Agra Business | Cérèsia/Sogescaut, Beyond Meat, Ynsect, Diageo et pomme hypoallergénique

hero

Négociations commerciales : Travert veut les raccourcir en commençant plus tard

Dans le cadre de sa proposition de loi (PPL) visant à prolonger une disposition d'Egalim 3, le député EPR (macroniste) Stéphane Travert indique qu'il portera en séance un amendement visant à reporter la date de démarrage des négociations commerciales, confirmant ainsi une information du média Contexte. « Par contre, on ne touche pas à la date de fin », explique-t-il. Comme annoncé en juillet, l'ancien ministre de l'Agriculture a déposé, le 16 septembre, une PPL visant à prolonger de trois ans une expérimentation lancée en 2023 par la loi Descrozaille (Egalim 3). Cette disposition prévoit que, en l’absence de contrat renouvelé au plus tard le 1er mars – ou dans les deux mois suivant le début de la commercialisation pour certains produits –, les relations commerciales doivent être suspendues. Le député de la Manche propose une reconduction d'une part pour répondre à « un impératif de stabilité juridique », d'autre part pour permettre d'établir un bilan complet de la loi Descrozaille d'ici 2028, dont les objectifs initiaux « ne sont pas encore pleinement atteints ». Cette proposition de loi intervient alors que le cabinet de la ministre du Commerce, Véronique Louwagie, avait annoncé au printemps que son projet de loi Egalim 4 ne serait pas présenté avant 2026.

Coopératives : Cérèsia acquiert la société de logistique Sogescaut

La coopérative champenoise Cérèsia (734 M€ de chiffre d’affaires en 2023-2024) vient de renforcer son dispositif logistique avec l’acquisition de Sogescaut, une société de services logistiques installée à Prouvy (Nord). Le site de 7 ha, dont 35 000 m² couverts, dispose d’un accès privé aux berges de l’Escaut, canal à grand gabarit. Il doit permettre à terme le transit d’environ 400 000 t de céréales, assorti d’une capacité de stockage de 60 000 t. Une implantation stratégique, tournée vers les débouchés d’Europe du Nord, mais qui pourra également bénéficier du futur canal Seine-Nord-Europe. Cette opération s’inscrit dans la stratégie Horizon 2027 de Cérèsia, construite autour de trois axes. Premier d’entre eux : l’amélioration de la performance de la coopérative, via une augmentation de la collecte et un plan d’économies de près de 9 M€ par an jusqu’en 2027. Deuxième volet du plan stratégique : des investissements dans de nouvelles filiales pour renforcer ses capacités ou développer de nouveaux métiers, le tout grâce à une enveloppe de 14 M€. Enfin, la coopérative ambitionne d’atteindre 100 % d’engagements dans des pratiques agroécologiques pour ses 8 000 adhérents d’ici 2027. En 2025, 52 % d’entre eux étaient déjà engagés dans une pratique durable. (Elena Blum)

Protéines végétales : fort recul de l’action Beyond Meat

À la Bourse de New York, l’action du fabricant de substitut végétaux à la viande Beyond Meat a enregistré le 29 septembre une chute de 32,1 %, pour s'établir à 1,93 $, après avoir atteint un plancher à 1,23 $ lors de la séance. Depuis le début de l'année, le titre Beyond Meat a perdu environ 50 % de sa valeur. « Le mois dernier, l'entreprise a publié une baisse de son chiffre d'affaires et une perte plus importante que prévu, évoquant une demande américaine en berne. Elle a également indiqué faire face à un niveau élevé d'incertitude et ne fournira aucune prévision annuelle », explique Reuters. Beyond Meat a déposé le 29 septembre à la Bourse une proposition d'échange d’obligations afin de réduire fortement son endettement et allonger la maturité de sa dette. Selon ce document, près de la moitié des détenteurs des obligations portant l’échéance 2027 ont déjà accepté l'offre d'échange, tandis que les autres créanciers ont jusqu'au 28 octobre pour se prononcer. Selon LSEG (London Stock Exchange Group), sur les neuf analystes qui suivent Beyond Meat, trois recommandent de conserver le titre, tandis que six préconisent de vendre ou vendre fortement l'action.

