Machinisme: le concessionnaire automobile BPM s'agrandit encore dans l'agriculture
Historiquement concessionnaire automobile dans l'ouest de la France, le groupe BPM vient d'annoncer, sur le réseau social Linkedin le 23 janvier, une nouvelle acquisition dans le secteur agricole, avec la reprise des établissements Chesneau. Distributeur du tractoriste John Deere, la filiale agricole de BPM compte désormais 35 établissements dans l'Ouest et le Centre de la France. BPM avait fait l'acquisition de deux concessionnaires de machines agricoles en 2022, Agreom et Ouest agri, qui avaient fusionné pour devenir BPM agri. Cette opération confirme l'attrait du marché des machines agricoles comme voie de diversification pour les concessionnaires automobiles. En 2024, le spécialiste de l’automobile Emil Frey avait racheté en quelques mois les concessionnaires Bretagri, (chiffre d’affaires de 30 M€ en 2023), puis Gabagri (chiffre d’affaires de 75 M€ en 2023). Nos confrères de La France agricole signalent également qu'en octobre, dans le nord-est de la France, le concessionnaire automobile Gueudet a repris les établissements Primault.
Coopératives: Lorca renforce son activité Espaces verts en acquérant Royer Motoculture
La coopérative Lorca a annoncé avoir acquis, le 2 janvier, les établissements Royer Motoculture. Cette acquisition permet à la coopérative lorraine d’élargir son portefeuille de produits et services à destination des professionnels, notamment dans le domaine de l’entretien des espaces verts. L’intégration de cette société s’inscrit dans la stratégie de diversification de Lorca. En effet, le groupe a créé la société Etceterra en 2023, pour développer les activités de motoculture (sous les enseignes Bois & Jardins, Ruffenach et, à présent, ETS. Royer Motoculture). Lorca dispose également de sa filiale Viridis, spécialisée dans les agrofournitures pour les professionnels des espaces verts. ETS. Royer Motoculture, entreprise familiale créée en 1850, commercialise des tondeuses, des outils portables, des motoculteurs, des tracteurs adaptés en espaces verts, ainsi que des équipements liés à la manutention, à l’entretien des sols et à l’utilisation de technologies sur batterie. Le pôle matériaux, énergies et espaces verts de Lorca a réalisé un chiffre d’affaires de 52 M€ en 2023-2024, pour un CA total du groupe à 395 M€. (Elena Blum)
UE/Mexique : des contingents tarifaires pour le Mexique revus à la baisse
Une semaine après l’annonce de la finalisation des discussions pour la modernisation de l’accord commercial entre l’UE et le Mexique, la Commission européenne a fourni, le 24 janvier, des éléments complémentaires quant à l’accès au marché de l’UE pour les produits agricoles mexicains. Ainsi, après avoir vanté les opportunités offertes pour les exportations de produits agroalimentaires européens, Bruxelles indique également que les dernières discussions ont permis de réduire les volumes pour certains contingents tarifaires agricoles du Mexique vers l’UE. Ainsi, les contingents 10 000 tonnes (t) de viande bovine et 10 000 t d’abats de bœuf initialement prévus dans l’accord de 2020 passent à 5 000 t chacun dans celui de 2025. De son côté, le quota de 10 000 t fixé pour les importations de filets de poulet est ramené à 6 667 t tandis que celui pour l’éthanol est dorénavant établi à 12 500 t contre 25 000 t en 2020. Le nouveau commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, viendra présenter aux eurodéputés le résultat de ces négociations lors de la réunion de la commission du Commerce international du Parlement européen prévue le 29 janvier.
Betteraves/néonicotinoïdes : outre-Manche, le gouvernement travailliste refuse les dérogations
C'était une promesse de campagne ; au Royaume-Uni, le nouveau gouvernement travailliste, en poste depuis cet été, ne souhaite plus accorder de dérogations à l'interdiction de l'usage des néonicotinoïdes, comme le faisait le gouvernement conservateur depuis quatre ans. Les Travaillistes semblent tenir leurs promesse : selon un article du média agricole britannique FarmingUK, paru le 24 janvier, les producteurs britanniques de betterave sucrière (NFU Sugar) et les industriels du sucre (British Sugar), et l’institut de recherche de la filière (British Beet Research Organisation), réclament une réunion d’urgence avec le ministère de l’environnement (Defra), suite au rejet de leur demande d’autorisation d’utiliser un néonicotinoïde en 2025, en cas de risques significatifs d’apparition de la jaunisse virale. La filière britannique réclamait l’autorisation de recourir au Cruiser SB dans le cas où «une prévision scientifique indépendante de la pression des ravageurs dépasse un seuil de gravité», a déclaré au média le dirigeant de la NFU Sugar Michael Sly. Mais le ministère a rétorqué qu’il était «clair» que le néonicotinoïde était «extrêmement toxique» pour les pollinisateurs. Sans solution de court terme en cas de problème, la filière demande le soutien des autorités. Fin décembre, le gouvernement avait indiqué qu'il recherchait des voix législatives pour se prémunir de toute dérogation à l'avenir.
