Vins/spiritueux : Moët Hennessy va supprimer plus de 10 % de sa masse salariale (presse)
LVMH envisage de supprimer quelque 10 % de la masse salariale de Moët Hennessy, qui rassemble les marques de champagne, vins et spiritueux du groupe, selon La Lettre ; des informations confirmées le 1er mai partiellement à l'AFP par la division qui ne donne pas de chiffres. Selon la Lettre, le p.-d.g. de Moët Hennessy Jean-Jacques Guiony et son directeur général adjoint Alexandre Arnault ont annoncé le 30 avril, dans une vidéo préenregistrée envoyée aux salariés de la société, leur intention de supprimer à terme de 1 000 à 1 200 postes. Ces suppressions se feront via le non remplacement des départs sur les 9 400 postes que compte la division dans le monde, sans recours à un plan social. La filiale vins et spiritueux de LVMH a connu un net recul en 2024, avec un chiffre d'affaires en repli de 11 % sur l'année à 5,9 milliards d'euros (Md€) ; la baisse s’est poursuivie au premier trimestre 2025 (-8 % sur un an, à 1,3 Md€). « Après trois années exceptionnelles, la normalisation post-Covid de la demande de champagne et de cognac, amorcée en 2023, s'est poursuivie dans un contexte de ralentissement de la consommation et de marché plus difficile en Chine », faisait valoir LVMH à l'occasion de la publication de ses résultats annuels, fin janvier.
Porc : les États-Unis autorisent un porc résistant au SDRP obtenu par édition génomique
L'agence sanitaire états-unienne (FDA) a autorisé la commercialisation dans le pays de porcs dotés par édition de gènes d’une résistance au SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire du porc), informe l’université d’Edimbourg, partie prenante de l'innovation, dans un communiqué le 1er mai. Le gène porcin CD 163 a été modifié par l’institut Roslin de l’université écossaise, supprimant le récepteur à la surface des cellules où s’accroche le virus. La souche porcine a été développée avec le sélectionneur international Genus PIC. L’autorisation américaine est une étape vers une diffusion plus large, selon le communiqué. Le professeur Bruce Whitelaw, de l’institut Roslin, y voit même une « étape historique pour l’élevage ». Après ce premier succès pour Genus PIC, l’entreprise de génétique recherche désormais en priorité des autorisations dans les pays acheteurs de porcs des États-Unis, indique le p.-d.g. de Genus Jorgen Kokke. Dans le communiqué, l’université d’Edimbourg rappelle que les fièvres, gênes respiratoires et avortements causés par le SDRP font perdre chaque année environ 2,5 Md$ aux producteurs des États-Unis et d’Europe.
Insectes : le danois Enorm Biofactory en difficulté, faute de «demande suffisante»
Le producteur d’insectes danois Enorm Biofactory a révélé le 25 avril avoir déposé « une requête auprès du tribunal des faillites afin d'engager une procédure de restructuration ». Selon un communiqué de la start-up spécialiste de la mouche soldat noir, cette décision du conseil d’administration fait suite « aux difficultés rencontrées pour garantir une demande suffisante pour les produits de l'entreprise dans le contexte actuel ». En dépit d’être d'être l'une des usines de production d'insectes « les plus avancées des pays nordiques » selon Enorm Biofactory, le site a rencontré des difficultés dès son démarrage, aujourd’hui dépassées. « La réticence du marché a rendu difficile l'obtention de ventes et de financements adéquats », souligne Carsten Lind Pedersen, PDG d’Enorm Biofactory. Le site ouvert mi-2024, d’une superficie de 22000 m2, est capable de produire 10 000 tonnes de farine d'insectes par an. Plusieurs scenarios s’ouvrent désormais à la start-up qui pourrait poursuivre son aventure « au sein d'une nouvelle structure ou avec de nouveaux partenaires. » Les actionnaires vont maintenant travailler avec l'administrateur de la reconstruction afin que le site puisse être pérennisé pour la production d’insectes ou comme « plate-forme pour une configuration bio-industrielle plus large, créant des synergies entre les secteurs de l’alimentation humaine, animale et énergétique. »
Dénominations animales : en Suisse, la justice les interdit pour les produits végétaux
Un tribunal en Suisse a considéré le 2 mai que des noms d'animaux ne peuvent pas être utilisés pour décrire des produits végan, estimant que des expressions comme « poulet végétal » ou « porc végane » constituent une tromperie pour les consommateurs. « Le terme " poulet " désigne une volaille, soit un animal », a indiqué le tribunal fédéral dans un communiqué, estimant que, au regard du droit suisse, « toute indication concernant des denrées alimentaires doit être conforme à la réalité ». Or, « un produit végétal qui fait référence au terme " poulet " et ne contient pas de viande constitue une tromperie », a ajouté ce tribunal à l'issue d'une délibération publique. Selon ce tribunal, « les produits d'imitation », mais aussi « la publicité pour ces produits », doivent être « conçus de manière à permettre au consommateur de reconnaître le type de denrée alimentaire et de différencier la denrée des produits avec lesquels elle pourrait être confondue ». Ce conflit concerne le fabricant suisse de substituts de viande Planted Foods, une start-up issue de l'École polytechnique fédérale de Zurich créée en 2019. Dans l’UE, la Cour de justice a autorisé en octobre 2024 l’utilisation des dénominations animales pour les produits végétaux, provoquant l’annulation de décrets français.