Insectes : la période d’observation d’Ynsect prolongée jusqu’en janvier 2026

La société Ynsect, actuellement en redressement judiciaire, a obtenu une nouvelle prolongation de sa période d’observation jusqu’au 12 janvier 2026. Cette poursuite a été décidée lors d’une audience au tribunal de commerce d’Évry le 15 septembre, puis communiquée par Ynsect le 25 septembre. En juin, la société avait déjà obtenu une prolongation jusqu’en septembre. Son p.-d.g. Emmanuel Pinto a présenté le plan d’affaires au tribunal, dans un contexte contraint, puisque la société a mobilisé des fonds, mais seulement pour assurer son fonctionnement jusqu’à la fin de l’année. En juin, Ynsect affirmait avoir obtenu de ses actionnaires un engagement de 8,6 M€. Son plan de redressement nécessite un financement de 24,4 M€ supplémentaires. « Nous nous concentrons désormais sur la sécurisation de nos marchés, sur nos besoins de financement et sur la réorganisation du bilan de la société », déclare le dirigeant. Des essais ont été réalisés au cours de l’été afin de mettre en place de nouvelles méthodes de production des vers de farine (ténébrions molitor) moins couteuses. « Les tests opérationnels d’un nouveau mode d’élevage ont montré une réduction de plus de 70 % du coût de production des larves d’insectes, dépassant les prévisions », souligne Ynsect.

Volailles/lapins : une nouvelle version de l'indice Itavi pour les aliments

Une nouvelle version de l’indice Itavi coexiste avec l’ancienne depuis début septembre, et sera unique à compter de janvier 2026, prévient l’institut technique de l’aviculture dans un communiqué du 25 septembre. Cette famille d’indices mesurant l’évolution du coût des matières premières des aliments pour volailles et lapins est largement utilisée dans les relations contractuelles. Il se doit de prendre en compte les dernières évolutions génétiques et de modes d’élevage depuis la dernière révision en 2016, explique l’institut. Le chef du projet Mohamed Bouzidi indique à Agra Presse deux améliorations notables : une meilleure prise en compte de l’aliment déshydraté dans l’aliment en maternité de lapins ; et l’adaptation du calcul à la mutation de la production d’œufs vers les systèmes alternatifs (au sol et en plein air). Plus marginalement, les poids des matières premières varient. La reformulation a été travaillée avec les fabricants d’aliments et leurs fédérations (Snia et LCA Nutrition animale). Pour les usagers, la base 100 du nouvel indice est janvier 2020, contre janvier 2014 pour l’ancien, et l’indice sur la période 2014-2020 a été recalculé.

Bovins : la canicule du début d’été a accéléré la décapitalisation (Idele)

La canicule de fin juin et début juillet, mettant les prairies à l’arrêt, a poussé les éleveurs à « réformer précocement » des vaches laitières comme allaitantes, provoquant une accélération de la décapitalisation et une hausse des abattages, indique l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances le 22 septembre. « La baisse du cheptel reproducteur s’est accélérée », s’établissant au 1er août à -2,6 % sur un an pour les vaches allaitantes (à 3,311 millions de têtes) et à -2,3 % pour les laitières (3,211 millions). Les réformes ont suivi le mouvement inverse, avec 2,6 % de vaches allaitantes abattues en plus en juillet (sur un an) et 3,6 % de laitières en plus. Ce rebond n’a pas suffi à faire progresser la production française de viande de gros bovins : en volume, celle-ci « a reculé de 3 % sur les huit premiers mois de l’année 2025 (-20 000 téc), contre une stabilité des tonnages en 2024 ». Le sursaut du mois de juillet a été suivi d’un contrecoup, les abattages ralentissant de nouveau en août et septembre (-4,6 % sur six semaines). Quant aux abattages de jeunes bovins (JB), ils ont évolué à l’inverse de ceux des vaches et ont donc progressé en fin d’été. Ce qui s’est reflété dans leur prix : en semaine 37 (du 8 septembre), la cotation française du JB U s’établissait à 7,03 €/kg carcasse, soit +31 ct€/kg en quatre semaines.

Spiritueux : Diageo achève la cession d’une usine dans le nord de l’Italie

Le géant mondial des spiritueux Diageo a achevé la cession auprès de NewPrinces d’une usine dans le nord de l’Italie pour 100 M€, a indiqué l’acquéreur le 30 septembre. L'unité de Santa Vittoria d'Alba, au nord-ouest du Piémont, continuera à fournir des produits aux filiales du groupe britannique sur une période pouvant aller jusqu'à 15 mois, d’après la société italienne. NewPrinces a été fondé par l'entrepreneur Angelo Mastrolia, qui a commencé avec une petite entreprise laitière à Salerne, indique l'agence Reuters. Son développement s’est opéré via des acquisitions, l’italien achetant souvent des actifs en difficulté à de grands groupes multinationaux. Début septembre, Diageo a aussi annoncé la vente de sa liqueur Sheridan's au groupe portugais Casa Redondo. Présente dans plus de 50 pays, Sheridan's est une marque emblématique de café-crème à deux parties, largement distribuée en Europe.

