 250 hectares pour une production de 3 000 tonnes, et la courgette, pour laquelle l'entreprise dispose de 220 000 m² de surfaces cultivées, sous serres et en plein champ, avec une production de 2 500 tonnes. Alejandro Monzón, président d’Anecoop, a souligné que « la création de ces alliances commerciales est essentielle à la viabilité à long terme de l'agriculture, car elle renforce le potentiel collectif par rapport au potentiel individuel, offrant aux entreprises agricoles la capacité de répondre et de s'adapter à un marché en constante évolution ». Premier exportateur espagnol de fruits et légumes, le groupe coopératif commercialise la production de 61 coopératives fruitières et maraîchères et exploitations vinicoles espagnoles (20 000 agriculteurs) et a assuré un chiffre d’affaires de 945 M€ en 2023-2024, pour 740 000 tonnes de fruits et légumes vendus.
Sirops : le «plan de continuation de l’activité» de Teisseire à Grenoble retoqué en justice
Nouveau rebondissement dans la procédure collective engagée par le groupe Carlsberg pour fermer le site grenoblois de production de sirops Teisseire, à Crolles (Isère), rapporte le Journal des entreprises. Le tribunal de Grenoble a ordonné, le 23 décembre, la suspension du « plan de continuation de l’activité » en Normandie, engagé par le groupe danois en octobre. Les magistrats ont soutenu la requête des salariés CGT et du comité social et économique (CSE) de Teisseire, qui avaient dénoncé l’absence d’information du CSE avant la décision de mise en œuvre de ce plan. Selon les plaignants, la poursuite de la production de sirops chez un sous-traitant constituait par ailleurs une atteinte au droit de grève qu’exercent les salariés depuis début octobre. La production ne pourra donc pas être transférée, comme le souhaitait Carlsberg, vers le sous-traitant havrais Slaur-Sardet. Les salariés plaident toujours pour le maintien de l’activité sur le site de production de Crolles, qui selon eux n’a jamais été déficitaire depuis trente ans. Ils ont derrière eux le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, qui en visite à Grenoble, début décembre, a dit ne pas se résoudre « à ce qu’il n’y ait pas d’avenir industriel sur ce site ». Si aucun repreneur n'est trouvé pour l'usine de Crolles, construite en 1971, les activités devraient s’arrêter en avril 2026. Au total, le projet engendrerait la suppression nette de 167 postes.