Agra Business | Etiquetage pesticides, ONICL, Scael, Lidl, 110 Bourgogne/Ynovae

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Pesticides: Bruxelles propose une mise à jour de l’étiquetage

La Commission européenne propose, dans un projet de règlement d’exécution soumis à consultation publique depuis le 6 janvier (et jusqu’au 3 février), d’adapter l’étiquetage des pesticides dans l’UE. Bruxelles souhaite harmoniser les pratiques mises en place dans les États membres pour informer les utilisateurs sur les risques des molécules auxquelles ils ont recours et limiter leurs impacts. Parmi les nouvelles mentions obligatoires envisagées: le rappel des principes de la lutte intégrée contre les ravageurs, une phrase et un pictogramme spécifiques aux produits potentiellement dangereux pour les abeilles, ou encore des informations sur «la possibilité de réduire le volume de produit appliqué lors de l’utilisation de techniques d’application de précision». La Commission suggère aussi la mise en place d’un schéma de couleurs sur l’étiquette des produits phytopharmaceutiques pour les différencier en fonction de leur risque, depuis ceux «à faible risque» jusqu’aux substances «candidates à la substitution». Le règlement prévoit aussi d’imposer des phrases types relatives aux risques pour la santé humaine ou animale ainsi que l’environnement. Bruxelles espère que ce nouveau règlement pourra s’appliquer à partir du 1er janvier 2026. Il faudra avant cela, obtenir le feu vert des Vingt-sept lors d’un vote en comité d'experts (Scopaff).

Céréales : Rabat octroie une aide aux importateurs marocains de blé meunier

Selon un article du média marocain Le Matin du 26 décembre, les autorités locales accordent, depuis le 1er janvier 2025, une aide financière aux importateurs nationaux de blé meunier, valable jusqu’au 30 avril 2025. Suite à une décision des ministères de l'Économie et de l'Agriculture, et de l’ONICL (office des céréales), en fin d’année dernière, les acheteurs marocains de blé étranger recevront une prime forfaitaire, afin «d’assurer un approvisionnement continu des marchés en farine de blé tendre, tout en maintenant des prix accessibles pour les consommateurs marocains», indique le quotidien. Seuls les organismes stockeurs, les coopératives et les meuniers industriels sont éligibles à la prime. Cette aide sera calculée sur une base mensuelle, en fonction «des prix de revient moyens des origines les plus compétitives (Allemagne, Argentine, France, et États-Unis)». Ainsi, quand «l’écart entre les deux prix les plus bas dépasse 30 dirhams par quintal, une majoration de 15 dirhams sera appliquée au prix de revient le plus bas pour établir le calcul». Le Maroc constitue un importateur historique de blé meunier français, surtout cette année. Le pays a connu une récolte 2024 catastrophique, suite à une très intense sécheresse. Ce type de soutien pourrait bénéficier indirectement aux exportateurs de blé français.

Grandes cultures : la Scael dévoilera son nouveau plan stratégique en mai

«Après une campagne 2023/24 de consolidation, nous finalisons l’écriture de notre futur plan stratégique pour les cinq ans à venir», confie Jean-Sébastien Loyer, directeur général de la Scael (1,371 Md€ de chiffre d’affaires, 1800 adhérents, 590 salariés), interrogé par Agra Business. Il sera dévoilé aux collaborateurs en mai, puis une présentation sera faite aux adhérents lors de la prochaine assemblée générale, en décembre. «Le contexte agricole actuel impose d’être encore plus rigoureux. Nous devons être pragmatiques pour cibler les projets les plus pertinents», indique Jean-Sébastien Loyer. Les objectifs de performance resteront centrés sur la diversification des productions, les services rendus aux agriculteurs ou encore, la finalisation du plan silo pour adapter les capacités de stockage (actuellement de 554 000 t) aux volumes collectés : 1,2 million de tonnes en 2023, 1,1 Mt en 2024. Les productions en filière (fenouil, sarrasin, lavandin, maïs waxy, pavot, huiles engagées...) restent une priorité. Elles couvrent désormais près de 15 000 ha, sur les 120 000 ha suivis par la coopérative. Sans en dévoiler davantage, le directeur général explique toutefois que «la partie coopérative du groupe devrait, à moyen terme, subir quelques ajustements.» (Anne Gilet)

Grandes cultures/climat: essais encourageants de fenugrec, sorgho et millet dans l’Yonne

L’Union des productions végétales de l’Yonne (UPVY), qui rassemble des organismes stockeurs (OS) du département (Soufflet, 110 Bourgogne et Ynovae) autour des thématiques d'innovation, a recu les résultats d'une étude commandée à l'Isara de Lyon sur les projections climatiques en 2030 et 2050. «Les conclusions de ce travail faisaient état de baisses de rendements comprises entre 10 et 15 %», relève Eric Ducornet, responsable projets filières de SeineYonne (110 Bourgogne et Ynovae). Les températures et le volume de précipitations devraient rester similaires, mais la répartition de ces moments de chaleur ou de pluie ne seront plus les mêmes, avancent les chercheurs. Pour s’adapter à ce changement de paradigme, les trois OS ont entamé l’expérimentation de productions favorables à ce nouveau climat : fenugrec, sorgho, millet, graines de courges. «Des essais ont été conduits en 2024, et sont adaptés pour être relancés en 2025», indique Eric Ducornet. Les premiers résultats sont encourageants, ces cultures, originaires de pays du sud, étant bien adaptées aux sols argilo-calcaires de l’Yonne. (Elena Blum)