Blé: première inscription de variété hybride pour Syngenta, lancement commercial aux semis 2026
Avec plusieurs années de retard sur ses annonces, le semencier Syngenta indique dans un communiqué paru le 24 janvier avoir réussi à obtenir l'inscription en France de ses premières variétés de blé hybride au catalogue officiel. Au total, onze variétés sont en cours d'évaluation en vue d'une première commercialisation pour les semis 2026, dans l'ensemble des régions françaises. Par rapport aux lignées dont il est issu par croisement, l’hybride montre généralement de meilleures performances: c’est l’effet d’«hétérosis» – mais son coût est plus élevé. Le différentiel est d’environ 100 €/ha par rapport aux semences certifiées de lignées, selon nos collègues de Réussir Grandes cultures. Le semencier Saaten-Union est le premier à avoir lancé des variétés de blé hybride en France, et prévoyait d'atteindre 100 000 hectares en 2025. Syngenta n'est pas seul dans la course. BASF, Bayer et RAGT Semences ont également annoncé des variétés hybrides de nouvelle génération, obtenues par d'autres voies de sélection qui promettent une baisse des prix, rapporte Réussir Grandes cultures.
Céréales : la meunerie française partie pour retrouver des volumes d'avant Covid
Contactée par Agra Presse, l’association nationale de la meunerie française (ANMF) estime que la quantité de blé tendre hexagonal écrasée par l’industrie a augmenté de 6% sur les 11 premiers mois de 2024 (par rapport à la même période de 2023), avec 4,8 Mt. S’il manque encore les chiffres de décembre 2024, «la période des fêtes étant habituellement propice à la consommation de farine, les livraisons déjà réalisées en décembre pourraient permettre à la meunerie de renouer avec ses volumes d’avant la crise du Covid», se réjouit Jean-Jérôme Javeleaud, administrateur de l’ANMF. Plusieurs raisons sont avancées pour justifier ce constat. Une note du syndicat de décembre 2024 fait état d’un bon dynamisme du marché de la farine, que ce soit au niveau intérieur ou à l’export. Concernant ce dernier, la meunerie relève la hausse annuelle des exportations nationales de farines, qu’elles soient brutes ou travaillées (transformées en pains, en viennoiseries, etc.). Selon les statistique douanières, 197 900 t de farine brute ont été expédiées entre janvier et novembre 2024, contre 194 300 t sur l’ensemble de 2023. Et, selon FranceAgriMer, 137 000 t de farines transformées ont été expédiées en 2024, contre 127 000 t en 2023. Autre explication invoquée justifiant l’accroissement de la demande de blé par les meuniers: «Il faut plus de grain pour produire la même quantité de farine, en raison des faibles poids spécifique (PS) obtenus lors de la récolte hexagonale 2024», précise Jean-Jérôme Javeleaud.
Viande bovine: en 2025, baisse prévue de la production, «bousculée par le sanitaire» (Idele)
Sous l’effet cumulé de la décapitalisation et des maladies vectorielles, la production française de viande bovine devrait chuter de 1,8% en 2025 (à 1,29 Mtéc), selon les prévisions de l’Institut de l’élevage (Idele). La maladie hémorragique épizootique (MHE) et la fièvre catarrhale ovine (FCO) provoquent «une surmortalité et des problèmes de fertilité», analyse l’institut technique dans un communiqué le 22 janvier. Des difficultés de reproduction qui ont incité les éleveurs à faire abattre plus de vaches. Le contrecoup? Une reprise de la décapitalisation à l’automne 2024, suivie en 2025 de moindres réformes et donc d'une baisse attendue de la production de femelles (-3,6%). La production de broutards, elle, devrait chuter lourdement (-8,2%, à 862 000 têtes), cumulant déficit de naissances et réorientation des jeunes animaux vers l’engraissement. «Les engraisseurs français sont parvenus à stabiliser leurs achats en 2024», note l’Idele, avec une production de taureaux et taurillons stable en 2025 (après +2,1% en 2024). Quant à la production de veaux de boucherie, après deux années de forte chute aggravée par la flambée de l’énergie, elle voit sa «baisse structurelle» ralentir en 2024 (-4,3%) et probablement en 2025 (-2%).
