Biocarburants : Avril annonce un accord pour le rachat d’un site de production
Dans un communiqué du 4 juillet, le groupe Avril a annoncé un accord pour racheter une unité de production de biocarburant basée dans la Meuse à Baleycourt, appartenant au chimiste états-unien Valtris. L’unité en question comprend notamment un site de trituration de graines de colza, d’une capacité annuelle de broyage de 400 000 t par an. Le projet de rachat « reste subordonné à la consultation des instances représentatives du personnel concernées ainsi qu'à l'approbation des autorités de concurrence compétentes », précise le communiqué. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Une des justifications du projet de rachat est le positionnement géographique de l’installation jugé avantageux, car basé dans un grand bassin de production de colza, le tout « dans un contexte de concentration croissante des grands concurrents européens ». De son côté, Valtris continuera d’exploiter ses activités de chimie fine localisées sur le même site. Le groupe Avril avait annoncé de bons résultats financiers en mai dernier, ainsi que la reprise des activités du chimiste Pivert en début d’année.
Biocarburants aériens: projet commun de la Cavac et Dubreuil autour du tournesol
Les groupes vendéens Cavac (1,2 Md € de CA) et Dubreuil (3,3 Mds€ de CA dont 35 % via les compagnies aériennes Air Caraïbes et French bee) ont présenté, le 4 juillet, leur projet expérimental de production d’un biojet : un carburant dédié aux avions, fabriqué à partir d’huile de tournesol conduit en dérobées. 300 ha de tournesol ont, cette année, été implantés fin juin, dès la récolte des orges, en Vendée et dans les Deux-Sèvres, chez 12 agriculteurs. « L’enjeu : créer une nouvelle filière agricole, locale et tracée, pour décarboner le transport aérien », résume Olivier Joreau directeur général de Cavac. Les graines de tournesol récoltées seront triturées chez Saipol et l’huile extraite, remise à un pétrolier, chargé de produire le biojet. Alors que la réglementation européenne impose, dès 2030, une incorporation à hauteur de 6 % de ces SAF (carburant d’aviation durable) – contre 2 % actuellement – cette production, cultivée en interculture, se veut aussi une source de revenus complémentaires pour les agriculteurs. Des tests sont également réalisés avec la cameline, sur 40 ha. « Nous attendons beaucoup des premiers résultats, à l’automne, notamment en termes de rendement et de coût de revient pour valider la rentabilité économique de ce projet », précise-t-il. Si les tests sont concluants, Cavac espère rapidement monter à 3000 ou 4000 ha.
Biochar/biosolutions : un partenariat entre le français Axioma et une entreprise brésilienne
Dans un communiqué du 4 juillet, le français Axioma Biologicals, spécialisé dans la production et la conception de biosolutions (biostimulants, produits de biocontrôle), et le brésilien Futura Headquaters, dédié à la production de biochar (charbon végétal, issu du recyclage de déchets agricoles) ont annoncé la signature d’un partenariat visant à implanter au Brésil des sites de production de biochar, combiné aux biosolutions, dans neuf villes d’ici 2030. L’annonce fait suite à la visite d’État en France du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva. Le partenariat bénéficiera de l’appui des gouvernements brésilien et français. Les deux entreprises prévoient de présenter leur projet lors de la COP30 à Belém du 10 au 21 novembre prochain. Futura Headquaters estime qu’environ 1 Mt de biomasse pourraient être recyclées, permettant la production de plus de 225 000 t de biochar. Cela permettrait de régénérer plus de 60 000 ha de terres agricoles, et de stocker près de 700 000 t de carbone au cours des cinq prochaines années.