Œnotourisme : à Bergerac, la Maison Wessman investit 20 M€ (presse)

La Maison Wessman, propriété d’un milliardaire islandais située dans le vignoble de Bergerac, investit 20 millions d’euros dans les vignes, la cave et la création d'un « éco-village » œnotouristique, indique le quotidien Les Echos le 1er octobre (article payant). Un restaurant de Thierry Marx, créé en juin au domaine des Verdots, en Dordogne, constitue la première pierre du projet. En partenariat capitalistique avec le chef, Robert Wessman prévoit la construction de 15 meublés touristiques à architecture bois. Le milliardaire possède aujourd'hui 74 ha de vignes, dont une partie à Limoux, dans l'Aude, indique le quotidien.

Pommes : premières variétés certifiées hypoallergéniques lancées en Europe

Le lancement commercial de la marque de pommes hypoallergéniques Pompur a été annoncé à l’occasion du salon Fruit Attraction à Madrid (30 septembre au 2 octobre), rapporte le média FreshPlaza le 29 septembre. À partir du 15 novembre, elle sera officiellement disponible à la vente sur le marché européen, selon l’université des sciences appliquées d'Osnabrück (Allemagne). Destinée aux personnes allergiques, la marque ombrelle Pompur regroupe plus précisément deux variétés, identifiées sous les noms de code ZIN 168 et ZIN 186. Il s’agit des premières pommes à être certifiées par le label européen ECARF, qui garantit leur meilleure tolérance pour les personnes allergiques. En tout, il aura fallu cinq années de travail pour que ce projet de recherche allemand aboutisse. Il a été mené par l’université des sciences appliquées d'Osnabrück, l’université technique de Munich et l'hôpital universitaire de la Charité de Berlin, en étroite collaboration avec le programme régional de sélection variétal baptisé « ZIN » installé dans l’Altes Land, haut lieu de l’arboriculture fruitière allemande. Le projet a bénéficié d’un financement de 385 000 € du ministère fédéral allemand de l’Agriculture, dans le cadre du programme « Partenariat allemand pour l’innovation en agriculture ». Grâce à des périodes de récolte différentes, « nous pouvons garantir une disponibilité prolongée » du fruit sur le marché, précise Matthias Schmoldt, arboriculteur et membre de la ZIN.

Fruits et légumes/expérimentation : l'Irfel va renforcer ses liens avec le CTIFL

Lors de son assemblée générale le 17 et 18 septembre en Lorraine, l’Irfel (association française des stations d’expérimentation en fruits et légumes) a échangé avec le CTIFL. « Nous avons convenu de renforcer la communication sur notre partenariat auprès des stations adhérentes, des pouvoirs publics, mais aussi des familles aval de l’interprofession. Il s’agira aussi de fluidifier les partenariats entre les stations et le centre interprofessionnel pour plus d’efficacité, surtout sur le transfert aux producteurs. Des actions concrètes verront le jour pour la fin 2025 », explique Vincent Schieber, président de l’Irfel, à Agra Presse. L’association regroupe 17 stations assurant ensemble un chiffre d’affaires entre 17 et 18 millions d’euros. Récemment, les stations des endiviers et des producteurs corses ont rejoint l’association. Mais l’Irfel a aussi connu la liquidation judiciaire de la Sefra (Rhône-Alpes) en juillet. « Cela a créé un électrochoc dans le réseau. Nous allons renforcer l’aide pratique aux stations pour éviter cela : mise en place de groupes de travail (certification BPE, gestion de station), détection de problèmes financiers en amont, faire jouer le collectif dans le soutien aux stations en précarité, etc. »

Restauration : Macron veut davantage de produits frais en restauration

Tout en annonçant le 29 septembre aux restaurateurs la reconduction de la défiscalisation des pourboires au 1er janvier 2026, Emmanuel Macron a fait une série de déclarations en faveur de l’usage des produits frais. Lors de sa réception à l’Élysée d’une centaine de figures et représentants des métiers de bouche, le président a d’abord souhaité que le nombre de « maîtres restaurateurs », qui cuisinent majoritairement des produits frais de saison, passe de 3 000 à 10 000 à l’horizon 2027, selon la presse. Plus généralement, il faut « mieux faire le distinguo dans les simplifications, les avantages fiscaux et sociaux entre ceux qui font la cuisine et ceux qui réchauffent », a-t-il pointé, cité par France Info le 30 septembre. Catherine Quérard, présidente du GHR (établissements traditionnels, chaînés, publics, etc.) signale, sur le site du groupement syndical, être intervenue à la réception pour saluer cette prise en considération de « l’engagement en termes d’emploi qui existe entre ces différentes formes de restauration ». Enfin, Emmanuel Macron a souhaité davantage de contrôles à l’entrée des denrées importées et une « transformation culturelle » chez les Français en faveur du « juste prix », comme le rapporte France Info.