Chanvre : 110 Bourgogne et Ynovae se lancent à l’assaut du marché textile

Après avoir développé, depuis 2015, une filière autour de la paille de chanvre et du chènevis (graine de chanvre), la coopérative 110 Bourgogne se lance cette année, avec Ynovae, sur le marché du chanvre textile. «Nous ne récolterons plus que la tige, et non pas les graines», explique Eric Ducornet, responsable projets filières pour SeineYonne, l’union des deux coopératives. Cette évolution de la production chanvrière se fait en coopération avec deux industriels du secteur: Eurochanvre et Geochanvre, qui commercialisent déjà du chanvre textile. Geochanvre a remporté un financement public de 6 M€, sur 24 M€, pour agrandir et moderniser son outil industriel, situé dans l’Yonne. L'objectif: multiplier par dix sa production de géotextiles de paillage pour l'agriculture et les collectivités locales. «En tant que partenaires historiques sur la R&D, nous souhaitons devenir partenaires dans la production, et approvisionner cette usine, qui devrait être opérationnelle en 2026», ajoute Eric Ducornet. En 2025, les coopératives vont expérimenter la production sur 100 à 200 ha, mais l'objectif final est d’implanter entre 1000 et 1500 ha. (Elena Blum)

Xylella: l'arrêté interdisant l'entrée de végétaux en Corse «contraire au droit de l'UE»

Un arrêté du préfet de Corse de 2015 visant à prévenir l'introduction de la bactérie tueuse d'olivier Xylella fastidiosa dans l'île en interdisant l'entrée de végétaux est «contraire au droit de l'Union européenne», a jugé le tribunal administratif de Bastia. Le tribunal administratif a rappelé mercredi dans un communiqué de presse que la logique du droit européen reposait «sur un principe d'autorisation sous conditions» et pas d'interdiction. Le tribunal était saisi de sept affaires par des pépiniéristes qui s'étaient vu refuser des dérogations pour l'introduction dans l'île de certains végétaux et par l'Union nationale des entreprises du paysage qui avait demandé en vain au préfet l'abrogation de l'arrêté du 30 avril 2015, précise la juridiction. Les sept jugements notifiés mercredi par le tribunal sont le prolongement de la décision du 10 octobre 2024 par laquelle le Conseil d'Etat a ordonné au ministre de l'Agriculture d'abroger, sous un mois, les articles 1er et 2 de cet arrêté qui contreviennent au principe d'autorisation de plantation et de circulation sur lesquels reposent les règlements européens. Ces jugements annulent les décisions des services de l'Etat en Corse interdisant l'entrée de végétaux et enjoignent les préfets de Corse-du-Sud et de Haute-Corse de réexaminer la demande des pépiniéristes dans un délai de deux mois, peut-on lire dans l'une de ces décisions consultées par l'AFP.

Veganuary : 230 entreprises mobilisées d'après L214, Lidl organise une semaine dédiée

Le mouvement anglosaxon Veganuary, consistant à ne pas consommer de produits animaux en janvier, est soutenu en France par l’association antispéciste L214, qui se félicite cette année de « [franchir] un nouveau cap en mobilisant 230 entreprises ». Ces entreprises sont, selon son communiqué, des grandes surfaces, des plateformes de livraison, des chaînes de restauration (comme Paul, Bioburger…), des marques alimentaires (comme Sojasun, Happyvore…), ainsi que des enseignes spécialisées, restaurants et commerces indépendants. Ses bénévoles organiseront des chasses aux produits vegan le 11 janvier dans 19 grandes villes et tiendront des stands de dégustation dans 18 autres villes. De son côté l’enseigne Lild annonce « une semaine dédiée aux produits vegan pour une alimentation plus durable  » dans un communiqué ne mentionnant pas L214. L’enseigne présentera à compter du 22 janvier une gamme végétarienne (sans viande) et végétalienne (sans produits animaux) d’une vingtaine de références. Epinglée par L214 en 2020 pour son manque d’offre en œufs et volailles alternatifs, Lidl s’est depuis largement engagée en œufs pondus hors cage et en poulet European chicken commitment ou de plein air. 

Coopératives : l’«agri-quartier» porté par la Scael ne verra pas le jour

Dévoilé fin 2017 par la coopérative Scael, le projet d'«agri-quartier» intitulé Olis ne verra pas le jour, a appris Agra Business auprès de l'entreprise. Il devait donner une seconde vie aux huit hectares de l’ancien site de collecte de Lucé-Malbrosses (Eure-et-Loir) pour lier le monde rural et le monde citadin. « Les blocages réglementaires s’avèrent trop nombreux, explique Jean-Sébastien Loyer, directeur général de la Scael. Aujourd’hui, nous devons choisir nos combats. Les enjeux financiers sont trop importants et ce projet n’est, au final, pas essentiel à la vie de la coopérative. Nous avons donc fait le choix, à regret, d’abandonner ce dossier, pourtant innovant.» Le site devait rassembler, sur un même lieu, une ferme aquacole, des serres de maraîchage, des magasins de produits locaux, un restaurant, des habitations à basse consommation d’énergie... «La partie aquacole – production de saumons et de truites- , qui est déjà expérimentée depuis plusieurs années, sera conservée, précise-t-il, mais sous forme de plus petites unités, dans les exploitations de nos adhérents.» Quant au site de Lucé, il devrait, à terme, héberger des logements «classiques». (Anne Gilet)