Bioéconomie : Roquette finalise l’acquisition d’une société pharmaceutique
Dans un communiqué du 1er mai, le groupe français Roquette (basé dans le Pas-de-Calais), spécialisé dans la production d’ingrédients d'origine végétale (à partir notamment de maïs, blé ou pomme de terre), a annoncé la finalisation du rachat de la filiale pharmaceutique du groupe états-unien IFF (International Flavors & Fragrances), IFF Pharma Solutions. La société états-unienne est spécialisée dans la production d’excipients de médicaments, fabriqués à partir de cellulose émanant d’algues, rapporte le groupe français. L’opération a pour but de faire en sorte que Roquette devienne « un leader au service des marchés pharmaceutiques mondiaux », indique le communiqué. Le groupe prospecte ainsi des marchés à forte valeur ajoutée et cherche à réduire sa dépendance à son domaine de prédilection qu’est la nutrition, soumis à l’instabilité des prix des céréales. « Cette acquisition nous permettra de mieux équilibrer notre portefeuille entre santé et nutrition, réduisant ainsi notre exposition aux fluctuations du marché des commodités », déclarait par exemple Pierre Courduroux, directeur général de Roquette, lors de la présentation de ses résultats annuels 2024 le 21 mars.
Logiciels/bovins : Isagri entre au capital d’Empovet (appli pour vétérinaires)
Dans un communiqué du 30 avril, le groupe Isagri (370 M€ de chiffre d'affaires, 3 300 salariés) annonce son entrée au capital d’Empovet, qui édite l’application Zoodiag destinée aux vétérinaires ruraux exerçant en élevage bovin « Isagri souscrit à une augmentation de capital réservée, lui permettant de détenir 34 % du capital et des droits de vote d'Empovet », précise le groupe, qui « devient le distributeur exclusif de Zoodiag ». Cette appli vise à « digitaliser la pratique des vétérinaires » et à « renforcer leur lien avec les élevages bovins », selon le communiqué. En particulier, elle permet aux praticiens de préparer les ordonnances numériques et de bénéficier de « modèles prédictifs permettant d’anticiper l’apparition des maladies », réduisant ainsi « l’usage systématique des médicaments ». Quant aux éleveurs bovins, ils « répondent à l’obligation du registre d’élevage ». Ce rapprochement « s'inscrit dans l'évolution réglementaire visant à renforcer la traçabilité des prescriptions médicamenteuses et à développer des plans de prévention efficaces », souligne Isagri. Créée en 2020 par des vétérinaires, Empovet revendique 2 300 élevages et 40 cliniques vétérinaires.
Confiseries: en Autriche, Mondelez délocalise sa production de Mozartkugel
S’il savait cela, son créateur, un confiseur salzbourgeois, se retournerait dans sa tombe: la célèbre boule chocolatée à l’effigie de Mozart que les touristes gourmands ramènent d’Autriche est de plus en plus souvent produite à l’étranger. Le groupe américain Mondelez, qui en confectionnait des millions chaque année à Salzbourg, a transféré en avril la production de sa marque locale Mirabell hors de la contrée alpine, explosion des prix du cacao et coûts de l’énergie élevés obligent. Sans dévoiler la localisation exacte, le groupe assure à l’AFP que ce «joyau» reste fabriqué «au sein du réseau européen», les médias évoquant des pays de l’Est. La Mozartkugel a subi par la même occasion une cure d’amaigrissement: la pièce, vendue moins de 50 centimes d’euro, perd quelques grammes en raison de «ce contexte difficile». De quoi faire grincer des dents chez des concurrents autrichiens impuissants, sachant qu’aucune indication géographique protégée (IGP), label européen de protection, n’impose la fabrication dans un lieu défini.