Céréales : pas de catastrophisme mais prudence face aux effets de la canicule
Contacté par Agra Presse, Jean-Pierre Cohan, directeur recherche et développement d'Arvalis, a indiqué que les effets des fortes températures observées ces derniers jours sur les cultures de céréales (blés, orges essentiellement) ne devaient pas engendrer « de catastrophisme, tout en incitant à la prudence. Les coupes de blé démarrent tout juste, nous en saurons plus la semaine prochaine ». L’expert divise la France en deux : le sud de la Loire, où le coup de chaud est survenu trop tardivement pour réellement endommager les plantes, et où le déficit pluviométrique est absent, et le nord, où un déficit est présent. Il rappelle que les semis ont été très étalés dans le temps, engendrant des stades de développement très variables. Pour résumer, au nord de la Loire, plus les cultures ont été semées tardivement, plus les risques d’échaudage s’accroissent. Toutefois, Jean-Pierre Cohan précise que « certes il y a un déficit pluviométrique au nord, mais la demande en eau des plantes a été moins élevée, en raison des températures douces du printemps ». De plus, les conditions sanitaires sont bien meilleures que l’an dernier, durant lequel d’importantes maladies foliaires (septoriose) avaient été constatées dans les parcelles.
Importations ukrainiennes : les détails des contingents tarifaires révisés
Alors qu'un accord de principe a été conclu entre l’UE et l’Ukraine sur la révision de l’accord de libre-échange, la Commission européenne a dévoilé, le 4 juillet, les détails concernant les nouveaux volumes des contingents tarifaires. Le quota pour la volaille devrait ainsi passer de 90 000 t à 120 000 t. Celui pour le blé passera de 1 Mt à 1,3 Mt, tandis que celui pour le maïs sera fixé à 1 Mt (contre 650 000 t). Concernant le sucre, l’évolution sera plus importante (100 000 t au lieu de 20 000 t actuellement). L’exécutif européen estime que cela permet de refléter l’évolution du marché par rapport aux montants prévus en 2016. Cela reste, cependant, au-dessous des volumes des mesures commerciales autonomes, mises en place en 2022 après le déclenchement de la guerre. Les contingents pour le miel (35 000 t) et l’orge (150 000 t) ont également vu leur montant augmenter. En contrepartie, l’UE a obtenu une hausse des quotas pour trois produits : le porc (45 000 t), la volaille (120 000 t) et le sucre (100 000 t). Le reste des exportations sera soit libéralisé, soit bénéficiera d’une réduction importante des droits. L’accord doit encore faire l’objet d’une validation du Conseil de l’UE. La Commission européenne espère être en mesure de le présenter d’ici la fin juillet.
Lactalis : la Société générale perquisitionnée sur fond de soupçons de fraudes fiscales
L’enquête ouverte en janvier 2024 par le Parquet national financier (PNF) sur des soupçons de montages fiscaux frauduleux proposés par la Société Générale (SG) à de grandes entreprises dont Lactalis a donné lieu à des perquisitions le 24 juin dans les locaux de la SG. Les investigations visent à vérifier si un service de la banque a pu « proposer et réaliser des montages à but essentiellement fiscal au profit de grandes entreprises françaises », selon une source judiciaire citée par l’AFP. Selon Libération, Lactalis, visé depuis 2018 par une enquête distincte du PNF pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, étendue à des faits de fraude fiscale aggravée, ferait partie des sociétés bénéficiaires. « S'il a été visé par une enquête, le groupe Lactalis n'a toutefois jamais été formellement mis en cause. Il a apporté toutes les réponses au PNF », a indiqué à l'AFP Me Antoine Vey, avocat de Lactalis, qui a évoqué des schémas de financement « légaux » et « conçus par la SG ». « Dès lors, cette nouvelle enquête pourra aussi apporter la démonstration du caractère légal des opérations et du fait que les entreprises françaises qui y ont eu recours l'ont fait de bonne foi - et pas uniquement pour des raisons fiscales d'ailleurs », a ajouté Me Vey.
Porc bio : Auchan lance l’Etiquette Bien-être animal pour le porc Unébio
L’association Étiquette Bien-être animal et Auchan font savoir, dans un communiqué commun du 3 juillet, que sept références de viande fraîche de porc Bio en barquette portent désormais la notation de bien-être animal. Contactée par Agra Presse à ce sujet, la directrice marketing de l’union d’éleveurs bios Unébio espère améliorer les ventes de découpes de longe et, dès lors, l’équilibre matière. Elle précise que la note A est générale, ce qui a demandé « quelques ajustements » en élevage, aux transporteurs et à l’abattoir, qui est Holvia (Terrena), et qu’il n’entraînera « malheureusement pas de plus-value pour les producteurs ». Questionnée sur la motivation de ces derniers, elle invoque les liens historiques entre la filière bovine d’Unébio et Auchan. La filière porc d’Unébio a souffert du déclassement dû à l’inflation et de la désaffection des éleveurs, qui ne sont plus que 22 contre 40 il y a trois ans.