Viande : aux Etats-Unis, JBS va développer des projets de production de biogaz
Pilgrim’s USA, deuxième industriel nord-américain du poulet, annonce l’aboutissement d’un premier projet d’injection de biogaz avec son partenaire GreenGasUSA, en Caroline du Sud. Sa maison-mère JBS a diffusé un communiqué le 15 janvier annonçant la distribution de biogaz à partir de l’usine Pilgrim’s de Sumter dès la fin janvier. D’autres suivront ; GreenGasUSA et JBS étant en train de développer et construire d’autres projets de «gaz naturel renouvelable» situés dans des installations de traitement des déchets d’abattoirs à travers les États-Unis. Pour ce premier projet, GreenGas s’appuie sur les capacités existantes de captage du méthane auprès de cette usine et les nouvelles capacités de conversion du biogaz issu des eaux usées, ce dernier étant «mis à niveau» avant d’être injecté dans le gazoduc, détaille le communiqué. Ce projet est le premier opérationnel dans le cadre d’un partenariat stratégique entre les deux entreprises «axé sur l’adoption des technologies d’économie circulaire et la réutilisation des flux de déchets en énergie renouvelable», formule le communiqué.
Porc: Tönnies devient Premium Food Group et signe un accord tripartite avec Rewe (presse)
Dans le cadre de la semaine verte à Berlin, l’enseigne allemande de distribution Rewe, l’industriel de la viande Premium Food Group (ex-Tönnies, renommé depuis le 1er janvier 2025) et un éleveur de porcs ont signé un accord tripartite pour la distribution dans le Schleswig-Holstein (extrême nord) de viande de porc locale, rapporte la presse agricole en Allemagne. Cet accord, auquel a assisté le ministre de l’Agriculture du land, Werner Schwarz, implique les éleveurs de ce land situé à l’extrême nord de l’Allemagne. Il est conclu dans le cadre du programme «Porcs fermiers» du distributeur. Ces éleveurs vont fournir, via l’abatteur, des porcs élevés selon le niveau 3 de ce programme relatif au bien-être animal (40 % d’espace en plus, accès à l’air extérieur, aliment sans OGM). La viande sera distribuée à partir de l’été 2025 dans tous les magasins Rewe du Schleswig-Holstein et de Hambourg. Le journal Land&Forst (Terre&Forêt) rapporte les commentaires de deux éleveurs, satisfaits de cet «engagement collectif et transparent pour le bien-être animal» et engageant sur le plan financier.
Canard à foie gras : accord entre Metro, Labeyrie et Lur Berri au profit de l’origine Sud-Ouest
Les Halles Metro, l'industriel Labeyrie Fine Foods et Lur Berri ont annoncé par un communiqué commun ce 23 janvier un accord tripartite visant à valoriser auprès des métiers de bouche les canards à foie gras sous IGP Sud-Ouest des éleveurs de la coopérative. L’équilibre matière fait partie des principes fondamentaux de la nouvelle convention : le foie gras ainsi que les viandes seront commercialisés auprès des métiers de bouche «pour assurer une valorisation complète et pérenne», est-il expliqué. La convention signée reprend les termes de la charte éthique établie en juillet 2024 entre Lur Berri et sa filiale Labeyrie Fine Foods (portant sur 5 ans d’engagement, un prix annuel indexé sur l’aliment, la gouvernance, l’ergonomie, le bien-être animal, la décarbonation, etc.). Elle promet aux clients de Metro France des produits IGP Sud-Ouest issus de canards nourris avec des céréales 100% françaises, ainsi que du soja et du maïs du Sud-Ouest, par nature sans OGM et non-déforestants ; des qualités expliquées via un QR code. Elle prévoit aussi un nouveau diagnostic environnemental en cours et des plans de progrès pour réduire l’empreinte carbone. Ainsi les trois partenaires renforcent leur collaboration historique.
Fromages: rappel de morbier après une possible contamination par la bactérie E. coli
Les autorités sanitaires ont procédé au rappel de fromages Morbier au lait cru fabriqués par la société Perrin-Vermot, basée dans le Doubs, en raison d'une possible contamination par la bactérie Escherichia coli (E. coli), ont-elles annoncé samedi dans un communiqué. Onze cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU) dus à cette bactérie ont été identifiés par les autorités sanitaires chez des adultes, dont neuf confirmés par le Centre national de référence des Escherichia coli (Institut Pasteur Paris et Hôpital Robert Debré), indiquent-elles. Les investigations menées par Santé publique France ont conduit à identifier des éléments épidémiologiques et de traçabilité convergents, «faisant le lien avec la consommation de fromages Morbier au lait cru produits par la société Perrin-Vermot (25) et la survenue de ces cas groupés de SHU». «Des investigations microbiologiques sont en cours sur les produits de la fromagerie», ajoutent les autorités sanitaires. Les produits ont été commercialisés entre le 12 novembre 2024 et le 24 janvier 2025 par la fromagerie Perrin-Vermot sur l'ensemble du territoire, en direct, en grande surface ou par des intermédiaires. Les autorités sanitaires demandent aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer.