Céréales : conditions de cultures en France bien meilleures que l'an dernier (FranceAgriMer)
Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs du 2 mai, l’organisme public FranceAgriMer (FAM) rapporte des conditions de cultures de blé tendre, de blé dur, d’orge d’hiver et de printemps bien meilleures que l’an dernier à pareille époque au 28 avril en France. En blé tendre, elles sont jugées bonnes à excellentes dans 74 % des cas, contre 63 % l’année dernière à la même période. Ce taux s’affiche à 70 % en orge d’hiver (66 % en 2024) et à 82 % en orge de printemps (74% en 2024). En blé dur, 76 % des parcelles se développent dans des conditions bonnes à très bonnes, contre 66 % l’an passé à la même époque. Signalons également la bonne avancée des travaux d’emblavement de maïs, réalisés à hauteur de 62 % au 28 avril, contre seulement 42 % l’année dernière à la même période. Ce rythme s’avère plus conforme à la norme habituelle, puisque lors des cinq dernières années, le taux d’avancement de ces travaux s’affichait à 63 %. Pour rappel, le printemps 2024 s’était révélé extrêmement pluvieux, retardant grandement les semis.
Riz : le Chili expérimente une variété permettant d'éviter l'inondation des rizières
Dans les plaines du sud du Chili, de plus en plus touchées par la sécheresse, une expérimentation ouvre de nouvelles perspectives pour la culture du riz, grâce à une variété capable d'assurer de bons rendements avec moins d'eau face aux climats extrêmes. Alors que le Chili subit depuis 15 ans une sécheresse inédite, liée au changement climatique selon les experts, Karla Cordero, ingénieure agronome de l'Institut national de recherche agricole (INIA), a mis au point une nouvelle variété de cette céréale, Jaspe, issue du croisement de semences chiliennes et russes, plus résistante aux conditions extrêmes. Grâce à cette nouvelle variété non transgénique, elle a pu mettre en oeuvre le Système de riziculture intensive (SRI), une technique développée dans les années 1980 visant notamment à réduire l'inondation des rizières. Souvent jugé trop exigeante à mettre en place, elle a démontré son efficacité lors de son association à cette variété mieux adaptée au stress hydrique. «Nous avons réalisé qu'il était possible de produire du riz sans inonder. Et malgré l'utilisation de moins de semences, obtenir la même production qu'avec un système traditionnel», explique Karla Cordero. En coordination avec l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture, la technique sera testée prochainement au Brésil - plus grand producteur de riz des Amériques, en Uruguay et en Equateur.
Pomme : les bandes fleuries pour lutter contre les ravageurs sont rentables (étude)
Mettre en place des bandes fleuries dans les vergers peut être une solution « rentable » contre les ravageurs, d’après une étude anglaise publiée le 26 avril dans le Journal of Agricultural Economics, qui s’est penchée sur le cas du puceron cendré du pommier ou Dysaphis plantaginea (Passerini). « Les fleurs attirent des insectes utiles, qui travaillent dur pour contrôler les parasites », explique Charlotte Howard, l’autrice principale, sur le site de l’université de Reading. Les chercheurs ont examiné de vrais vergers pendant deux ans, certains avec des bandes fleuries, d'autres sans, et ont développé un modèle pour évaluer les coûts et les gains (liés aux meilleurs rendements). Trois scénarios ont été testés : 1) en bordure improductive en remplacement de l’herbe ; 2) en bordure où des pommiers pourraient être cultivés ; 3) au centre du verger (hypothèse explorée par extrapolation de données). Toutes ces configurations sont rentables en cas de forte pression des ravageurs – respectivement des économies de 1152 £/ha/an, 2670 et 2997. En cas d’infestation faible : 15, −210 et 552, donc ici, seul le scénario n°2 n’est pas rentable.