Porc : les discussions pourraient reprendre sur la note C de l’Etiquette Bien-être animal
L’Etiquette Bien-être animal pourrait éventuellement reprendre ses discussions en 2026 pour déterminer la note intermédiaire C dans le référentiel porc, apprend-on d’Aurélia Warin, directrice de l’association réunissant des acteurs des filières et des ONG. Le référentiel Porc était sorti en janvier 2023 sans qu’un consensus ne soit établi sur le délai de transition quand un éleveur s’engage à passer des niveaux D ou E (les moins évolués) à C. Un délai de transition est en effet justifié par l’ampleur les investissements à mettre en œuvre et des surcoûts encourus. « Nous avons préféré geler la note C qui n’était pas réaliste en attendant une période de moindre pression économique, pour rester crédibles en France et en Europe », explique-t-elle. Aurélia Warin signale que « des acteurs de la production et de la distribution se disent intéressés par une reprise des discussions ». « Une grosse partie du travail a été fait, souligne-t-elle, il y a eu depuis des travaux sur les bâtiments pour porcs améliorant le bien-être ». Elle suppose que l’étiquetage lancé par Auchan le 3 juillet sur les barquettes de viande de porc Bio, notées A, relance l’intérêt du côté professionnel.
Insectes : le polonais Proteine Resources lève 9,5 M€ pour construire son usine
Le polonais Proteine Resources, qui élève et transforme des insectes, a annoncé le 2 juillet avoir levé 9,5 M€ auprès de l’European Innovation Council (EIC) Accelerator. Ces fonds permettront de construire « une installation pilote 10 fois plus grande que l’actuelle, de lancer la première usine autonome de protéines d’insectes au monde » et de « commercialiser un analogue fonctionnel 1:1 du bœuf pour le segment premium de l’alimentation animale (petfood, NDLR) », selon la société. Proteine Resources souligne que l’automatisation de son process et les contrôles basés sur l’intelligence artificielle permettent de réduire les coûts de production. Les insectes, des petits ténébrions (Diaperiuns alphitiobius), sont nourris par les tiges et le mycélium de champignons issus des champignonnières, dont l’élimination représente un coût pour les producteurs de champignons, les transformant en « protéines de qualité supérieure riches en taurine et L-arginine biodisponibles. » Proteine Resources est soutenue par les fonds Smok Ventures et Bitspiration Booster VC, et a participé à l’EIT Food Accelerator Network (EIT FAN).
Cognac : la Chine appuie sur la gâchette des droits antidumping sur les importations de l’UE
Dans un contexte de crise pour la filière du cognac, le ministère chinois du Commerce a annoncé, le 4 juillet, la mise en œuvre, à compter du 5 juillet et pour cinq ans, des droits antidumping à l’encontre des importations de brandys en provenance de l’UE. Les produits européens seront touchés par des droits pouvant aller de 27,7 % (Martell) à 34 9 % (Hennessy), mais la majorité sera affectée par un droit de 32,2 %. Ces montants sont, néanmoins, inférieurs à ceux imposés depuis octobre 2024. Les entreprises ayant signé avec la Chine un engagement de prix minimum pourront le substituer à ce droit. L’empire du Milieu ne précise pas si le marché du duty free est réouvert. À l’issue de son enquête, Pékin considère donc qu’il existe bien un dumping sur le brandy importé en provenance de l'UE qui engendre une menace de préjudice substantiel sur son industrie nationale. Pour Florent Morillon, président du BNIC (interprofession du cognac) : « Cette décision marque la fin de l’enquête antidumping, mais pas celle de notre action pour que l’ensemble de nos exportateurs retrouvent au plus vite un accès sans entrave au marché chinois ». L’interprofession appelle les institutions françaises et européennes à parvenir à une solution politique avec leurs homologues chinois, dans les plus brefs délais.