Crise de la lavande/lavandin : FranceAgrimer propose des pistes de reconversion
Des débouchés seraient possibles en élevage ovin et bovin (et dans une moindre mesure en porc plein air) pour les producteurs de lavande et de lavandin subissant la crise du secteur (surproduction, climat, sanitaire) et tentés par une reconversion. C’est ce que souligne une étude FranceAgriMer présentée le 24 janvier et réalisée par le bureau d’études Ceresco et la chambre d’agriculture de la Drôme. L’étude s’est appuyée sur la situation des marchés de ces productions et leur potentiel de développement dans la région concernée (contreforts de Lure, plateau d’Albion et de Valensole, Baronnies, Vallée du Rhône, Préalpes de Digne) soit 32 800 hectares dont 15% environ estimés en surproduction. «L’élevage est la seule piste de diversification possible pouvant convertir un nombre conséquent d’hectares dans la zone historique lavandicole, mais c’est un autre métier» a-t-il été expliqué. De fait, un certain nombre de prérequis devraient satisfaits : autonomie fourragère, gestion des maladies et du loup, astreinte quotidienne, bâtiments… «Les pistes existent mais il n’y a pas de solution miracle», reconnait Alain Aubanel président du comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises (Cihef). Parmi ces pistes, certaines productions végétales ont été évoquées : cameline (en filière industrielle ou en dérobé), lentille, pois chiche. L’arboriculture et le maraîchage semblent moins probables compte tenu des besoins en irrigation.
Fleurs : Valhor lance sa propre étude sur les résidus de pesticides chez les fleuristes
L’interprofession horticole va lancer dans quelques jours la phase opérationnelle d’une étude technique, qualitative et quantitative, visant à évaluer la présence de résidus de certains produits phytosanitaires sur les végétaux vendus, a expliqué Florent Moreau président de Valhor à Agra Presse le 24 janvier. Les résultats devraient être dévoilés à l’automne 2025. «C’est une étude volontaire et proactive, allant au-delà du cadre réglementaire actuel qui a été décidée suite à l’affaire Marivain», explique-t-il, «Des études similaires ont été menées en Belgique et en Allemagne mais avec des conclusions différentes. Il s’agit de rassurer les professionnels sur le sujet. Mais aussi le consommateur afin que l’achat de fleurs demeure un plaisir». Et d'assurer que la filière agissait depuis plusieurs années sur la réduction des molécules utilisées et le développement de la PBI (production biologique intégrée), tout en soulignant un «besoin» de traitement phytosanitaires. D’autre part, Valhor a pris contact avec l’Anses et sera contributeur de sa mission d’évaluation de l’exposition aux pesticides des fleuristes, annoncée le 20 janvier: «Nous nous réjouissons de participer à cette étude, continue Florent Moreau, «ce travail pourrait déboucher sur l’évolution de la réglementation. Mais gardons-nous d’une solution trop spécifiquement française. Le marché de la fleur, très globalisé, demande une réponse au niveau européen».
Alternatives aux insecticides: du liquide séminal d'insecte rendu toxique (étude)
Pratiquant des expériences sur l’espèce modèle Drosophila melanogaster (mouche du vinaigre), des chercheurs sont parvenus à créer des individus mâles génétiquement modifiés produisant du liquide séminal toxique pour les femelles. Ces dernières sont généralement les plus nuisibles pour la santé végétale ou humaine. D'après une étude parue dans la revue scientifique Nature Communications du 7 janvier, la longévité des dites femelles est drastiquement réduite suite à l'accouplement avec les mâles "toxiques". En tuant directement les femelles accouplées, l'intérêt de cette nouvelle technique est de les empêcher de s'attaquer aux cultures (ou aux humains) immédiatement. Il s'agit du principal avantage par rapport à la stratégie de lutte biologique via le lâchage d’insectes stériles ; avec cette technique, testée en culture de cerise contre la drosophile à ailes tachetées (Drosophila suzukii), les œufs résultant des croisements entre mâles stérilisés et femelles sauvages ne se développent pas, mais ces femelles peuvent tout de même engendrer des dégâts. Cette découverte pourrait potentiellement s’appliquer pour lutter contre «la légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda)», un ravageur majeur du maïs, du sorgho, du coton etc., ou justement «contre Drosophila suzukii, qui s’attaque aux petits fruits (cerise, framboise, fraise, myrtille…)», complète Nicolas Rode, chercheur à Inrae.