Légumes : l’Anses alerte sur un nouveau virus visant les solanacées
L’Anses a publié en juin son évaluation du risque d’introduction de la bactérie tropicale Ralstonia pseudosolanacearum en France hexagonale. L’agence s’était autosaisie du sujet fin mai. La bactérie provoque le flétrissement bactérien sur de nombreuses cultures de la famille des solanacées (pomme de terre, tomate, aubergine, poivron) et aussi ornementales. Si elle n’a pas été encore détectée en France, sa présence sur le territoire européen a été signalée à plusieurs reprises depuis 2015 (Pays-Bas, Belgique, Pologne, Suisse, Italie, Allemagne, Hongrie, Slovénie). L’Anses a établi une liste de 40 plantes et espèces hôtes de la bactérie et juge opportun de les inclure dans les plans de contrôle aux frontières françaises : zingibéracées (tubercules, rhizomes, bulbes, racines) destinés à la consommation, espèces du genre Rosa et Pelargonium (boutures et plants destinés à la plantation), espèces du genre Colocasia incluant les organes destinés à la consommation, espèces de la famille des astéracées (telles que les chrysanthèmes) et des solanacées ornementales destinés à la plantation, provenant en particulier de Thaïlande et du Pérou, de Chine, du Bangladesh, du Vietnam, d’Inde et du Brésil. Elle recommande une vigilance accrue concernant la qualité des végétaux produits dans les régions contaminées et échangés au niveau européen.
Volailles Siqo : Benoît Drouin remplace Bernard Tauzia à la présidence du Synalaf
Benoît Drouin, éleveur en agriculture biologique dans la Sarthe, a été élu président pour trois ans du Synalaf lors du conseil d’administration du 3 juillet, annonce le communiqué du syndicat des labels avicoles (volailles de chair et œufs Label Rouge et Bio). Agé de 48 ans, administrateur depuis près de dix ans, il était le candidat unique à la succession du Landais Bernard Tauzia, indique le responsable de la communication. Benoit Drouin élève des vaches laitières et des volailles fermières sur une ferme biologique qui pratique la vente directe, dans un Gaec avec sa femme Emilie, employant 3 salariés, précise-t-il. « Le grand sujet du moment est la rémunération de l’éleveur, qui pose un problème de renouvellement des générations et d’attractivité », affirme-t-il à Agra Presse. Les labels avicoles, bien que fragilisés par les crises Covid et Influenza et l’inflation, « sont plus que jamais alignés avec les attentes des consommateurs », estime-t-il dans le communiqué. « A nous, filières de production, de mettre tous les moyens en œuvre pour redévelopper la consommation et notamment auprès des jeunes générations de consommateurs », poursuit-il.
Lin : Lucie Morgand élue à la tête des producteurs de l'AGPL
Lucie Morgand a été élue présidente de l'association des producteurs de lin (AGPL), indique un communiqué du 3 juillet. L'élection par le conseil d'administration s'est tenue le 10 juin. Elle succède à Bertrand Gomart, qui avait annoncé son départ le 3 juin, lors d’une assemblée générale à Quaëdypre. Linicultrice et multiplicatrice dans la Somme, Lucie Morgand est membre du conseil d'administration de l’association depuis 2014, ainsi que de la coopérative de teillage Calira depuis 2022. Elle est également conseillère municipale depuis 2008 à Fontaine-le-Sec, et vice-présidente du conseil d'administration de la caisse locale de Crédit Agricole depuis plus d'un an. Par ailleurs, l’AGPL compte deux nouveaux vice-présidents : Bruno Halle, liniculteur à Bohain (Aisne), et Christophe Chopin, liniculteur à Romilly-La-Puthenaye (Eure). Ils succèdent à Jacques Fauvel et Franck Jubert, « qui ont souhaité laisser leur place ».
Addendum à l'agenda agricole de la semaine du 7 juillet 2025
Mercredi 9 juillet
L'OFPM (formation des prix et des marges) présente son rapport 2025